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jeudi 19 mars 2015

Au 19° siècle, les vagabonds étaient envoyés au bagne, au 21° siècle les SDF dorment sur les trottoirs et y meurent d'hypothermie

Photo du film "les Misérables" réalisé par  Tom Hooper
d'après le roman de Victor Hugo
Par Julie Amadis
#IpEaVaEaFaF
Le 17/03/15

"45% des bagnards étaient juste des SDF"
(infra)


Comme Jean Valjean, le héros des Misérables de Victor Hugo qui se retrouve au bagne pendant 19 ans pour un pain volé, nombreux sont ces gens misérables qui peuplent les bagnes au 18° et 19° siècle.
Ce sont ceux qu'on appelle, à l'époque, les vagabonds qui sont le plus grand nombre parmi les bagnards relégués (La relégation c'est l'interdiction à vie de revenir en France).
"Le relégué type et un homme de 32 ans, journalier agricole, ouvrier ou vagabond sans profession définie. Et sans domicile fixe : c'est la principale caractéristique des relégués (près de 45 % d'entre eux). La relégation est donc bien avant tout une loi de contrôle social. Elle frappe des errants sans ressources, ouvriers et journaliers agricoles sans emploi, touchés de plein fouet par la grande dépression économique qui sévit en France dans les années 1880, au moment où la loi est discutée et votée au Parlement. » p 31 revue l'Histoire Jean-Louis Sanchez"

 " ÊTRE SANS DOMICILE FIXE" ÉTAIT UN DÉLIT AU 19° SIÈCLE


A l'époque, c'est un délit de ne pas avoir d'endroit où dormir.
"En France, selon le Code pénal de 1810 (art. 269 à 273), le vagabondage était un délit réprimé de trois à six mois d'emprisonnement. L'art. 270 donnait la définition juridique suivante : « Les vagabonds ou gens sans aveu sont ceux qui n'ont ni domicile certain, ni moyens de subsistance, et qui n'exercent habituellement ni métier, ni profession. » Ces trois conditions devaient être réunies pour qualifier le délit de vagabondage, excluant dès lors les nomades, qui ont fait l'objet d'une loi spécifique en 1912 (voir carte d'identité en France). ». (wikipédia)

Mais, plutôt que la prison en métropole, c'est au bagne que la bourgeoisie condamne ses victimes. Deux ans après la Révolution du 14 juillet 1789, les députés décident d'y déporter "les mendiants".
« Dès 1791, elle inscrit la déportation des récidivistes de droit commun et des mendiants incorrigibles dans le premier Code pénal. »

POUR SE DÉBARRASSER DES VAGABONDS
LA BOURGEOISIE LES ENVOIE AU BAGNE


Les pouvoirs publics voulaient se débarrasser de ces "vagabonds".
Ne plus voir la misère permet de donner l'illusion à la société qu'elle va bien, qu'elle n'est pas malade.
Et donc, pour s'assurer de ne pas apercevoir un seul SDF, on les envoyait dans une île bien lointaine, à plusieurs milliers de kilomètres du continent.
« Près de 18000 voleurs, vagabonds et mendiants viennent ainsi grossir en Guyane les rangs de ceux que l'on entendait régénérer par l'expérience coloniale. » p 28 Dominique Kalifa

45 % DES BAGNARDS ÉTAIENT JUSTE DES SDF

C'est ainsi qu'à la fin du 19° siècle, 45 % des bagnards relégués sont des sans domicile fixe.

"Et sans domicile fixe : c'est la principale caractéristique des relégués (près de 45 % d'entre eux)" p 31 revue l'Histoire Jean-Louis Sanchez"
Les relégués étaient ceux qui étaient le plus sévèrement punis puisqu'ils leur étaient interdit de revenir en France une fois leur peine purgée.
"De tous les parias qui se retrouvèrent un jour dans les bagnes de Guyane, les plus infortunés furent sans conteste les «relégués». Contrairement aux «transportés» (les condamnés aux travaux forcés) ou aux «déportés» (les détenus politiques, à l’instar d’Alfred Dreyfus), les «relégués» avaient en effet déjà payé leur dette à la société. La relégation était une «peine accessoire» qui frappait les délinquants multirécidivistes à leur sortie de prison, une double peine donc, qui expédiait en Guyane pour le restant de leurs jours ceux que l’on disait irrécupérables."

