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samedi 21 avril 2018

Occupation Sciences-Po : Lutte des strates plus que lutte des classes


Par Julie Amadis
#IpEaVaEaFaF
Le 21/04/2018
La grande majorité des étudiants ont des parents qui appartiennent à la Bourgeoisie et la Haute Formoisie. Plus de 63% ont des parents "intellectuels supérieurs"

Les étudiants aspirent de plus en plus à prendre connaissance du véritable Héritage ancestral
Dêmókritos VS Aristoteles,
Titus Lucretius et Philolaos VS Claúdios Ptolemaîos, Isaac Newton VS Auguste Comte et les imposteurs positivistes,
Kronecker VS Cantor et Hilbert.

Mais plus encore, les étudiants aspirent à rester des Innovants qu'ils étaient depuis leur naissance, Innovants découvreurs, Innovants Inventeurs, Innovants créateurs artistiques.

Ces jeunes qui se mobilisent actuellement contre la politique de Macron trahissent leur classe sociale d'origine. Ils étaient en voie de reproduction sociale. A Science po, ils subissaient une manipulation mentale pour accepter de reproduire leur classe sociale d'appartenance, tuer à vitesse accélérée leur altruisme naturel et leur appartenance à la strate des Innovants. JA

"De nombreuses multinationales subventionnent notre école pour que soient vantées dans nos cours leurs pratiques d’exploitation des travailleur.euse.s, d’appropriation des ressources naturelles dans les pays du Sud Global, de violations des droits humains et de destruction de la planète. Cours d’économie néolibérale obligatoire en première année, cours néocoloniaux sur entrepreneuriat en Afrique, sur le droit du pétrole en master Énergie, sur la meilleure manière de licencier des salarié.e.s en master Ressources Humaines... Notre école est pleine de ces modules visant à former les hauts fonctionnaires zélés du régime libéral et autoritaire et les délinquants à col blanc qui ne cessent de renforcer leurs positions."
(COMMUNIQUE D'ETUDIANTS SCIENCES PO)










C'est un début de Révolisation. Des pseudo-archéo-marxistes pourraient décrire ce qui se passe à Sciences-Po comme un refus d’appartenance de classe: des étudiants faisant grève d'appartenance à la Bourgeoisie ou à la bureaucratie bourgeoise.
Des chercheurs néomarxistes pourraient y voir un refus d'appartenance à la Formoisie ou en tout cas à la très haute Formoisie.
Mais c'est l'humanologie scientifique postmarxiste qui donne les clés véritables de ce qui se passe.
Les étudiants de Sciences-Po refusent de quitter la strate des Innovants, refusent d'entrer dans la strate des Répétants ou dans la strate des Parasites.
De plus en plus d'étudiants prennent consciences que le pseudo savoir qui leur est transmis (positivisme solipsiste de Poincaré, Mach, Einstein, pseudo sciences humaines dépourvues de tout caractère scientifique, pseudo sciences biologiques niant le cycle quotidien accélération ralentissement de tout corps vivant)... est anti-scientifique.
Les étudiants aspirent de plus en plus à prendre connaissance du véritable Héritage ancestral Dêmókritos VS Aristoteles, Titus Lucretius et Philolaos VS Claúdios Ptolemaîos, Isaac Newton VS Auguste Comte et les imposteurs positivistes, Kronecker VS Cantor et Hilbert.
Mais plus encore, les étudiants aspirent à rester des Innovants qu'ils étaient depuis leur naissance, Innovants découvreurs, Innovants Inventeurs, Innovants créateurs artistiques.

LUTTE DES STRATES : LES ÉTUDIANTS DE SCIENCES PO REFUSENT D'ENTRER DANS LA STRATE DES PARASITES COMME MILICIENS DES CAPITALISTES


Sur les murs de Sciences Po les étudiants ont installé des banderoles qui résument leur lutte de strates.
 "Les étudiants de Sciences Po
contre la dictature macronienne"
 "Ici sont formés ceux qui sélectionnent
"Bloquons la fabrique à élites"
 "Macron ton école est bloquée"

Sciences Po c'est l'école des élites du capitalisme.

Le journal Le Monde la qualifie d'"école historique des élites".
"École historique des élites, Sciences Po tient toujours son rang" Le Monde

La sélection pour y entrer est très importante.

Le niveau académique des recrues demeure « excellent », défend un membre du jury de sélection. Le ratio candidats/admis reste « épouvantablement sélectif », précise Marc Germanangue, enseignant. A titre de comparaison, intégrer Sciences Po est aussi ardu que réussir sa première année de médecine, dont le taux de sélection était en 2015 équivalent Le Monde
Ces étudiants sont des futurs spoliateurs de pauvres. Ils gagneront en moyenne 45000 euros par an en France et entre 60000 et 70000 euros par an s'ils vont dans certains pays étrangers.
En moyenne, un élève de Sciences Po Paris est recruté à 45 000 euros annuels dans l’Hexagone. Mais la culture d’ouverture vers l’international permet à ses élèves de s’exporter à l’étranger. « A Singapour ou Hongkong, les premiers salaires grimpent entre 60 000 et 70 000 euros », souligne François Moret. Le Monde
Ces salaires entre quatre et six fois supérieurs à ce que la Terre peut donner à chaque humain, 1000 euros par mois - le PIB moyen mondial. Ces diplômés Sciences-Po  prennent les revenus, les droits d'auteurs ancestraux de quatre à six humains.
Ces salaires correspondent à une magouille conceptuelle de la Formoisie (bourgeoisie des diplômes) qui considère que le capital formation validé par un diplôme leur donne droit à un revenu supérieur aux autres humains et donc leur donne l'autorisation de spoliater d'autres humains.

Mais la carotte "gros salaire" en échange de leur collaboration au capitalisme parasite, les étudiants de Sciences Po n'en veulent plus !

La grande majorité des étudiants ont des parents qui appartiennent à la Bourgeoisie et la Haute Formoisie. Plus de 63% ont des parents "intellectuels supérieurs"

"Par ailleurs, l’analyse de l’origine socioprofessionnelle des étudiants montre que la proportion d’étudiants ayant un parent cadre ou exerçant une « profession intellectuelle supérieure » a augmenté au cours de la période récente, en passant de 58,5 % en 2005-2006 à 63,5 % en 2010-2011."
Le Monde
Ces jeunes qui se mobilisent actuellement contre la politique de Macron trahissent leur classe sociale d'origine. Ils étaient en voie de reproduction sociale. A Science po, ils subissaient une manipulation mentale pour accepter de reproduire leur classe sociale d'appartenance, tuer à vitesse accélérée leur altruisme naturel et leur appartenance à la strate des Innovants.

La question de la reproduction des classes, des bureaucraties et plus encore des strates est au coeur de la science à découvrir au 21° siècle.

Antoine Artous (cité par Yanick Toutain) mettait en évidence le phénomène de reproduction  bureaucratique en URSS.
"Pourtant, il fonctionne comme un véritable point aveugle chez Trotsky (et par la suite dans la tradition “trotskyste”) qui, tout en dénonçant le contrôle de la bureaucratie sur l’économie, n’arrive pas à concevoir, du point de vue théorique, qu’il y ait là un facteur décisif de production/reproduction de formes étatiques bureaucratiques durant la période de transition." p 116 de Yanick Toutain Humanologie scientifique, véritable postmarxisme

De la même façon qu'il  y a reproduction de classes sociales et structures bureaucratiques, il y a reproduction de strate Parasite et de la Formoisie.
La strate Parasite correspond au groupe des humains qui spoliatent les autres tout en ayant une productivité historique négative.

Les étudiants de Science Po s'apprêtaient à devenir des baratineurs professionnels servant à construire un brouillard de fumée philosophique pour faire perdurer le capitalisme comme l'est Emmanuel Macron, ancien étudiant de Sciences po.

Les étudiants revendiquent leur refus de devenir comme lui. Les étudiants en lutte ont proclamé :
"Nous occupons Sciences Po parce que Macron en est sorti et que nous ne voulons pas finir comme lui"

LES ÉTUDIANTS DE SCIENCES-PO VEULENT PRÉSERVER LEUR CAPITAL INNOVANT

ILS REFUSENT D’ÊTRE LES RÉCEPTEURS D'UN FAUX SAVOIR AU SERVICE DE LA DESTRUCTION DE LA PLANÈTE ET DE L’HUMANITÉ


Le communiqué des étudiants de Sciences Po en lutte met en évidence leur volonté de préserver leur capital innovant et leur humanité partageuse ainsi que leur refus de devenir des Parasites au services du capitalisme dégénéré.



