Par Julie Amadis
#IpEaVaEaFaF
Le 02/11/17
LIRE AUSSI :
Édouard Philippe le premier ministre de Macron a présenté lundi
son “plan étudiant”.
Au milieu de quelques mesurettes sucrées comme la construction de
logements étudiants se cache la sélection des étudiants à
l’université.
L’école en France est la plus sélective d’Europe.
Elle est pointée du doigt dans le rapport PISA comme la plus
inégalitaire….
“Les inégalités s’aggravent d’année en année.
« C'est
en France que l'on observe l'un des plus grands écarts au sein de
l'OCDE entre les 10 % d'élèves les meilleurs et les 10 %
les moins performants. Et
le fossé entre le groupe des meilleurs et celui des moins forts
s'est creusé de 34 points entre 2003 et 2012, alors qu'il s'est
réduit de 3 points en moyenne dans l'OCDE, de 20 points en
Pologne, et même de 45 points en Allemagne ! »
Alternative économique Éducation : ce qu'il faut retenir de
PISA 2012, Laurent Jeanne au, 13/12/2013
Les plus "performants" sont les plus riches et les "moins bons" les plus pauvres.
« Autre
spécificité française, l'origine sociale pèse lourdement sur les
résultats scolaires : 22,5 % des résultats des élèves
français en mathématiques s'expliquent par l'influence du milieu
social, contre 15 % en moyenne au sein de l'OCDE. De ce point de
vue, la France est même l'un des pays les plus inégalitaires de
l'OCDE, après la Slovaquie et la Hongrie » Alternative
économique Éducation : ce qu'il faut retenir de PISA 2012,
Laurent Jeanne au, 13/12/2013 "
Cette sélection sociale qui s’opère dès la maternelle ne suffisait pas aux capitalistes Parasites.
Ils excluent en plus,
maintenant, les pauvres et les rebelles de l’Université…
Cela fait longtemps qu’ils en rêvaient.... Macron en toutou des patrons du CAC40 l’a fait…
Empêcher les pauvres d’accéder à
l’Université … pour en faire un repère de Bourgeois et de haut
Formois … qui vont se reproduire entre eux…
UNE SÉLECTION SOCIALE ET POLITIQUE
POUR ENTRER A L'UNIVERSITÉ
Comme le mot "sélection" à l'Université risque de
faire bondir les jeunes. Le gouvernement Philippe est diplomate...
Édouard Philippe nous dit que « les candidats
seront retenus sur la base de la meilleure adéquation entre leur
projet, leur motivation, leur parcours, et les attentes de la
formation demandée ». Les
Echos
Il s'agit évidemment de sélection puisque on nous parle de
"
candidats retenus" et donc de bacheliers qui ne
seraient pas retenus donc exclus en fonction de "
leur projet,
leur motivation, leur parcours, et les attentes de la formation
demandée »".
Le Canard Enchaîné d'hier se moque d’Édouard Philippe qui
utilise des mots dépourvus de sens pour éviter d'utiliser les mots
qui fâchent les étudiants, "sélection", "sélectionner"…
"Peur de la sélection, lui ?
Édouard Philippe, le boxeur du gouvernement qui combat dans l'ombre
de Macron, n'a peur de rien. Et surtout pas du mot « sélection »,
qui a mis des générations de jeunes dans la rue et a eu la peau de
quelques ministres subitement désélectionnés. Philippe ne craint
pas le mot il l'a dit, mais il préfère ne pas l’employer, on
n'est jamais trop prudent quand il s'agit de braquer des étudiants
déjà échauffés par le rabotage de rentrée de l'APL. Philippe met
donc des gants pour aborder , non pas la « réforme »,
mais la « transformation » de l'orientation post-bas
après le naufrage de la plateforme APB. Les Universités de leur
côté sont priées de policer leur langage, elles ne sélectionneront
plus, elles « recruteront », les exigences académiques
pour réussir dans chaque filière ne seront pas des « prérequis »,
mais des « attendus ». » Le Canard Enchaîné du 02/11/2017
EXCLUSION DES PAUVRES DE
L’UNIVERSITÉ
Pour résumer, en fonction de votre dossier scolaire vous pourrez
être refusé d'entrer à l'université.
Alors que jusque là, l'université était ouverte à TOUS LES
BACHELIERS.
Jusqu'à présent, l’idée était que le bac, n’importe lequel (général, technologique ou professionnel) permettait de s’inscrire dans n’importe quelle université dans n’importe quelle filière.