DYSENTERIE, FIÈVRE JAUNE, PALUDISME, TUBERCULOSE
DES SDF CONDAMNES A MOURIR DE MALADIE 

Et, la vie au bagne était très difficile.

« Les bagnards éprouvent l'isolement, mais surtout la promiscuité et les rapports de force qui régissent chambrées et dortoirs. S'y ajoute le travail forcé. (…) Mais, dans tous les cas, les bagnards subissent le changement de climat, l'insalubrité des lieux, le manque d'hygiène, une alimentation carencée et, pour certains, une répression disciplinaire répétitive ou excessive. Ce qui entraîne nombre de maladies, la fièvre jaune, le paludisme, la tuberculose et la dysenterie. » p 56 l'Histoire Marc Renneville et Jean-Lucien Sanchez, le corps des bagnards

C'était un véritable mouroir.

« L'incidence de ces maladies sur le taux de mortalité général des forçats est élevée : de 1888 à 1890 par exemple, 30 % du total des relégués, soit 662 individus en meurent, dont 167 de fièvre jaune, 117 de paludisme, 285 de dysenterie et 13 de tuberculose. » ( Ministère des Colonies, Rapport sur la marche générale de la relégation pendant les années 1888, 1889 et 1890) (dans l'Histoire Marc Renneville et Jean-Lucien Sanchez, le corps des bagnards)

Dans une société dominée par la bourgeoisie, les indésirables sont toujours les plus pauvres. C'est parce que leur présence montre trop crûment les dysfonctionnements de cette société inégalitaire qu'ils dérangent les bourgeois.

Ces personnes étaient physiquement exclues et personne ou presque ne se souciait de leur sort.
« Les rares interventions à la Chambre, dont celle du député Felix Chautemps lors des débats budgétaires en 1908 ou de Maurice Violette en 1913, par exemple, n'avaient pas atteints le public. Quelques socialistes avaient réclamé une réforme de la justice, une amélioration des conditions de cie dans les bagnes pour les enfants, sans rencontrer d'échos. » p 70 La longue marche de l'abolition, Danielle Donet-vincent, dans l'Histoire
Le combat pour l’arrêt des bagnes sera long et minoritaire.

Vers 1930, les films documentaires dénonçant les bagnes vont contribuer peu à peu à modifier l'opinion des gens vis à vis des bagnards.
C'est le journaliste Albert Londres qui va déclencher une tempête médiatique sur ce scandale camouflé :
Wikipédia En 1923, [Albert Londres] se rend en Guyane où il visite le bagne aux Îles du Salut, à Cayenne et à Saint-Laurent-du-Maroni. Décrivant les horreurs de ce qu'il voit, son reportage suscite de vives réactions dans l'opinion mais aussi au sein des autorités.
« Il faut dire que nous nous trompons en France. Quand quelqu'un – de notre connaissance parfois – est envoyé aux travaux forcés, on dit : il va à Cayenne. Le bagne n'est plus à Cayenne, mais à Saint-Laurent-du-Maroni d'abord et aux îles du Salut ensuite. Je demande, en passant, que l'on débaptise ces îles. Ce n'est pas le salut, là-bas, mais le châtiment. La loi nous permet de couper la tête des assassins, non de nous la payer. Cayenne est bien cependant la capitale du bagne. (...) Enfin, me voici au camp ; là, c'est le bagne. Le bagne n'est pas une machine à châtiment bien définie, réglée, invariable. C'est une usine à malheur qui travaille sans plan ni matrice. On y chercherait vainement le gabarit qui sert à façonner le forçat. Elle les broie, c'est tout, et les morceaux vont où ils peuvent. »
(Au bagne (1923)).
Et le récit se poursuit : « On me conduisit dans les locaux. D'abord je fis un pas en arrière. C'est la nouveauté du fait qui me suffoquait. Je n'avais encore jamais vu d'hommes en cage par cinquantaine. [...] Ils se préparaient pour leur nuit. Cela grouillait dans le local. De cinq heures du soir à cinq heures du matin ils sont libres – dans leur cage ».
Albert Londres dénonce aussi un fait que l'on ignore souvent : le « doublage ». « Quand un homme est condamné de cinq à sept ans de travaux forcés, cette peine achevée, il doit rester un même nombre d'années en Guyane. S'il est condamné à plus de sept ans, c'est la résidence perpétuelle. Combien de jurés savent cela ? [...] Le bagne commence à la libération. Tant qu'ils sont en cours de peine, on les nourrit (mal), on les couche (mal), on les habille (mal). Brillant minimum quand on regarde la suite. Leurs cinq ou sept ans achevés, on les met à la porte du camp. ». Nous pouvons imaginer la suite.
Son livre est une galerie de portraits : Hespel, Bel-Ami, Ullmo, Duez, Eugène Dieudonné, Roussenq, Marcheras... les bagnards sont des hommes ! – même si dans ce lieu, ils tendent à devenir des animaux. En 1924, il poursuit ses enquêtes sur les travaux forcés et se rend en Afrique du Norddes bagnes militaires accueillent les condamnés des conseils de guerre qui n'en finissent pas d'expier leur très grande faute (publication de Dante n'avait rien vu).
Danielle Donet-vincent, dans l'Histoire relate cela :