Les humains sont naturellement des Innovants, altruistes et partageurs.
Depuis trois millions d'années, ils ont toujours transmis leurs connaissances.
C'est grâce à cette transmission des connaissances que l'humanité à pu se développer.
Mais s'il n'y avait eu que transmission des connaissances l'humanité serait restée au même point.
Le processus d'Innovations sous la forme de Découvertes, d'Inventions et de Créations artistiques est inhérent à l'humanité. {Les majuscules à ces mots indiquent d'ailleurs une Productivité Historique positive à ces processus : les découvertes de la bombe atomique, de la mitrailleuse ou de l'épée romaine venue d'Espagne ont une productivité historique négative}
Deux processus opèrent donc, la transmission du stock d'innovations ancestrales et le grossissement de ce stock par de nouvelles innovations.
C'est ce qu'explique Yanick Toutain dans son livre inédit Humanologie scientifique, véritable postmarxisme:
"La production puis la transmission des Innovations ancestrales, cette transmission des Découvertes ancestrales, des Inventions ancestrales et même des Créations artistiques ancestrales fut une des principales activités de nos ancêtres africains. Il fallut, pendant plusieurs millions d’années que ces Innovants, nos ancêtres, partagent leur temps entre deux ces deux activités : Innover et transmettre. Il fallut donc préserver, génération après génération, la capacité à Innover. Cette capacité qu’ont tous les enfants n’ayant pas connu la vie de l’enfant sauvage. Il fallut tout autant, génération après génération, transmettre la capacité à transmettre. Il fallut que le meilleur du Savoir Ancestral, le meilleur du stock ancestral des connaissances scientifiques, technologiques et artistiques soit transmis – avant qu’ils ne meurent – à chaque nouvelle génération d’êtres humains.
Il fallut donc trancher la contradiction inhérente à ces deux activités. La dépasser dialectiquement. Il fallut que chaque génération transmette le Savoir ancestral mais sans cesser d’innover. Il fallut, tout autant, que chaque génération innove, mais sans cesser de transmettre, sans laisser perdre une partie du savoir ancestral." p 163 - 164 Humanologie scientifique, véritable postmarxisme de Yanick Toutain
Les inégalités apparues avec l'apparition de l'agriculture et des stocks agricoles, puis se développant au fur et à mesure, ont développé un autre phénomène, l'apparition des classes et des strates sociales - Parasites et Répétants, et donc la reproduction de ces classes sociales et de ces strates sociales.
Les enfants dont les parents étaient membres de la strates des Parasites - et donc appartenant aux classes privilégiées et volant les plus pauvres - étaient abimés volontairement par leurs parents et les adultes de la même classe sociale pour les empêcher de devenir des Humains partageurs. Pour cela, il fallait casser leurs capacités innovantes. Les violences physiques contre les enfants des classes esclavagistes étaient fréquentes : On peut voir que les esclavagistes d'Athènes, de Sparte et de Rome tapaient leurs enfants - et avaient même droit de vie et de mort sur eux !
L'objectif était d'empêcher ceux ci de devenir des amis du genre Humain et donc des anti-esclavagistes et de reproduire la classe sociale esclavagiste.
De la même façon, beaucoup de jeunes en Occident subissent des violences enfants, violences physiques et psychologiques.
L’archaïsme pédagogique dénoncé par les étudiants en lutte à Sciences Po entre dans ce cadre de destruction des capacités innovantes pour reproduire une classe sociale spoliatrice et une strate Parasite.

Lire mon article :

Violence à enfants: depuis l'Antiquité à Rome et à Athènes jusqu'à la France du
21° siècle

Les étudiants mobilisés remettent clairement en cause le contenu de leurs cours qu'ils estiment être des faux savoirs. Faux savoirs propagandistes d'une idéologie au service de la destruction de la planète et de la spoliation des plus pauvres. C'est ce qu'ils expriment clairement dans leur communiqué.

"De nombreuses multinationales subventionnent notre école pour que soient vantées dans nos cours leurs pratiques d’exploitation des travailleur.euse.s, d’appropriation des ressources naturelles dans les pays du Sud Global, de violations des droits humains et de destruction de la planète. Cours d’économie néolibérale obligatoire en première année, cours néocoloniaux sur entrepreneuriat en Afrique, sur le droit du pétrole en master Énergie, sur la meilleure manière de licencier des salarié.e.s en master Ressources Humaines... Notre école est pleine de ces modules visant à former les hauts fonctionnaires zélés du régime libéral et autoritaire et les délinquants à col blanc qui ne cessent de renforcer leurs positions."
Ces étudiants ne veulent plus de la sélection.
Ils veulent renouer avec le sens originel du mot "savoir" et du mot "transmission de savoirs".
Transmettre le savoir implique le refus de la sélection.
Ils l'ont compris et veulent faire de leur école, un lieu de transmission du stock d'innovations ancestrales.
Ils invitent tous les exclus du système scolaire, tous les exclus de la société à venir dans leur école.

"Pour ces raisons, nous appelons toute.s les étudiant.e.s révolté.e.s par la politique de Macron, de Mion et de leurs allié.e.s à nous rejoindre pour faire de Sciences Po un lieu ouvert à tou.te.s, étudiant.e.s, chômeur.se.s, précaires, salarié.e.s, exilé.e.s, avec ou sans papiers, en vue de briser ce temple de l'enseignement injuste, inégalitaire et élitiste que l'on essaie de nous imposer."
Les étudiants remettent en cause la pédagogie utilisée dans leur école mais aussi le contenu qui consiste à "cloisonner les savoirs".
Nous invitons les enseignant.e.s à réfléchir et discuter avec nous afin de construire une pédagogie nouvelle et de décloisonner les savoirs.

Cloisonner les savoirs empêche de comprendre le monde et sert à la sélection.
C'est pour cette raison que l'école de la Formoisie et de la Bourgeoisie cloisonne les savoirs. L'objectif n'est pas que les élèves comprennent le monde. Ils deviendraient égalistes humanocrates. Non l'objectif est de reproduire les trois strates sociales, les classes sociales, en privilégiant la réussite scolaire des enfants des classes spoliatrices, et donc en privilégiant un faux-savoir académique déconnecté de la réalité, de la vie.

CONCLUSION

Ce qui se passe à Science Po actuellement est un espoir pour l'avenir de l'humanité et une grande défaite pour la Bourgeoisie et la Formoisie.
Une victoire des Innovants.
Ces jeunes prédestinés à une vie d'élite dirigeante friqués ne faisaient dans leur école Sciences Po, pour la plupart d'entre eux, que reproduire la classe sociale dont ils étaient issus.
Ils ne veulent plus de ce que les capitalistes pensent être "une vie de rêve".
Ils préfèrent, comme le prêtre et Avis Cunningham dans le Talon de Fer de Jack London, renoncer à leurs privilèges pour à la fois protéger leurs capacités innovantes et leur Humanité tout simplement.
Leurs revendications touchent à ce qu'il y a de plus profond dans l'être humain, la volonté de transmettre le stock de savoirs ancestraux et celle d'innover, de rester inventeur, créateur artistique et découvreur comme le sont tous les enfants et comme l'étaient nos ancêtres du Paléolithique.


Edition et introduction par Yanick Toutain


LIRE AUSSI :


Postmarxisme, lutte des strates, une découverte: au Paléolithique seule existait la strate des Innovants



Luttes des strates et innovations dans l’Antiquité grecque et romaine




vendredi 16 décembre 2016

Comprendre le fascisme du 21° siècle à la lumière de Reich et du postmarxisme

Charlie Chaplin dans Le Dictateur
Par Julie Amadis
#IPEAVAEAFAF
Le 16/12/2016








Actuellement en Occident ceux qui ont des actions et des idées fascistes recrutent.
D'abord les partis d’extrême droite augmentent leurs scores d'année en année en Europe. C'est ce que montre Le Figaro qui a étudié les résultats électoraux des Partis d’extrême droite en Europe depuis 2001.
"La progression est claire. Depuis 2001, l’extrême droite gagne du terrain sur le Vieux Continent. L’infographie que publie aujourd’hui Le Figaro.fr répertorie près de 250 élections de portée nationale en Europe sur une période de 15 ans. Au fil des années, nombre de pays se foncent (voir l’infographie ci-dessous), traduisant la progression dans les urnes de cette frange de l’échiquier politique. On note bien, localement, quelques retours en arrière, qu’ils soient le résultat d’un effondrement électoral ou de l’étiolement d’une position jadis bien tenue. On distingue également des zones hermétiques au vote d’extrême droite. Cependant, si cette hausse des résultats électoraux ne se traduit pas par une prise de pouvoir, elle n’en reste pas moins une tendance visible sur l’ensemble du continent européen. (Le Figaro)


Ensuite, on voit se développer un islamofascisme organisé par les USA et financé par l'Arabie Saoudite et  le Qatar. Des organisations comme Daech ou Al Qaeda  propagent un faux islam au service des banques. Elles ont pu être crées et prospérer grâce à l'aide des Etats Unis et elles prospèrent en 2016.

LIRE :

Wilhelm Reich toujours actuel pour analyser l'islamofascisme et les ribafascistes

Comme le dit Wilhelm Reich, le marxisme à lui seul ne permet pas de comprendre pourquoi de nombreuses personnes adhèrent aux idéologies fascistes.

REICH CRITIQUE LE MARXISME
"CONCEPTS VULGAIRES QUI BARRENT LA ROUTE A LA COMPRÉHENSION DU FASCISME"



Reich critique le marxisme.
« Pour comprendre force est de nous débarrasser d'abord des concepts marxistes
vulgaires qui barrent la route à la compréhension du fascisme. Les voici pour l'essentiel :
Le marxisme vulgaire établit une cloison étanche entre l'être économique et l'être social, il prétend que l' « idéologie » et la « conscience » des hommes sont déterminés exclusivement et directement par l'être économique. Il aboutit ainsi à une opposition mécanique entre économie et idéologie, entre « base » et « superstructure » ; il fait découler l'idéologie d'une manière schématique et unilatérale de l'économie et ignore la dépendance de l'évolution économique par rapport à l'idéologie. Pour cette raison même il ne voit pas le problème soulevé par « l'effet en retour de l'idéologie ». Bien que le marxisme fasse aussi état du « retard du facteur subjectif » tel que l'entendait Lénine, il n'est pas à même de se rendre mettre de ce retard parce qu'il l'a fait découlé exclusivement de la situation économique, sans chercher d'abord les contradictions économiques dans l'idéologie, sans appréhender l'idéologie comme une forme historique. » Psychologie de masse du fascisme Wilhelm Reich  p 37 – 38

Selon Reich, les marxistes sont incapables d'expliquer l'idéologie fasciste chez les ouvriers car ils considèrent que c'est « l'être économique » qui détermine l'idéologie de l'individu.
Autrement dit " l'existence détermine la conscience ".

Reich a raison de pointer du doigt les lacunes du marxisme.
En effet, le marxisme considère que la situation économique de l'individu et la place qu'il occupe dans la société vont l'amener à prendre conscience de la classe auquel il appartient.
De cette conscience de classe va naître une pensée politique qui va pousser l'individu à l'action.
Un ouvrier va prendre conscience qu'il est exploité par son patron et va donc être naturellement amené à défendre les intérêts de tous les prolétaires par l'action (grève, occupation d'usine...).

Quelques pages avant, Reich explique que la logique voudrait que les travailleurs défendent leurs intérêts dans des groupements politiques « communistes ».
«  Dans l'ordre rationnel on pourrait s'attendre à ce que les masses laborieuses paupérisées développent une conscience aiguë de leur situation sociale et s'emploient à mettre un terme à leur détresse. » Psychologie de masse du fascisme Wilhelm Reich p 34

Or, ce schéma marxiste ne s'applique pas toujours.
Il arrive dans des situations de crise sociale que les masses laborieuses choisissent le fascisme.
C'est ce que montre W Reich en décrivant les résultats des élections en Allemagne en 1932.

« Quel que soit le nombre de membres des classes moyennes ayant voté pour les partis de gauche ou d'ouvriers ayant voté pour les partis de droite, on est frappé par le fait que les estimations sur la stratification idéologique correspondent à peu près aux résultats des élections de 1932 : communistes et socialistes obtinrent ensemble 12 à 13 millions de voix, le NSDAP (Parti ouvrier national-socialiste allemand) et les Nationaux Allemands ensemble 19 à 20 millions de voix. Il s'ensuit que l'élément décisif n'était pas, sur le plan pratique, la stratification économique mais la stratification idéologique de la population. Les classes moyennes de la petite bourgeoisie ont donc joué un rôle plus important que celui qu'on s'accorde généralement à leur attribuer.
La grande avance du NSDAP qui passa de 800 000 voix en 1928 à 6,4 millions à l'automne 1930, à 13 millions en été 1932, à 17 millions en janvier 1933, coïncidait avec la régression rapide de l'économie allemande entre 1929 et 1932. Selon une évaluation de Jager ( « Hitler » Roter Aufbau, octobre 1930), la part des travailleurs sur les 6,4 millions de votants national socialiste s'élevait à 3 millions environ, dont environ 60-70 % d'employés et 30-40% d'ouvriers. » Psychologie de masse du fascisme Wilhelm Reich p 36-37

REICH EXPLIQUE LE FASCISME PAR LA
"SOCIOLOGIE SEXUELLE"


Reich recherche à comprendre ce phénomène du vote ouvrier fasciste à travers le prisme de la psychologie et en particulier à travers la répression sexuelle que subisse les Allemands.

Selon Reich, pour comprendre le fascisme, l'analyse marxiste doit se combiner avec les apports de la psychologie et notamment ceux de Freud concernant le refoulement sexuel. Cette nouvelle science, il l'appelle « sociologie sexuelle ».

« Il en découle que la science de la sociologie de l'économie sexuelle qui repose sur les découvertes sociologiques de Marx et sur les découvertes psychologiques de Freud, est à la fois une psychologie de masse et une sociologie sexuelle. » Psychologie de masse du fascisme Wilhelm Reich, p 48-49

Comme il le souligne, si Hitler a réussi à hypnotiser les masses allemandes c'est qu'il réveillait chez les gens quelque chose qui correspond à leur psychologie malade.

« Un führer ne peut faire l'histoire que si les structures de sa personnalité coïncident avec les structures – vues sous l'angle de la psychologie de masse – de larges couches de la population » Psychologie de masse du fascisme Wilhelm Reich p 54

Selon lui, la répression de la sexualité a un rôle précis dans la société.

« La sociologie fondée sur l'économie sexuelle va plus loin : pour quel motif d'ordre social, se demande-t-elle la sexualité est-elle réprimée par la société et refoulée dans l'individu ? » Psychologie de masse du fascisme Wilhelm Reich

Reich étudie l'histoire et constate que la répression sexuelle existe depuis que les classes sociales et donc les inégalités sont apparues.

«  En se penchant sur l'histoire de la répression sexuelle on découvre qu'elle n'est pas née avec la naissance de la culture, qu'elle n'est donc pas une condition de la formation de la culture, mais qu'elle a débuté relativement tard, après l'instauration du patriarcat autoritaire et la naissance des classes » p 49 Psychologie de masse du fascisme Wilhelm Reich

Il explique comment la répression de la sexualité des enfants entraîne une soumission à l'autorité, adulte.

Wilhelm Reich
«  L'inhibition morale de la sexualité naturelle de l'enfant dont la dernière étape est le rétrécissement caractérisé de la sexualité génitale, rend l'enfant anxieux, sauvage, soumis, obéissant, « aimable » et « docile » dans le sens autoritaire du mot ; en investissant tout mouvement de vie et de liberté d'une lourde charge d'angoisse, elle paralyse les forces de révolte dans l'homme et détériore, en lui imposant l'interdiction de penser aux choses sexuelles, sa puissance intellectuelle et son sens critique ; bref son but est la création du sujet adapté à l'ordre autoritaire, qui accepte ce dernier en dépit de toutes les misères et humiliations. Pour commencer, l'enfant doit se plier à l’État autoritaire en miniature, qu'est la famille, dont il doit accepter les structures, pour s'intégrer plus tard dans le cadre social général. La structuration autoritaire de l'homme se produit – ce qu'il s'agit de ne jamais perdre de vue – en premier lieu par l'ancrage d'inhibitions et d'angoisses sexuelles dans la matière vivante des pulsions sexuelles. » Psychologie de masse du fascisme Wilhelm Reich p 50

L'APPORT POSTMARXISTE
POUR COMPRENDRE LE FASCISME


Son analyse est pertinente. Mais elle doit s'inscrire dans une grille scientifique plus vaste qui prend en considération à la fois l'existence d'autres classes sociales que celles décrites par Marx – la dualité prolétariat contre la Bourgeoisie et la lutte de strates.

Tout d'abord, Reich ne va pas plus loin que ce que disent les marxistes quand il décrit les ouvriers allemands. Pour lui ce sont des prolétaires point barre. Il ne cherche pas à différencier les ouvriers qualifiés et des non qualifiés...
Pourtant lorsque l'on recule la caméra sociologique pour regarder les ouvriers allemands de 1932 parmi la masse des travailleurs dans le monde, on observe d'énormes différences de conditions de vie entre les ouvriers allemands et le travailleur moyen dans les pays du Tiers Monde.
En étudiant les revenus des ouvriers allemands, il est fort probable que l'on remarquerait que les plus qualifiés sont au dessus du revenu moyen mondial; et que donc, ils sont spoliateurs des ouvriers non formés des pays du tiers monde et appartiennent à la classe formoise appelée Formoisie par Yanick Toutain.
La définition de Formoisie étant "2e classe sociale exploiteuse principale: la bourgeoisie de la formation. Les membres de la formoisie ont le capital humain, reçoivent de hauts salaires (le plus souvent grâce à leurs diplômes) et consomment plus que le PIB moyen mondial".



LA BASE SOCIALE DU FASCISME : LA FORMOISIE ET LA PETITE BOURGEOISIE


Reich comprend que la dichotomie prolétariat bourgeoisie ne permet pas de comprendre le fascisme. Puisque la base sociale du fascisme serait selon lui « la classe moyenne » ou « petite bourgeoisie ».

Il comprend que ce qu'il nomme « classe moyenne » mais qui regroupe la Formoisie et la petite Bourgeoisie, est traître aux plus pauvres. Cette traîtrise s'expliquerait, selon Reich, par le fait que ses valeurs morales (préjugés sans fondements logiques) seraient identiques à celles de la grande Bourgeoisie.

« La situation sociale de la classe bourgeoise est déterminée :
a) par sa position dans le processus de production capitaliste
b) par sa position dans l'appareil d'Etat autoritaire
c) par sa situation familiale particulière, qui découle directement de sa position dans le processus de production et nous fournit la clef de la compréhension de son idéologie. Économiquement parlant, la situation du petit paysan, du fonctionnaire ou du commerçant moyen est marqué par certaines différences, mais sur le plan familial il y a identité, au moins dans les grandes lignes. » p 61 Psychologie de masse du fascisme

Ces deux classes sociales "Petite Bourgeoisie" et "Formoisie" sont des classes spoliatrices secondaires. Leur spoliation dépend directement de ce que la classe spoliatrice principale la bourgeoisie est prête à lui laisser. Et donc dépend directement de sa complicité dans l'écrasement du Formariat (classe sociale spoliée, ses membres ont un niveau de qualification inférieur à la moyenne mondiale).