« Le reportage de Londres tranche sur cet ensemble. Il est servi par la presse à grande diffusion dans laquelle il paraît. De plus, la plume du journaliste est vive et souvent ironique pour décrire des situations sordides. L'enquête prend des tonalités d'aventures et donne à voir, sur fond et exotisme, des figures de « malfrats » qui retrouvent la part d'humanité dont le bagne les a dépouillés. (…)
Le public est enthousiastes. Le succès est immense. (…) Ce tapage médiatique suscite des vocations qui entretiennent à leur tour l'intérêt du public. Mais après Albert Londres, les autorités n'accordent plus guère d'habilitation pour le voyage en Guyane. » p 71 La longue marche de l'abolition, Danielle Donet-vincent, dans l'Histoire

CES LOIS INIQUES ONT ÉTÉ ABROGÉES
IL Y A 23 ANS, EN 1992

En France, être sans domicile fixe et/ou mendier n'est pas un délit depuis 1992.
"Ces articles ont été abrogés par une loi de décembre 1992, entrée en vigueur le 1er mars 1994, réformant le Code pénal15. Suite à cette abrogation, de nombreuses municipalités, notamment dans les zones touristiques, ont mis en place des arrêtés anti-mendicité dès l'été 1995"

Cependant, le regard porté sur eux est toujours péjoratif. Les plus grandes victimes du monde capitaliste sont dénigrés.

141500 SDF EN FRANCE DONT 31000 ENFANTS.

141500 personnes dont 31.000 enfants sont sans domicile fixe en France (libérationmon article).

Tous les jours, les SDFs passent devant des logements vides. Des logements vides ou de grandes maisons dans lesquelles vivent une ou deux personnes.
Des appartements vides sont là et les SDF ne peuvent pas entrer dedans...

 Eux, ils dorment sur les trottoirs à côté de ses logements vides dans le froid, la peur et la faim...

Personne ou presque ne s'offusque de cette situation. Chaque français vit sa petite vie en croisant des SDFs qu'il n'ose à peine regarder...

AU 21° siècle en France, les « vagabonds » sont bien en vue.

On ne les chasse plus dans les bagnes.

Ils sont là sur les trottoirs, dans les gares, sous les ponts en train d'essayer de gagner 2 ou 3 sous pour manger, en train d'essayer de s'endormir dans le froid, la peur et le bruit …

Peut être que certains d'entre eux préféreraient le bagne à la vie dehors pour avoir un toit …
Il y a bien ce jeune de 18 ans à Albi qui a dit au juge   :

«Je préfère la prison à la rue» (La dépêche, 08/08/2014)
Parce que dans la rue on y meurt vite. Le collectif des morts de la rue a eu connaissance de 480 décès de SDF en 2014... (Ils sont certainement encore plus nombreux à y mourir ...)

Leur espérance de vie est de 49 ans, 33 ans de moins que la moyenne nationale !

Mais notre État barbare laisse délibérément mourir des gens dans la rue.

Les places d'hébergement sont largement insuffisantes.