W. Reich décrit la façon dont se manifeste cette complicité à l'égard des projets capitalistes au quotidien dans le travail par exemple :

«  La dépendance par rapport aux autorités établies qui caractérise cette couche sociale aboutit, à l'égard des collègues à une attitude de compétition incompatible avec la formation authentique de solidarité. La conscience sociale du fonctionnaire n'est pas déterminée par le sentiment d'une communauté de destin avec ses collègues mais par l'attitude face à l'autorité établie et à la « nation ». Cette attitude consiste pour le fonctionnaire, en une identification absolue avec le pouvoir étatique ; pour l'employé avec l'entreprise qui l'emploie. En réalité, l'un et l'autre sont des sujets au même titre que l'ouvrier de l'industrie. Pourquoi ne développent t-ils pas comme ce dernier, un sentiment de solidarité ? Réponse : parce qu'il occupe une position intermédiaire entre l'autorité et les travailleurs manuels. Sujet par rapport à l'autorité, il est le représentant de cette même autorité dans ses relations avec ses subordonnés et il jouit à ce titre d'une protection morale (non matérielle) particulière. Les adjudants de toutes les armées du monde nous fournissent le type le plus prononcé de ce produit de la psychologie de masse. » p 63

Dans les moments que l'on appelle « crise économique » comme en 1929 ou comme l'époque que nous vivons actuellement (mais qui ne sont pas des "crises" pour la grande bourgeoisie puisque c'est à ce moment là qu'elle s'enrichit le plus), les classes intermédiaires sont les premières à être touchées. En fait, il s'agit d'un changement de stratégie des capitalistes qui choisissent momentanément de prendre de l'argent à ces classes intermédiaires pour s'enrichir encore plus, en n'espérant que celles-ci continuent de défendre le capitalisme et ne s'allient pas pour autant avec les plus pauvres.

La Formoisie et la petite Bourgeoisie sont, dans les périodes de crises économiques, face à un dilemme; soit elles choisissent de s'allier avec les plus pauvres et de faire la révolution afin de vaincre la bourgeoisie et de l'obliger à rendre tout ce qu'elle a volé, soit elles continuent comme avant à collaborer avec les capitaliste . Dans ce dernier cas, la bourgeoisie ne se sentant pas menacée, continuera d'écraser les classes sociales intermédiaires jusqu'à ce qu'elles deviennent elles aussi très pauvres.

Reich décrit ce choix qu'ont à faire ces classes spoliatrices secondaires :

« Les classes moyennes n'ont rien d'autres à espérer que l'anéantissement impitoyable. Le problème est simple : ou bien tous se confondent dans la masse grise et morne du Prolétariat où tout le monde possède la même chose, c'est à dire rien, ou bien on rendra aux particuliers la possibilité d'acquérir par la force et la ténacité, par le travail ardu de toute une vie, des biens propres. Classe moyenne ou prolétariat. Voilà la question ! » p 61

Comme ces classes sociales ont épousé les valeurs d’égoïsme de la bourgeoisie, ils leur aient difficile de faire un virage à 180 ° et de s'allier avec le Formariat. Elles sont donc prises en tenaille et une partie de celles-ci cherchent une troisième voix. Cette troisième voix, elles la trouvent dans le fascisme
.

A la différence de beaucoup d'autres marxistes, W. Reich avait compris en étudiant le fascisme que une partie de ce que Marx appelait le Prolétariat choisissait le camp de la bourgeoisie et défendait les mêmes valeurs.

« Au cours des dernières décennies, on assiste dans le monde ouvrier à un processus idéologique dont l'exemple le plus pur nous est fournis dans ce qu'on a appelé « l'aristocratie ouvrière », mais qui n'a pas épargné non plus le travailleur moyen de l'industrie. Le monde ouvrier du XX° siècle n'est plus le prolétariat du XIX° décrit par Karl Marx. Il a adopté dans une large mesure les modes de vie et les concepts de couches bourgeoises de la société. » p 78

Comme le dit Reich un groupe social de travailleur ayant de nombreuses valeurs similaires à la bourgeoisie a grossi depuis le 19° siècle. Ce groupe qui a grossi ce sont les travailleurs qualifiés.

Marx avait répondu à une question qui lui avait été posée sur le travail complexe du travailleur qualifié que l'on retrouve dans la note 19 du capital.
Yanick Toutain montre que c'est là dessus que Marx se trompe car il balaye cette question qui ne lui parait pas importante à l'époque où les travailleurs qualifiés sont minoritaires.

"
"On le voit, la différence entre le travail utile et le travail source de valeur que nous constations au commencement de nos recherches par l'analyse de la marchandise, vient de se manifester comme différence entre les deux faces de la production marchande. Dès qu'elle se présente non plus simplement comme unité du travail utile et du travail créateur de valeur, mais encore comme unité du travail utile et du travail créateur de plus-value, la production marchande devient production capitaliste, - c'est-à-dire production marchande sous la forme capitaliste.

En examinant la production de la plus-value, nous avons supposé que le travail, approprié par le capital, est du travail simple moyen.
Là, Marx concède la globalité de sa faiblesse conceptuelle : c'est dans l'ensemble de son ouvrage - Le Capital -, dans l'ensemble de son étude, qu'il a négligé de prendre en considération ce qui est le fondement de la classe exploiteuse formoise. Ce n'est pas une négligence locale. Ce sont tous les chapitres qui portent le sceau de cette lacune fondamentale.

La supposition contraire n'y changerait rien.
Cela resterait à prouver. Chose qu'il ne fera jamais. Nulle part.

Admettons par exemple, que, comparé au travail du fileur, celui du bijoutier est du travail à une puissance supérieure, que l'un est du travail simple et l'autre du travail complexe où se manifeste une force plus difficile à former et qui rend dans le même temps plus de valeur.

Ce distinguo se trouvait déjà chez Adam Smith. A cette différence que Smith insistait sur le TEMPS nécessaire à cette formation du travail complexe.
Marx embrouille le problème en invoquant une "difficulté" à former le "travailleur complexe". Il s'agit du temps de travail nécessaire à accumuler le capital formation.
Car c'est bel et bien d'une accumulation de capital qu'il s'agit." (Révolisation)

POUR LIRE L'ARTICLE ENTIÈREMENT :

L'erreur économique historique de Marx concernant la formoisie, le travail complexe et les transferts de plus-value : la note 19 du chapitre 7



Pourtant il y a bel et bien un transfert de plus value entre le travailleur qualifié qui réalise un travail complexe et le travailleur non qualifié qui réalise un travail simple.


Cette productivité supérieure que la Formoisie revendique pour réclamer des revenus supérieurs aux autres est en réalité très faible. Au regard du stock d'innovations ancestrales, la productivité d'un formoi répétant est très faible.


Cependant Reich n'en a pas étudié les raisons économiques et n'a pas essayé de voir si la partie supérieure (du prolétariat) spoliait l'autre.

Reich explique, plus loin dans son livre que la base sociale de Hitler est la petite bourgeoisie et que, les valeurs et la morale de celle ci ont conquis une partie des masses.

« Il est toutefois intéressant de constater que l'origine petite-bourgeoise de ses idées coïncidait pour l'essentiel avec les structures de masses disposées à leur faire le meilleur accueil. Hitler s'appuyait, comme tout mouvement réactionnaire, sur plusieurs couches de la petite bourgeoisie. » p 55

Par "petite bourgeoisie", comme tout marxiste, Reich inclut à la fois les personnes qui retirent un profit de la propriété de leur moyen de production (comme les petits commerçants et les petits paysans) et les personnes qui perçoivent un revenu supérieur à la moyenne grâce à leur diplôme et qui appartiennent à la petite et moyenne Formoisie.

LUTTE DE STRATES

IDÉOLOGIE FASCISTE ATTIRE LES REPETANTS
ET LES PARASITES


Pour avoir le sentiment d'exister, chacun doit être reconnu par les autres par une identité qui lui ait propre.
La personne qui crée, qui découvre ne recherche pas à se différencier des autres par la violence ou par ses caractéristiques physiques, ce sont ses créations, ses découvertes qui l'identifient comme un individu différent des autres avec une personnalité propre.
A l'inverse quelqu'un dont les capacités innovantes ont été cassées par une répression subie depuis sa plus tendre enfance n'arrive pas à découvrir, à créer, à innover. Elle ne sait que répéter le monde qu'on lui propose. Elle devient une sorte de robot qui accepte ce que les puissants lui ordonne de faire. Mais cette personne a besoin pour autant de se différencier de la masse. Comme elle ne peut le faire par des critères innovants, elle le fait par l'identification à un groupe qui se dit « différent » mais « surtout » « supérieur » aux autres selon des caractéristiques physiologiques comme la couleur de la peau.
Les fascistes attirent donc ceux qui ont un besoin d'appartenir à un groupe qui se dit supérieur aux autres en raison de critères farfelues et racistes.


Et c'est pour cette raison que Reich a raison de dire que les capitalistes par leur répression de la sexualité et leur valeur (en réalité anti innovante mais ça il le suggère sans le comprendre) prépare le terrain à l'idéologie fasciste.

REICH : "LE PETIT BOURGEOIS A BESOIN D'OPPOSER
SON INDIVIDUALITÉ A LA MASSE"

Pour Reich, le petit bourgeois a besoin d'« opposer son individualité à la masse ». Et ce à cause d'une éducation de répression. On pourrait traduire ce que dit Reich en langage post marxiste en disant que la destruction de ses capacités innovantes par la société (parents, école...) amène l'individu adulte à se sentir vide intérieurement et sans réelle personnalité. Pour combler ce vide, celui ci va prendre part à l'idéologie fasciste afin d'avoir le sentiment d'être important parce que dans ce groupe politique, on lui dit qu'il appartient à un groupe supérieur.

« Plus importante encore est l'identification des individus nivelés dans la masse avec le « führer » (leader). Plus l'individu a perdu, du fait de son éducation, le sens de l'indépendance, plus le besoin infantile d'un appui se manifeste par une identification affective au führer. Cette tendance est le fondement psychologique du narcissisme national, c'est-à-dire d'un sentiment de fierté emprunté à la « grandeur de la nation ». Le petit bourgeois réactionnaire se découvre lui-même dans le führer, dans l’État autoritaire, il se sent – en raison de cette identification – le défenseur de la « nationalité »(« Volkstum »), ce qui ne l'empêche pas de mépriser – en raison de cette même identification - « la masse » à laquelle il oppose son individualité ». Sa détresse matérielle et sexuelle est si bien « noyée » dans l'idée exaltante de faire partie de la race des maîtres et d'être conduit par un génie , que dans certains moments privilégiés, il en arrive à oublier qu'il est devenu un simple « suiveur » sans importance et sans voix au chapitre. » p 76

CONCLUSION


"Psychologie de masse du fascisme" est une œuvre majeure.
Les travaux de Reich doivent être étudiés et enrichis actuellement car ils constituent une mine pour comprendre nos sociétés du 21° siècle.
Le postmarxisme avec la découverte de nouvelles classes sociales, l'Innovoisie, la Formoisie, l'Egérioisie, Gangstéroisie, permet de comprendre plus finement les mobiles sociologiques des groupes sociaux attirés par le fascisme.
La lutte de strates complète en partie "la sociologie sexuelle" par laquelle Reich explique la sclérose des adultes dans nos sociétés capitalistes patriarcales.
Mais nous sommes au bord d'un océan de découvertes sociologiques et psychologiques permettant de comprendre les comportements humains.

jeudi 28 janvier 2016

L'école française championne des inégalités


Par Julie Amadis
Le 27/01/16
la France est même l'un des pays
les plus inégalitaires de l'OCDE,

après la Slovaquie et la Hongrie »


« Mettre l'école sous le signe de la compétitivité,
c'est inciter à la corruption,
qui est la morale des affaires 
».
Raoul Vaneigem


Le Canard Enchaîné rappelle que l'école française ne traite pas bien les enfants de pauvres et d'immigrés.

Mercredi 20 janvier, le Canard Enchaîné titrait
« Élèves pauvres et enfants d'immigrés à mauvaise école ».

L'école française est championne des inégalités.

Le Canard Enchaîné poursuivait :
« Principale critique de l'OCDE et récurrente depuis plusieurs années : la faible réduction des inégalités éducatives. Dans aucun autre pays l'échec scolaire n'est à ce point lié à l'origine sociale des élèves. »

  L’ÉCOLE FRANÇAISE ET SES PIÈTRES RÉSULTATS PISA

Mais la France est aussi championne des mauvaises performances de ses élèves.
« En 2012, la France a perdu 22 points en ce qui concerne la culture mathématique depuis 2000. (chiffres tirés du groupe ALPHA centre d'étude et prospective)La "performance" des élèves français en mathématiques a diminué de 16 points entre 2003 (511) et 2012 (495), ce qui en neuf ans fait passer la France des pays dont la performance est supérieure à la moyenne de l'OCDE aux pays dont la performance est dans la moyenne de l'OCDE (494 dans l'étude 2012). (Sciences et avenir) publié le 03/12/2013 La France parmi les mauvais élèves de l'enquête PISA 2012 S'agissant de la compréhension de l'écrit, les résultats de la France sont meilleurs (505 points contre 496 dans Pisa 2009), au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE (496), une amélioration observée depuis 2009 après un recul sensible dans les études 2003 et 2006.En sciences, le niveau de la France reste stable depuis 2006 avec 499 points (contre 501 en moyenne dans les pays de l'OCDE et 498 points dans Pisa 2009). (Sciences et avenir) publié le 03/12/2013 La France parmi les mauvais élèves de l'enquête PISA 2012

Ces mauvais résultats globaux ne sont pas très étonnants. Quand on délaisse une partie des élèves, ce sont tous les élèves qui en pâtissent. C'est l'analyse de Christian Baudelot et Roger Establet.

Les inégalités s'aggravent d'année en année.
« C'est en France que l'on observe l'un des plus grands écarts au sein de l'OCDE entre les 10 % d'élèves les meilleurs et les 10 % les moins performants. Et le fossé entre le groupe des meilleurs et celui des moins forts s'est creusé de 34 points entre 2003 et 2012, alors qu'il s'est réduit de 3 points en moyenne dans l'OCDE, de 20 points en Pologne, et même de 45 points en Allemagne ! » Alternative économique Éducation : ce qu'il faut retenir de PISA 2012, Laurent Jeanneau, 13/12/2013 
Les plus performants sont les plus riches et les moins bons les plus pauvres.
« Autre spécificité française, l'origine sociale pèse lourdement sur les résultats scolaires : 22,5 % des résultats des élèves français en mathématiques s'expliquent par l'influence du milieu social, contre 15 % en moyenne au sein de l'OCDE. De ce point de vue, la France est même l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE, après la Slovaquie et la Hongrie » Alternative économique Éducation : ce qu'il faut retenir de PISA 2012, Laurent Jeanneau, 13/12/2013 
Ce qui veut donc dire que tout est mis en œuvre pour favoriser la reproduction sociale et écraser le potentiel des enfants de pauvres.

La France est aussi en haut du palmarès des élèves anxieux.

LES ÉLÈVES FRANÇAIS SONT ANXIEUX

Le rapport PISA révèle que les enfants français se sentent « mal à l'école » (L'élitisme Républicain Baudelot et Establet).
Christian Baudelot et Roger Establet ont analysé le rapport PISA 2006 et en concluent que « les élèves français sont deux fois moins nombreux que les autres pays de l'OCDE à « se sentir chez eux à l'école ».
Les élèves issus de milieux défavorisés sont parmi les plus anxieux.
Stanislas Dehaene, professeur et chercheur en psychologie cognitive analyse le rapport PISA 2012 et écrit :
« En France, les élèves issus d’un milieu socio‐économique défavorisés n’obtiennent pas seulement des résultats nettement inférieurs, ils sont aussi moins impliqués, attachés à leur école, persévérants, et beaucoup plus anxieux par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE. »

POURQUOI LA FRANCE EST - ELLE CHAMPIONNE DES INÉGALITÉS ?

L'OBJECTIF PREMIER EST DE REPRODUIRE LES CLASSES SOCIALES

L'objectif est de reproduire des classes sociales spoliatrices.
Ces classes sont la Formoisie (bourgeoisie des diplômes) et la Bourgeoisie.
Ce sont elles qui ont le pouvoir... Ce sont elles qui décident des orientations de l'école, ce sont elles qui enseignent.
Comme le souligne Pierre Bourdieu, les enseignants formois par définition et issus dans leur majorité de la classe formoise sont persuadés du bien fondé du système et le perpétuent.
"Produits d'un système voué à transmettre une culture aristocratique dans son contenu et dans son esprit, les enseignants sont enclins à en épouser les valeurs avec d'autant plus d'ardeur peut-être qu'ils lui doivent plus complètement leur réussite universitaire et sociale. En outre, comment n'engageraient-ils pas, même et surtout à leur insu, les valeurs de leur milieu d'origine ou d'appartenance dans leurs manières de juger et dans leurs façons d'enseigner ? "(P.Bourdieu L'Ecole conservatrice. Les inégalités devant l'école et devant la culture, Revue française de Sociologie, 1966)

  L’ÉCOLE FAVORISE LES CODES SOCIAUX DES CLASSES DOMINANTES

Alors comme le disait Bourdieu, les codes de l'école sont les codes des classes dominantes.
(...) la tradition pédagogique ne s'adresse en fait, sous les dehors irréprochables de l'égalité et de l'universalité, qu'à des élèves ou des étudiants qui sont dans le cas particulier de détenir un héritage culturel conforme aux exigences culturelles de l'école. Non seulement elle exclut l'interrogation sur les moyens les plus efficaces de transmettre complètement à tous les savoirs et le savoir-faire qu'elle exige de tous et que les différentes classes sociales ne transmettent que très inégalement, mais encore elle tend à dévaloriser comme « primaires au double sens de primitives et de vulgaires) et, paradoxalement, comme «scolaires les actions pédagogiques tournées vers de telles fins. Ce qui n'est pas un hasard si l'enseignement primaire supérieur qui, lorsqu'il était en concurrence avec le lycée classique, dépaysait moins les enfants originaires des classes populaires, s'attirait le mépris de précisément parce qu'il était plis explicitement et plus méthodiquement  scolaire ». (P.Bourdieu L'Ecole conservatrice. Les inégalités devant l'école et devant la culture, Revue française de Sociologie, 1966)
Ceux qui réussissent ne sont pas les plus intelligents, mais ceux qui connaissent les codes. Donc, ce sont les enfants issus des classes dominantes.

LES PARENTS DE MILIEUX DÉFAVORISES SONT DISTANTS PAR RAPPORT A L’ÉCOLE QUI LES EXCLUT ET EXCLUT LEURS ENFANTS

Le rôle de reproduction sociale de l'école est de moins en moins facilement dissimulable. Les parents des milieux défavorisés l'ont compris et/ou le ressentent. Ils se montrent ainsi distants vis à vis de cette institution.