"La grande majorité des SDF téléphonent chaque jour au 115 et on leur refuse un toit !!!! Même pour une nuit.... A Toulouse, par exemple, 95 % des SDF qui appellent le 115 pour être hébergé une nuit se voient répondre un refus !
"Actuellement, à Toulouse, 250 personnes sont à la rue sans solution chaque jour avec un taux de réponse négative de 95 % au 115. Dans ce département et malgré la crise, l’État a diminué les capacités d’accueil mobilisées cet hiver. Mais la situation est également critique dans d’autres territoires selon la fédération. A Lille, par exemple, plus de 500 personnes restent sans solution malgré leur demande au 115. Mais aussi à Lyon, où 170 personnes en moyenne n’obtiennent pas de solution d’hébergement et enfin à Bordeaux qui enregistre que 100 personnes sont sans solution, soit 62 % de refus chaque jour au 115. La région parisienne n'est  pas en reste, le Val-d’Oise, compte plus de 200 personnes sans solution. Cette situation dramatique touche également des territoires moins urbains, jusque-là moins tendus comme l’Oise, la Charente ou encore la Saône-et-Loire." (Le Parisien 5 décembre 2014)" (15 enfants-SDF sont morts en 2013. 31000 enfants dorment dehors en France dans l'indifférence générale.)


Récemment, Jean Luc (la presse ne donne pas son nom de famille), est mort d'hypothermie  à Namur.
Pourquoi ? Parce que la bureaucratie de l’État barbare français a décrété qu'il y avait un nombre limite de nuits où elle acceptait d'héberger une personne !

Alors,  les services sociaux ont dit à Jean Luc, la veille au soir de son décès, qu'il avait dépassé son quota !
Il faisait trop froid, le corps de Jean Luc n'a pas pu tenir. Il est mort d'hypothermie dans la nuit qui a suivi. ( source de cette information : LaMeuse.be)

Ce n'est qu'un fait divers parmi tant d'autres...


Rappelez-vous chaque jour, 141500 SDF EN FRANCE ! Et demandez - vous ce que vous faîtes pour que cela cesse.

Lire aussi :

15 enfants-SDF sont morts en 2013. 31000 enfants dorment dehors en France dans l'indifférence générale.

Charles Pasqua et le bagne : "Qu'on les mette sur une île, qu'on les mette loin... On a qu'à recréer les travaux forcés" pour les "détenus islamistes"


















lundi 16 mars 2015

Charles Pasqua et le bagne : "Qu'on les mette sur une île, qu'on les mette loin... On a qu'à recréer les travaux forcés" pour les "détenus islamistes"

Forçats partant pour la Guyane
Par Julie Amadis
#IpEaVaEaFaF
Le 13/03/2015


Cet article a été censuré par l'Obs. Pour une fois, il y a un prétexte officiel. Le voici :
" Le motif de retrait de votre participation est : Propos potentiellement diffamatoires "


 "Le [bagne] touche également les prisonniers politiques, que l'on décide dans les mêmes années d'éloigner à nouveau.
On songe à l'île Bourbon
(rebaptisée La Réunion en mars 1848),
mais c'est l'Algérie qui s'impose
en raison du moindre coût du transport .
Les insurgés ouvriers de 1848 en font les premiers l'expérience :
459 d'entre eux sont transférés
dans le pénitencier de Lambèse, dans les Aurès. »
« Le phénomène prend toute sa mesure en 1871, lorsque les conseils de guerre déportent, cette fois-ci en Nouvelle-Calédonie, plus de 4000 communards parmi lesquels Louise Michel, Jean Allemane, Henri Rochefort ou Paschal
Grousset. Ils sont rapidement rejoints par les centaines d'ALgériens et de Kabyles qui ont pris part, au printemps 1871, à la grande insurrection des Mokrani. D'autres détenus politiques connaissent le même sort, nationalistes algériens, indochinois et kanaks, anarchistes, anti-militaristes, et bien sûr Alfred Dreyfus, enfermé 5 ans durant sur l'île du Diable, au large de la Guyane. »