Très récemment, Christian Laval, Francis Vergne, Pierre Clément et Guy Dreux ont écrit « La nouvelle école capitaliste ». Ils expliquent comment l'école s'est marchandisée et libéralisée. Cet état de fait a aggravé les inégalités et exclu les classes populaires du savoir. L'école pour eux est synonyme d'exclusion. Ils s'en méfient donc et s'en éloignent.
Les auteurs du livre écrivent :
« La plupart des conduites d'évitement de la part des parents ne sont pas difficiles à déchiffrer. Elles témoignent de la hantise d'un contexte social qui pénaliserait leurs enfants, de la peur des mauvaises influences qui risqueraient d'exercer des élèves peu aptes, voire hostiles, au travail scolaire dans les écoles populaires quand elles sont le « réceptacle des problèmes sociaux du quartier ».

DEUXIÈME OBJECTIF : TRANSFORMER LES ENFANTS
 NATURELLEMENT INNOVANTS EN RÉPÉTANTS DOCILES

 S'ajoute à cette lutte de classes pour une école reproductrice de classes spoliatrices, une lutte de strates des adultes Répétants envers des enfants Innovants.

Les enfants sont des Innovants.
" TOUS LES ENFANTS sont membres de la strate des Innovants.
Tous les enfants sont des Innovants découvreurs
Tous les enfants sont des Innovants inventeurs.
Tous les enfants sont des Innovants créateurs.

Le savoir plus la bonne foi produit de la gentillesse.
Cette découverte est un des socles de la science psychologique à construire.
Mais les mêmes ingrédients font que les enfants sont tous des REdécouvreurs conceptualisateurs, tous de RE-inventeurs et tous de CREATEURS artistiques." (Revactu Yanick Toutain)

Mais ce caractère innovant des enfants n'est absolument pas respecté. Pire. Il est détruit.
Au fur et à mesure que les enfants grandissent, leur potentiel créatif et innovant s'étiole pour finir par disparaître.
A la place, née peu à peu un individu obéissant à des normes sociales qui n'ont pas de fondement logique. Un individu, qui, à force d'obéir, de recevoir des ordres, de recevoir des violences verbales et parfois physiques aussi, perd toute envie de créer, d'explorer et de découvrir. Le voilà bien prêt à entrer dans le monde des adultes "moutons", "pathologistes consuméristes" et Répétants.
En même temps que ses capacités créatives se détruisent, ses capacités d'empathie et de solidarité s'abîment.
Apprendre à "obéir" à une autorité juste parce que la personne à un statut hiérarchique élevé construit des individus capables d'aller jusqu'à tuer... Tuer, juste parce que une autorité légitimée par une organisation sociétale le leur a demandé.
Les expériences psychologiques organisées par Stanley Milgram entre 1960 et 1963 prouvent que face à une autorité la très grande majorité des Etasuniens envoyaient des décharges électriques tellement importantes qu'elles auraient pu tuer le cobaye comédien.
Cette expérience a été racontée dans le film d'Henri Verneuil "Comme Icare". La vidéo ci- dessous en est un extrait.

COMMENT FAIT L'ÉCOLE FRANÇAISE POUR EMPÊCHER
 LES ENFANTS DE PAUVRES DE RÉUSSIR ?

Pour que le diplômé puisse « vendre » son diplôme sur le marché du travail, il faut que ceux qui le détiennent soient peu nombreux. Le futur diplômé a donc intérêt financièrement à ce que ses camarades de classe échouent.
La dynamique de classe devient la loi de la jungle, loi du plus fort dans laquelle il faut écraser l'autre. Nombreux sont les étudiants d'écoles élitistes qui ont témoigné de cela. Je l'ai moi même vécu et subi en tant qu'étudiante (surtout quand je préparais le concours de professeur des écoles en Master Enseignement).
Raoul Vaneigem conclut ainsi que « mettre l'école sous le signe de la compétitivité, c'est inciter à la corruption, qui est la morale des affaires ».
La compétition est antagoniste à l'art et à la véritable science. Il n'y a pas de « performance » dans la création ni dans la découverte !
Le diplôme implique un système d'évaluation, de notes. Les notes humilient les élèves les plus en difficulté et les figent dans l'échec par une étiquette de "mauvais élève".
"Donner des notes" sous tend une pédagogie autoritaire. Seule une autorité hiérarchique a le pouvoir d'émettre une notation, de porter un jugement sur un individu et de choisir les critères de ce jugement.
Jean Piaget considère que le pouvoir suprême que détient le maître d'école entrave les capacités réflexives de l'enfant.

« Le prestige qu'il possède aux yeux de l'enfant fait que celui-ci accepte toutes faites les affirmations émanant du maître et que l'autorité le dispense de réflexion ». (Piaget 1959 p 269 dans L'apprentissage coopératif d'Alain Baudrit p 14)
De même Jean Houssaye dénonce ce rapport d'autorité éducative qui développe le sentiment de peur chez l'élève :
"Dès lors le rapport d'autorité entre l'éducateur et l'éduqué ne peut être qu'un rapport vertical, où le supérieur ordonne au nom de son âge et où l'inférieur obéit sans contestation. un tel rapport d'autorité implique des techniques éducatives basées sur la contrainte et la peur. La peur est le moyen que l'éducation traditionnelle utilise pour faire respecter les règles, les lois et les préséances vitales qui ordonnent toute la vie sociale." p 9 Jean Houssaye La Pédagogie traditionnelle  
Le diplôme, les notes impliquent une pédagogie de l'ennui et de la Répétition. Les diplômes attestent d'abord de la restitution des connaissances.
Le bachotage, le par cœur, la répétition de résolutions d'exercices mobilisant un processus intellectuel identique à chaque fois sont la base de la pédagogie traditionnelle - pédagogie très majoritairement pratiquée dans les classes.
Jean Houssaye montre que la pédagogie traditionnelle est celle des enseignants en France dans leur très grande majorité.
« A l'issue de ce parcours, nous pouvons donc l'affirmer sans ambiguïté : la pédagogie traditionnelle existe, la pédagogie traditionnelle est contemporaine. Les spécialistes de l'éducation ne cessent d'en parler. Dans les propos tenus, il faut d'abord retenir ceci : le changement dans le système scolaire ne se fait pas. » Jean Houssaye La pédagogie traditionnelle éditions Fabert p 74
Les innovations n'entrent quasiment pas à l'école.
« L'innovation pédagogique, à l'échelle de l'institution, est un échec ; elle ne produit pas d'effets positifs pour une raison majeure : elle n'est pas mise en œuvre et l'immobilisme des acteurs est patent. Et pourtant le cœur de l'école est touché, tant par rapport aux savoirs que par rapport aux comportements. » Jean Houssaye La pédagogie traditionnelle éditions Fabert p 74
Les pédagogues innovants comme Celestin Freinet et Alexander Sutherland Neill, Maria Montessori étaient opposés aux notes. Leur pédagogie basée sur l'expérimentation, l'exploration et la découverte ne pouvaient pas être adaptée à un système de notation et de délivrance de diplômes.

Ces pédagogies qui respectent l'enfant Innovant sont ultra minoritaires en France. Comme le dit Jean Houssaye c'est la routine qui domine.
"Individualisme donc, routines ensuite. Durand (2001) souligne combien la préservation des routines sécurisantes entre en jeu dans la permanence de la pédagogie traditionnelle. Quels que soient les disciplines enseignées et les enseignants concernés, les routines prédominent ; les constantes et les régularités marquent la vie dans la classe." Jean Houssaye La pédagogie traditionnelle éditions Fabert p 37 

Les diplômes, les examens de toutes sortes, les notes sont les outils pour exclure définitivement une partie des enfants du monde de ceux qui apprennent et qui savent.
Comment continuer à « aimer » apprendre quand vous avez vécu l'exclusion et porté l'étiquette de celui ou celle qui n'est pas intelligent.

Comme la science est incarnée par l'école dans notre société, les exclus du système scolaire fuient la découverte et la science pour se protéger.
Concernant la créativité, « ces exclus scolaires » ne semblent être ni plus ni moins créatifs que les autres. Certains ont été trop « cassés » pour avoir pu garder un « élan créatif » en eux, d'autres ont réussi à résister par l'art. Mais dans ce processus d'exclusion, on a appris à tous les enfants à « accepter l'injustice » et les « inégalités ». Ainsi qu'à se mentir pour accepter inacceptable.
L 'opération mentale qui consiste à se mentir contribue peut être aussi à la destruction des capacités
créatives.


Il suffit de discuter 30 minutes avec n'importe quel jeune scolarisé pour se rendre compte que les chiffres du Canard Enchaîné ne sont que la partie émergée d'une situation bien plus grave. 




lundi 30 mars 2015

L'éducation en France : Acquérir de nouvelles connaissances ou apprendre à obéir ?

Les enfants à l'arrêt du bus lisaient
les minutes d'attente
correspondants à chaque bus
Par Julie Amadis
#IpEaVaEaFaF
le 28/03/2015

"Le 2, c'est 3 minutes" disait la petite fille de 6 ans
"Mais bon sang, vous allez vous taire !" dit la mère






Je regardais deux enfants jouer à un arrêt de bus la semaine dernière au Havre. Leur jeu consistait à lire les minutes d'attente des bus sur le panneau d'affichage.
"Le 2, c'est 3 minutes" disait la petite fille de 6 ans

Son petit frère répétait en regardant lui aussi le panneau.
"3 minutes".
Et cela continuait à chaque fois qu'un autre bus s'affichait sur le panneau.
Ils avaient l'air fort heureux de ce petit jeu.
La petite fille - qui était sans doute élève de Cours Préparatoire - était en train de faire la liaison entre la notion de" minutes" et le laps de temps correspondant pour attendre le bus...