Le trafiquant de drogue Charles Pasqua fait mine de viser les terroristes islamofascistes. Mais ce sont les révolutionnaires qui sont les cibles du chef de la la French Connection.
"Wikipédia En 1995, Bourequat et sa compagne s'installent aux États-Unis en 1995, où ils demandent l'asile politique; il est l'un des deux citoyens français à avoir reçu l'asile politique aux États-Unis7. Se basant sur les dires de sa compagne, Ali Bourequat a, en 1995, accusé le gouvernement français d'avoir partie liée avec le trafic de stupéfiant et Charles Pasqua, ministre de l'intérieur de l'époque, de vouloir contribuer à le faire taire1,8."
"Jacqueline Hémard fut mariée à un héritier du groupe Pernod, avant sa fusion avec Ricard en 1975.
Avec Ali Bourequat et relayée par le Réseau Voltaire, elle a accusé en 1996 Charles Pasqua, qui ne l'a pas attaqué en diffamation, d'avoir participé à des activités illicites du SAC utilisant Ricard comme couverture. Cette assertion a été soutenue par un ancien proche de la famille royale marocaine, Hicham Mandari, tué sur un parking espagnol en 2005.
Selon elle, des agents du SAC et du SDECE (ancêtres de la DGSE), en liaison avec des amis corses, auraient installé des laboratoires de fabrication de cocaïne au Maroc, pour financer leurs activités." (MERCREDI 24 MARS 2010

Charles Pasqua le trafiquant de drogue et Eric Zemmour le raciste : Un commentaire sur rue8


Jacqueline Hémard fut mariée à un héritier du groupe Pernod, avant sa fusion avec Ricard en 1975. Avec Ali Bourequat et relayée par le Réseau Voltaire, elle a accusé en 1996 Charles Pasqua, qui ne l'a pas attaqué en diffamation, d'avoir participé à des activités illicites du SAC utilisant Ricard comme couverture. Cette assertion a été soutenue par un ancien proche de la famille royale marocaine, Hicham Mandari, tué sur un parking espagnol en 2005. Selon elle, des agents du SAC et du SDECE (ancêtres de la DGSE), en liaison avec des amis corses, auraient installé des laboratoires de fabrication de cocaïne au Maroc, pour financer leurs activités.

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Jacqueline Hémard fut mariée à un héritier du groupe Pernod, avant sa fusion avec Ricard en 1975. Avec Ali Bourequat et relayée par le Réseau Voltaire, elle a accusé en 1996 Charles Pasqua, qui ne l'a pas attaqué en diffamation, d'avoir participé à des activités illicites du SAC utilisant Ricard comme couverture. Cette assertion a été soutenue par un ancien proche de la famille royale marocaine, Hicham Mandari, tué sur un parking espagnol en 2005. Selon elle, des agents du SAC et du SDECE (ancêtres de la DGSE), en liaison avec des amis corses, auraient installé des laboratoires de fabrication de cocaïne au Maroc, pour financer leurs activités.

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Les cibles de Charles Pasqua, ce ne sont pas les  pantins de la CIA - Al Qaeda dont la création est revendiquée par Hillary Clinton, ce ne sont pas les djihadistes AQMI financés 58 millions de dollars par Sarkozy et Hollande.
Les cibles de Charles Pasqua ce sont les anti-drogue, les anti-terroristes, les révolutionnaires, les résistants.
L'Histoire de France nous le montre : les bagnes furent les lieux où déporter les ennemis de l'ordre bourgeois, les résistants.

Charles Pasqua, homme politique français,
au bureau de l'UMP défend le retour du bagne

CHARLES PASQUA PRÔNE LE RETOUR DES BAGNES

Charles Pasqua, membre du bureau politique de l'UMP, a déclaré dimanche 8 mars sur le plateau de l'émission 13 h 15 le dimanche :
 "Qu'on les (les islamistes) mette sur une île, qu'on les mette loin" (BFMTV)
Charles Pasqua évoque aussi "les travaux forcés" sur ce même plateau.
"Ainsi, Charles Pasqua propose de remettre le bagne au goût du jour pour y envoyer les détenus islamistes. "On a qu'à recréer les travaux forcés" explique-t-il invitant le gouvernement à "passer la main" s'il ne "veut pas prendre un certain nombre de mesures". Huffington Post 

 Charles Pasqua fait référence au bagne qui existait du XIXème siècle.
En même temps que la France monarchiste, bourgeoise et impériale s'accapara des colonies, elle y installa des bagnes pour éloigner les "indésirables"

"À partir des années 1840, les politiques souhaitèrent l'éloignement des criminels hors de France. Cette politique de transportation débute avec les bagnes militaires (compagnies de discipline) qui s'installent en Algérie dès le début de la conquête coloniale. Ce transbordement est justifié par l'utopie de valoriser le développement de la colonie grâce au travail des bagnards. Ce travail forcé étant perçu comme un outil de rédemption du bagnard. Enfin après leur peine, les condamnés ne peuvent pas revenir en métropole. Ils doivent purger une double peine de relégation équivalente à la durée de leur condamnation aux travaux forcés." (Wikipédia)

L'OBJECTIF AFFICHÉ EST DE COMBATTRE LE TERRORISME.
QUAND LA FRANCE EST CITÉ PAR LE NEW YORK TIMES COMME UN DES PIRES PAYS FINANCIER DES TERRORISTES


Charles Pasqua demande le retour du bagne? pour les "islamistes" dit-il.


Or nous savons tous depuis l'après Charlie que la cible des capitalistes ne sont pas "les terroristes" mais plutôt tous les révolutionnaires et rebelles que l'on pourra réprimer sous couvert de lutte contre le terrorisme.
La preuve ?
Personne du gouvernement n'a menacé Tariq Ramadan pour sa propagande ni le chanteur Médine du Havre qui appelle à crucifier les laïcs qu'il appelle les laïcards.
 La preuve en est par les interpellations de Jean François Chazerans, prof antifasciste et Ahmed 8 ans !!!!

Dans la même période nous apprenons par le New York Times que la France est un des pires pays financiers des terroristes via le biais des rançon.
"Otages : la France, premier banquier des djihadistes d’Al-Qaïda" titre France 24
Voir aussi :
lundi 19 janvier 2015 Qui finance Al Qaeda, Ansardine, Boko Haram ? France a versé 45 millions d'euros à Al Qaeda et Hollande 20 millions à Ansardine TABLEAU NEW YORK TIMES (Rukmini Callimachi) 

POURTANT LES BAGNARDS DU XIXème ÉTAIENT DES MILLIERS
DE "PAS DE CHANCE", DES COUPABLES DE SIMPLES DÉLITS

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lundi 19 janvier 2015 Qui finance Al Qaeda, Ansardine, Boko Haram ? France a versé 45 millions d'euros à Al Qaeda et Hollande 20 millions à Ansardine TABLEAU NEW YORK TIMES (Rukmini Callimachi)

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lundi 19 janvier 2015 Qui finance Al Qaeda, Ansardine, Boko Haram ? France a versé 45 millions d'euros à Al Qaeda et Hollande 20 millions à Ansardine TABLEAU NEW YORK TIMES (Rukmini Callimachi)

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Comme Jean-François Chazerans, prof de philo ou comme Ahmed 8 ans, les bagnards du XIXème siècle eux aussi considérés comme "dangereux" n'étaient pas des criminels.
« Qui sont ces individus dangereux, envoyés à perpétuité purger une peine au sein du bagne colonial ? Il s'agit majoritairement de condamnés correctionnels : c'est ainsi le cas de plus de 83 % des relégués en Guyane entre 1887 et 1938. Que leur reproche t'on ? Des vols simples pour 55 % d'entre eux, des infractions à interdiction de séjour pour 8 % et des délits de vagabondage pour 8 %. Sur ce nombre, plus de 26 % sont condamnés par des tribunaux du ressort de la Seine (département de Paris et des communes qui l'entourent), 6 % de Seine Inférieure, 5 % du Nord, 4 % des Bouche -du – Rhone et 3 % du Rhône. La relégation est ainsi une peine du spectre urbain qui vise en priorité à débarrasser la capitale et sa périphérie d'une frange de sa délinquance. » Jean-Lucien Sanchez , Irrécupérable, dans la revue L'Histoire*
C'était des personnes dont la société ne voulait pas, « des indésirables » résume l'historien Jean-Lucien Sanchez. 
« Des petits délinquants arrêtés pour vagabondage ou pour des vols simples, commis en récidive : des milliers de « pas de chance », coupables de simples délits, ont purgé leur peine au bagne de Guyane ». L'histoire Jean-Lucien Sanchez.