Cette notion est travaillée en classe de CE2 (programmes 2012 Eduscol). Et, deux ans avant que l'école ne le lui apprenne, cette petite fille appréhendait d'elle-même la notion  de "minute".

1° LES ENFANTS AIMENT APPRENDRE

Le petit frère, en répétant ce que disait sa grande sœur, faisait la liaison entre l'écriture affichée et le vocabulaire correspondant "minute".

Les enfants aiment apprendre. Ils cherchent toujours à comprendre de nouvelles choses, même seuls, sans adulte pour le leur expliquer...

"BON SANG, VOUS ALLEZ VOUS TAIRE"

 Mais, tout à coup, la mère interrompit leur jeu !
"Mais bon sang, vous allez vous taire !"
Les adultes, pour beaucoup, ne comprennent pas, qu'un enfant puisse apprendre sans cadre institutionnel.L'enthousiasme de l'enfant qui apprend gêne les adultes trop abîmés par la société. Ceux-ci ne peuvent plus comprendre cet état d'esprit qu'ont les enfants et que devraient avoir tous les êtres humains !

APPRENDRE ENTRE ENFANTS SANS CADRE,
SANS ADULTE, C'EST "NE PAS ÊTRE SAGE"...

Malgré les réprimandes de leur mère, la fille et le garçon n'interrompent pas leur "jeu".
Les enfants, trop heureux d'apprendre, continuent de plus belle, à lire les minutes...

Alors, la mère, usant de violence, empoigne la petite par le manteau.
"Mais tu ne peux pas être sage, deux secondes"

"JE VAIS ARRÊTER DE ME DÉMENER COMME ÇA POUR VOUS"

Et juste avant que toute la famille ne monte dans le bus, la mère dit à ses enfant.

"Comme vous n'êtes jamais sages, je vais arrêter de me démener comme ça pour vous"
Apprendre entre enfants, sans cadre, sans adulte c'est "ne pas être sage" pour cette mère de famille.

 APPRENDRE C'EST UNE CONTRAINTE, UN DEVOIR
DONC CELA NE DOIT PAS ÊTRE AMUSANT

Si je vous rapporte cette anecdote, c'est qu'elle est symptomatique de l'état d'esprit en France concernant l'apprentissage.
Apprendre, pour les gens, c'est l'école, les devoirs, les cours de danse, de musique etc... On ne peut apprendre que dans des structures institutionnelles... Et sous la contrainte...

LES PARENTS SONT INQUIETS SI LEUR ENFANT
N'A PAS DE DEVOIR DU SOIR


Les parents, en règle générale donne beaucoup d'importance aux devoirs du soir. Mais ils ignorent que ces devoirs du soir sont totalement interdits à l'école primaire depuis..59 ans ! Ils sont proscrits depuis 1956 !
La circulaire du 29 décembre 1956 a édicté « la suppression des devoirs à la maison ou en étude », avec les attendus suivants: « Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail ne peut qu’apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants. Enfin,le travail écrit, fait hors de la classe, hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu’un intérêt éducatif limité. En conséquence, aucun devoir écrit ne sera demandé aux élèves hors de la classe. Cette prescription a un caractère impératif »." (FCPE)
A la réunion de parents d'élèves de ma classe, en début d'année, (avant que l'administration ne m'exclut 2 ans pour avoir dénoncé des violences à enfants) quand je leur disais qu'il était préférable qu'ils passent du temps avec leurs enfants à jouer à des jeux de société, à lire des histoires, certains parents réagissaient mal :
"Oui, mais bon, mes autres enfants ils ont des devoirs, alors ses frères et sœurs ne vont pas comprendre qu'elle n'ait pas de travail"
D'autres semblaient inquiets... Peut être, pensaient-ils que j'étais une enseignante fumiste parce que leur enfant n'aurait pas deux pages de Bled à remplir chaque soir...
Il est vrai que cette même parent - comme les autres - finira, à la fin de l'année par comprendre que son enfant puisse apprendre autant en jouant à un jeu de société qu'en faisait un exercice de mathématique ! Elle était même
"très contente que sa fille ait pu progresser avec vous"



Quand on leur explique les règles officielles et que leurs enfants progressent avec des méthodes ludiques, tous les parents modifient leur point de vue initial. Nous ne pouvons donc pas en vouloir à ses parents de réagir ainsi.
S'ils donnent autant d'importance aux devoirs et à la contrainte dans l'apprentissage d'une manière générale, c'est que c'est le message qui est véhiculé par les médias, les institutions....
La principale fédération de parents d'élèves FCPE ne mènent sans doute pas suffisamment campagne contre ces devoirs - ni d'ailleurs contre les violences commises par les enseignants violents
 La position de la FCPE, maintes fois réaffirmée, et notamment dans son projet éducatif, est que « c’est en classe que doivent se faire les apprentissages et non à travers des devoirs qui relèvent souvent d’une délégation donnée aux familles, ce qui renvoie l’échec d’un élève à sa responsabilité individuelle et familiale, renforçant ainsi les inégalités culturelles et sociales. La FCPE s’oppose clairement aux devoirs à la maison et refuse la sous-traitance pédagogique aux familles. (FCPE)

2° APPRENDRE, SYNONYME DE CONTRAINTES


La mère des deux enfants de l'arrêt de bus ne dirait jamais à ses enfants "vous n'êtes pas sages" pendant qu'ils veulent faire leurs devoirs.
Et si, ces mêmes enfants, qui apprennent à comprendre les minutes dans la joie et l'amusement  à l’arrêt de bus, refusaient de "faire leurs devoirs", ils seraient durement sanctionnés ! Parce que attention les devoirs c'est une affaire sérieuse.

On ne peut pas apprendre en jouant. C'est le message véhiculé en France. Apprendre c'est quelque chose d' ennuyeux, de contraignant, de fatiguant.

Alors que les études scientifiques montrent que le jeu est efficace pour apprendre, on continue de transmettre des connaissances en usant et abusant de choses désagréables, de notes, de diplômes, de devoirs, de pages d'exercices ennuyeux, de cours à apprendre par cœur.

Les deux enfants de l’arrêt de bus apprenaient naturellement par le jeu.
"Selon une étude menée en 2009 pour le ministère de l'Éducation anglais2, la méthode clé qu'utilisent les jeunes enfants pour apprendre est le jeu"

Celui-ci contient en lui-même de nombreux facteurs qui permettent l'apprentissage :
  • Être en relation avec d'autres personnes, enfants et adultes, permet à l'enfant d'approfondir une sécurité émotionnelle et des aptitudes sociales et ainsi de se sentir supporté dans l'exploration d'idées et motivé pour continuer son apprentissage.
  • Être actif, pour apprendre et comprendre ses expériences, le jeune enfant est en mouvement constant. Une inactivité prolongée peut être le signe de trouble chez l'enfant.
  • Explorer de nouvelles choses et expériences, la curiosité profonde de l'enfant l'amène à utiliser tous ses sens pour explorer des activités de ses propres mains et ainsi lui permet de rassembler les informations dans son esprit pour structurer sa pensée et donner du sens au monde.
  • Se parler à soi-même, l'enfant structure sa pensée par un dialogue intérieur (ou extérieur) qui règle et clarifie la pensée, il le fait en jouant des rôles et répétant ses compétences.
  • Communiquer avec ceux qui réagissent à leurs idées et à ce qu'ils font, même avant qu'ils aient des mots pour parler, les enfants ont le désir de partager leurs idées par des sons, des gestes et le langage du corps. Parler aide les enfants à comprendre ce dont ils font l'expérience. Il est important pour eux qu'ils puissent exprimer leurs propres idées et de pouvoir discuter avec d'autres pour entendre de nouvelles idées, étendre leur pensée et utiliser le langage pour apprendre.
  • Représenter et reproduire leurs idées et expériences, Les enfants approfondissent leur compréhension à mesure qu'ils recréent leur expérience ou communiquent de manière différente leur pensée, dans des jeux de rôle ou des petits mondes où ils peuvent jouer avec des images, du mouvement, des modèles (marionnettes, poupées..) et des paroles.
  • Faire face à des défis physiques et mentaux, faire des essais, échouer, rencontrer des difficultés, persévérer, résoudre un problème, chercher par lui-même et faire une découverte est le moyen pour l'enfant de développer une véritable compréhension. Ces défis réalisés par le jeu préparent l'enfant aux situations de défis de la vie quotidienne.
  • S'informer sur comment faire quelque chose, les enfants apprennent de nouvelles compétences en observant les autres les mettre en pratique, ses pairs et les adultes qui lui montrent comment faire une chose lui sont précieux.
  • Pratiquer, répéter et mettre en application leurs compétences, les compétences que l'enfant souhaite maîtriser, les répète et les met en pratique tant qu'il trouve ces compétences agréables.
  • S'amuser, il n'y a pas de place pour l'ennui et les activités répétitives, le rire, le plaisir et la joie, parfois fantaisiste et sans signification aux yeux de l'adulte, est la meilleure condition pour favoriser l'apprentissage. Avec l'état d'esprit de jeu, l'enfant peut entreprendre toutes sortes d'activités qui ne sont parfois pas considérées comme du jeu." wikipédia

POURQUOI EN FRANCE CONTINUE-T-ON À ENSEIGNER
AUX ENFANTS DE MANIÈRE ENNUYEUSE ET SANS JOIE  ?


Alors pourquoi continue t-on en France à enseigner de manière ennuyeuse, sans joie et en niant complètement la méthode d'apprentissage naturelle utilisée par les enfants, le jeu ?