 LE PREMIER OBJECTIF DE LA MISE EN PLACE DES BAGNES DANS LES COLONIES : ÉLOIGNER LES "INDÉSIRABLES"

L’ancêtre des bagnes, ce sont les galères. L'acquisition des colonies permet d'éloigner les centres de travaux forcés du continent.
Et, c'est le premier objectif des policiers qui souhaitent éloigner les « indésirables ».

Avant que les bagnes ne s'installent dans les colonies, on les trouvait à Rochefort, Toulon, Brest. Mais la crainte des évasions et l'envie de ne plus avoir sous les yeux les bagnards amena la bourgeoisie à décentraliser les bagnes pour les mettre dans les colonies.
Pasqua veut infliger aux Antilles la présence de ceux dont il ne veut pas dans les prisons françaises.
"J'apprends qu'on va regrouper tous les détenus islamistes dangereux au même endroit», commence l'ancien ministre avant d'ironiser: «Bravooo». «Et c'est où cet endroit? C'est sur le sol de la métropole? Non ce n'est pas sérieux», poursuit Charles Pasqua."(Le Figaro)

"QU'ON LES METTE SUR UNE ÎLE"

«Qu'on les mette sur une île, qu'on les mette loin, bien entendu», ajoute l'ex-sénateur des Hauts-de-Seine, répondant à la question du journaliste qui demandait s'il fallait un Guantanamo à la française.

En 1838 les bagnes sont construits à l'extérieur de la métropole. Et en 1885, la loi sur la relégation est votée. Les multirécidivistes ne pourront plus revenir en France. Ils sont considérés comme irrécupérables et donc punis à vie.
"La loi du 27 mai 1885 (lire le texte), dite loi sur la relégation des récidivistes, entraîne « l’internement perpétuel sur le territoire des colonies ou possessions françaises » des délinquants et criminels multirécidivistes (Duvergier, J.-B., 1885, p. 225-252). L’enjeu de cette loi est de « débarrasser » le sol de la France métropolitaine des petits délinquants et vagabonds par une mécanique qui est unique dans l’histoire du droit pénal français." criminocorpus
Ces "délinquants multirécidivistes" sont donc éliminés de la société. On les envoie au bagne à perpétuité.
« La relégation doit permettre d'éliminer socialement ces condamnés estimés dangereux et qui ne manqueront pas de commettre de nouveaux crimes et délits. » Jean-Lucien Sanchez , Irrécupérable, dans la revue L'Histoire)
Les bagnards sont des pauvres, victimes de la loi de la jungle capitaliste.

La bourgeoisie élimine les plus faibles.... de son territoire...

458 DES INSURGES OUVRIERS DE 1848
DANS LE PÉNITENCIER DE LAMBÈSE EN ALGÉRIE

 Ces indésirables sont pour beaucoup des "révolutionnaires". Et les bagnes ont d'abord été construits pour les y enfermer.
« Le phénomène touche également les prisonniers politiques, que l'on décide dans les mêmes années d'éloigner à nouveau. On songe à l'île Bourbon (rebaptisée La Réunion en mars 1848), mais c'est l'Algérie qui s'impose en raison du moindre coût du transport . Les insurgés ouvriers de 1848 en font les premiers l'expérience : 459 d'entre eux sont transférés dans le pénitencier de Lambèse, dans les Aurès. » p 24 Dominique Kalifa revue L'histoire
Au XIXème siècle, cette angoisse de la révolution qui avait déjà eu lieu en 1830 et 1848 mais avortée était constante chez les patrons.
Et l'ordre bourgeois avait trouvé cette solution : le bagne dans les colonies.
Éloigner tous les miséreux qui refusent de se soumettre à l'ordre social établi, c'est de que souhaitaient les classes dominantes.

 LE BAGNE POUR "LES PRISONNIERS POLITIQUES"
LE BUT ? ENFERMER LES RÉVOLUTIONNAIRES

 Ce que révèle cette volonté de cacher les non conformistes dans les bagnes, c'est la crainte que ceux-ci de se soulèvent contre l'ordre établi.
« Alors que le pays bascule dans l'ère industrielle, s'urbanise et se couvre d'un réseau ferré, mais connaît aussi un exode rural sans précédent et l'émergence d'un prolétariat urbain, une angoisse et un fort sentiment d'insécurité accompagnent cette rupture des liens communautaires. Dans ce contexte, garantir la protection des biens et des propriétés contre la menace que représentent les exclus de ce nouvel ordre économique paraît une priorité. C'est à cet objectif répressif que répond la loi sur la relégation. Le spectre de la Commune résonne également dans le choix de ses cibles." p 31 Jean - Lucien Sanchez, Irrécupérables, dans l'Histoire
Les révolutionnaires de 1830, 1848 seront ainsi envoyés au bagne.
« La répression qui suit le coup d’État de Louis Napoléon Bonaparte en 1851 change brutalement l'échelle : 6000 républicains sont alors dirigés vers les Ateliers de Birkadem et de Douéra. D'autres - les insurgés Lyonnais – sont expédiés dans l'île de Nouka Hiva, dans les Marquises, « oubliettes du grand Océan », et plusieurs centaines en Guyane. Mais surtout l'Algérie, cette « Afrique abhorrée » dépeinte par Hugo dans Les Châtiments, qui incarne alors la terre du bagne. » p 24 Dominique Kalifa revue L'histoire

 LES COMMUNARDS, LES NATIONALISTES ALGÉRIENS DE L'INSURRECTION DES MOKRANI PEUPLENT LES BAGNES DE NOUVELLE CALÉDONIE EN 1871

Ils seront 30000 à être exécutés lors
de la Commune de Paris en 1871
Ce sont les communards qui payeront le plus lourd tribu. La bourgeoisie a eu une peur énorme de tous ces miséreux qui ont voulu supprimer les "classes sociales".
Alors, sa vengeance a été terrible.
30000 communards seront exécutés lors de la semaine sanglante du 21 au 28 mai 1871.
La Révolutionnaire de la Commune
Louise Michel est envoyé au bagne
en Nouvelle-Calédonie en 1871
Les révolutionnaires qui n'ont pas été assassinés deviendront des bagnards. 4000 communards (selon Dominique Kalifa, 3800 selon wikipédia)  seront emprisonnés en Nouvelle-Calédonie.
« Le phénomène prend toute sa mesure en 1871, lorsque les conseils de guerre déportent, cette fois-ci en Nouvelle-Calédonie, plus de 4000 communards parmi lesquels Louise Michel, Jean Allemane, Henri Rochefort ou Paschal
Grousset. Ils sont rapidement rejoints par les centaines d'ALgériens et de Kabyles qui ont pris part, au printemps 1871, à la grande insurrection des Mokrani. D'autres détenus politiques connaissent le même sort, nationalistes algériens, indochinois et kanaks, anarchistes, anti-militaristes, et bien sûr Alfred Dreyfus, enfermé 5 ans durant sur l'île du Diable, au large de la Guyane. » p 28 Dominique Kalifa revue L'histoire

LA BOURGEOISIE SAIT QUE LA RÉVOLUTION VA ARRIVER
ELLE VEUT LA RETARDER
EN NOUS (LES RÉVOLUTIONNAIRES) ENVOYANT DANS DES BAGNES

 Pasqua n'est pas le seul représentant de la classe bourgeoise a avoir défendu l'idée du bagne.
 Nicolas Dupont-Aignan avait fait de même.
"La polémique suscitée par l'ancien ministre de l'Intérieur de Jacques Chirac fait écho à celle provoquée en novembre 2014 par les propos de Nicolas Dupont-Aignan. Le souverainiste avait alors présenté une mesure du même acabit en proposant la réouverture du centre de détention de Cayenne, pour permettre "d'isoler ces fous furieux". Le point
Ces prises de position en faveur des bagnes révèlent l’état actuel des rapports de force. Contrairement aux apparences, ils ne sont pas en faveur des capitalistes.
Comme la classe bourgeoise du XIXème siècle, celle du XXIème siècle une peur bleue de la révolution.

Les capitalistes savent qu'ils sont assis sur une bombe à retardement. Et ils cherchent tous les subterfuges possibles et inimaginables pour retarder le moment où la bombe pétera.