LES DIPLÔMÉS (LA FORMOISIE) FAVORISENT
L'APPRENTISSAGE ENNUYEUX


Bien travailler à l'école permet d'avoir de bonnes notes.
Avoir de bonnes notes permet de passer des diplômes et de les réussir.
Obtenir des diplômes permet d'avoir du travail et d'être mieux payé que ceux qui n'en n'ont pas.

Tout s'explique ou presque par ces quelques phrases.

POUR JUSTIFIER LES DIFFÉRENCES DE REVENUS,
IL FAUT DÉVELOPPER L’IDÉOLOGIE DU MÉRITE ET DE L'EFFORT


Il y a une sélection sociale qui engendre les inégalités. Donc, pour justifier que certains aient des revenus supérieurs à d'autres, il est important de développer l'idéologie du mérite, de l'effort ....
Parce que pour que les dominés acceptent leur sort, il faut bien un prétexte les amenant à se mentir et à ne pas se révolter.... Alors ils se disent :
"C'est de ma faute, j'ai fait le con à l'école"

Les diplômés aux revenus supérieurs au PIB moyen mondial sont une classe sociale la formoisie. Ils veulent que leurs enfants "réussissent" comme eux. C'est la reproduction de classe formoise.
Alors, eux qui connaissent les trucages, les normes scolaires etc... ne veulent pas que les classes dominées qui ne connaissent pas les trucages "réussissent"...
Un texte de 1993 démasquait cette classe sociale et ses méthodes.
"d) UNE NOUVELLE CLASSE EXPLOITEUSE : LA FORMOISIE
Passant outre cette erreur de Marx, j'avais donc produit, en 1993, le concept de « plus-value formation », la partie additionnelle à la production que la formation de certains travailleurs allait ajouter à leur production habituelle.
Il en découla la mise en lumière d'une lutte pour l'appropriation de cette production supplémentaire.
Une lutte opposant les travailleurs formés, les capitalistes et les travailleurs non formés. Cela induisit la création du concept de « bourgeoisie de la formation » ou « formoisie » qui devint le néologisme « Formoisie ». (Yanick Toutain revactu)"

C'est cette classe sociale, la formoisie, qui est à l'origine de l'idéologie de l'apprentissage dans la contrainte et qui est opposée à l'apprentissage par le jeu...

Comme les diplômés font parties des dominants au sens donné au mot par Henri Laborit, ils ont les médias et les "spécialistes pédagogiques" avec eux....

Danièle Sallenave, interviewée par Marianne sur sa vision de l'apprentissage, déclare :
"Apprendre est un combat que chaque enfant mène parfois contre lui-même : il faut valoriser ce combat, et lui faire sentir que chaque victoire est une source de joie." (Marianne, article Crise de repère et échec du système)
Cette vision de l'apprentissage est formoise. Comme l'apprentissage est un combat, celui qui est vainqueur de ce combat aurait donc des raisons de recevoir un salaire plus gros que son voisin...

Or, les postmarxistes savent que apprendre c'est tous les jours, c'est chaque minute de la vie. L'enfant apprend sans cesse, il observe, imite, répète, invente. Il ne combat pas.

Comme la bourgeoisie décrite par Max Weber dans "Ethique protestante et esprit du capitalisme", la formoisie a une vision anxiogène de la vie mais surtout de l'apprentissage...
Et cela, pour préserver ses avantages de classe.

Cela a pour conséquence que les parents des milieux défavorisés ne sachant pas trop comment faire pour que ses enfants "réussissent" écoutent ces gens là. A ses yeux, ils sont bien informés, alors qu'en fait, ils transmettent un apprentissage favorable aux classes dominantes.

3° LA LUTTE DE STRATE : LA STRATE DES RÉPÉTANTS
A LE LEADERSHIP EN FRANCE.
ILS SONT ATTACHÉS A L’ÉDUCATION TRADITIONNELLE

A la lutte de classe s'ajoute une lutte de strate entre les Répétants et les Innovants.
Et à l'école du 21° siècle en France ce sont les Répétants qui ont gagné.
"Depuis le Paléolithique, la strate* des Innovants est spoliée par la strate des travailleurs répétants et la strate des parasites. Les premiers ont fait
1° les découvertes (scientifiques : physique, arithmétique (les nombres), biologie animale, géographie, la connaissance du caractère nécessairement quantique de la science (Puthagoras-Pythoagore), la connaissance de la révolution terrestre (Philolaos), la connaissance des atomOs et du vide,(Democritos, Epicuros, Titus Lucretius), la connaissance des lois de la gravitation (Galileo Galilei), les lois philosophiques (Engels) les lois gnoséologiques (Lénine) , la connaissance des lois
principales de la lumière (Newton, etc..).),
2° les inventions (principalement technologiques, le langage, les lettres, les chiffres, les systèmes de numération, les techniques de chasse et de pêche, l'agriculture, les techniques de poterie etc etc, les gammes principales (basées sur la multiplication par 2 puissance (X/12)), (Puthagoras)
Le moteur Google, les tableurs, les logiciels de rédaction, Facebook etc appartiennent à ce groupe.
3° Les créations artistiques : depuis les fresques de Lascaux jusqu'aux chansons et aux harmonies vocales de Crosby Stills Nash and Young)"
(
samedi 29 janvier 2011 Une brève histoire de l'Humanité. Lutte des strates, innovants, révolution de civilisation, droits d'auteurs ancestraux, investissement démocratique et salaire unique mondial Yanick Toutain revactu)
La strate des Répétants produit en répétant le monde tel qu'il existe sans rien apporter pour le modifier.
La strate des Parasites vit sur le dos des deux précédentes strates sans rien produire.

4° LES ENFANTS, MEMBRES DE LA STRATE DES INNOVANTS

Il y a une lutte entre ces trois strates.
Et l'humanité a principalement évolué grâce à la strate des Innovants. Si aucune invention et découverte n'avait été faite, nous serions toujours à l'âge de pierre.
Les enfants appartiennent tous à la strate des Innovants et ils sont usés par les adultes répétants et parasites qui les transforment en Répétant ou Parasite.
"Cela vient donc se surajouter à une autre découverte assez récente : le fait que tous les enfants sont membres de la strate des Innovants, eux-aussi. Le fait que c'est la pression conjointe des Parasites, des Répétants (et des Innovants corrompus : les fascistes HADOPI par exemple) qui les force à quitter la strate des Innovants pour glisser vers celle des Répétants." (Revactu)

Ce que l'on observe au niveau des débats sur l'apprentissage, c'est une lutte entre la strate des Répétants et des Innovants.
Victimes des Répétants, dans les écoles, les enfants répètent inlassablement les mêmes exercices d'entraînement jusqu'à ce que "la notion soit acquise".
Pire : on fait redoubler les enfants en prétendant qu'en refaisant la même année on va mieux réussir ( le redoublement est remis en cause actuellement par les institutions sous la pression des études statistiques mais les partisans du redoublement sont souvent majoritaires dans les écoles).

DÉTRUIRE LES ENFANTS, DÉTRUIRE LES INNOVANTS

Comme le souligne Henri Laborit, on apprend avant tout la servitude aux enfants.
"Mieux vaut alors fournir à l'enfant une "bonne" éducation, capable avant tout de lui permettre de trouver un "débouché" professionnel honorable. On lui apprend à "servir" autrement dit on lui apprend la servitude à l'égard des structures hiérarchiques de dominance" p 72 Éloge de la fuite
Les pédagogies dites traditionnelles apprennent avant tout à obéir et à servir la classe dominante. Roger Establet, en s'appuyant sur les résultats du rapport PISA, montre que la France est championne des inégalités sociales.

"D’abord, la France possède le record des inégalités sociales. C’est dans notre
Roger Establet,
auteur de L'élitisme républicain
pays que l’écart de points entre les élèves dont le statut économique social et culturel des parents est élevé et ceux dont le statut économique social et culturel est faible reste le plus élevé. En culture scientifique, il est de 122 en France alors qu’il n’est que de 63 en Finlande, 68 au Canada et 87 en Espagne. En compréhension de l’écrit et en mathématiques, nous sommes avant derniers, ce qui n’est pas plus glorieux. Cela montre qu’il y a des pays qui parviennent à limiter les inégalités, mais que ce n’est pas le cas de la France. On voit aussi que les systèmes qui atténuent les inégalités possèdent une efficacité globale plus forte. Les pays de l’OCDE qui limitent les effets de l’héritage social et culturel sont caractérisés par un meilleur niveau scolaire. Les systèmes scolaires les moins inégalitaires socialement sont aussi les plus efficaces. "
(Interview de Roger Establet par le magazine l'Etudiant, Roger Establet développe cette théorie dans son livre, L'élitisme Républicain)
En France la pédagogie est répétante pour être adapté aux enfants des diplômés.

Ces enfants, les enfants de la haute formoisie sont aussi des victimes. Cette pédagogie archaïque leur désapprend à créer et innover.
Il n'y a qu'à comparer les dessins d'enfants de maternelle et de CM2... On voit le résultat de nombreuses années de déni de la créativité !
Ce n'est donc pas seulement une lutte contre la pédagogie amusante, ce n'est pas seulement un combat mené contre les deux petits enfants de l'arrêt de bus par une mère conforme à l'idéologie formoise, mais c'est aussi une destruction des Humains en tant qu'Innovants dont sont victimes les enfants.
En conséquence, tant que les Innovants n'auront pas le leadership, on continuera à abîmer les enfants, à casser leur capacité d'Innovants en leur apprenant à obéir.