C’est cette politique issus des luttes sociales des années 60, politique d’ouverture, politique qui reconnait que « apprendre est un droit » et que l’État doit pouvoir permettre à chacun de découvrir ce qu’il souhaite quand il le souhaite qui m’a permis à moi, une ex élève en échec scolaire qui n’avait pas lu plus de 10 livres à l’âge de 20 ans, de découvrir l’histoire, de comprendre la révolution russe, l’esclavage dans l’antiquité, la révolte de Spartacus, le commerce triangulaire …On peut être en échec
au lycée et réussir très bien à l’Université parce qu' on se
passionne pour un domaine non enseigné au lycée ou mal enseigné
(ce qui arrive souvent) ou tout simplement parce que l’on a changé
…
Ça a été mon cas. J’ai eu en trois années une double
licence histoire et sociologie, sans redoubler en améliorant mes
résultats d’année en année, en progressant chaque fois.
Et
après avoir travaillé pendant quelques années, je me suis inscrite
en 2009 en Master enseignement. J’ai obtenu ce master avec Mention
Bien.
Je ne suis pas un cas à part.
La sélection à l'Université vise d'abord les jeunes comme moi titulaires d'un bac Technologique et Professionnel.
Et ils sont majoritairement fils et filles d'ouvriers,
employés....
Les enfants de médecins, d'avocats, de cadres
supérieurs, de profs.... ont majoritairement des bacs généraux S,
ES ou L.
"41 % des enfants de cadres supérieurs
obtiennent un bac S, contre moins de 5 % des enfants d’ouvriers
non qualifiés. Entre les bacheliers du milieu des années 1990 et
ceux du début des années 2000, l’accès au bac a peu évolué. La
situation s’est dégradée pour les milieux les plus populaires,
les employés de service et les ouvriers non qualifiés. Chez ces
derniers, la part de bacheliers de la filière S est passée de 6,4 à
4,6 %." (Observatoire
des Inégalités)
Le plan de sélection à l’Université prévoit entre autres une
année supplémentaire pour ceux dont l'Université aura décrété
que "ils n’auraient pas le niveau" avant même qu’ils
aient démarré le cursus.
Vous avez ici le détail du plan Macron
"
● Un «oui si». Les bacheliers
pourront choisir la filière qu’ils souhaitent. «Je n’ai pas et
je n’ai jamais eu peur du mot sélection, mais ce n’est pas ce
que nous proposons. L’objectif n’est pas que l’université
dise non. Dans la plupart des cas, elle dira oui, et dans certains
cas elle dira oui si», a déclaré Edouard Philippe.
● Plus de tirage au sort. «Il
relève du naufrage», a qualifié le premier ministre. Il va donc
être «supprimé», a-t-il annoncé au cours de la conférence de
presse.
» LIRE AUSSI - APB:
la justice condamne le tirage au sort
● Un dispositif spécifique pour les
filières en tension. «Si pour des raisons de capacités
d’accueil (...) il y a plus de demandes que de places dans
certaines filières», alors les candidats seront retenus en fonction
de «l’adéquation de leur profil et de leur parcours» à la
filière en question, a précisé Frédérique Vidal. Avant de
préciser: «Cela ne signifie pas que les élèves n’auront pas de
place». Des formations proches de leur vœu d’origine leur seront
proposées.
● Dossier scolaire. Les
universités auront accès au dossier des candidats. L’université
aura la possibilité de donner trois avis: «accepté»,
«accepté sous condition» ou «refusé». L’avis
«refusé» sera donné uniquement dans le cas de filières en
tension, c’est-à-dire les licences où il y aura plus de candidats
que de places.
● Un avis des professeurs pour le passage en
licence. Au deuxième trimestre de l’année de
terminale, les enseignants pourront donner un avis officiel sur
l’orientation de leurs élèves. Celui-ci figurera dans leur
dossier: les universités y auront donc accès. Cet avis existait
déjà pour l’entrée en classe préparatoire et en BTS.
Il sera généralisé pour la licence, ce qui est nouveau. Déjà
cette année, le chef d’établissement avait accès aux vœux des
candidats, ce qui n’était pas le cas par le passé.
● Prérequis. Les étudiants qui
ont reçu un avis «accepté sous condition» devront suivre un stage
de remise à niveau.
● Le stage de remise à niveau.
Ceux qui auront choisi une filière avec un «avis sous condition»
devront suivre un stage de prérentrée ou des cours renforcés dans
certaines matières. L’objectif: lutter contre le taux d’échec
en première année à l’université. Toute la question est de
savoir si cette remise à niveau sera obligatoire. Et quid des
étudiants qui n’auraient pas réussi à rattraper leur retard.
Pourront-ils tout de même rester dans cette filière?
● Année de césure ou année
préparatoire après le bac. Les candidats pourront faire
une année de césure après le bac ou une année préparatoire pour
préparer un concours. Ils cocheront une case sur la plateforme pour
préciser leur choix. Et durant cette période, ils bénéficieront
du statut étudiant.
● Un nombre de vœux réduit. À
propos du ‘nouveau logiciel’ qui remplacera Admission
Post Bac (APB), les lycéens ne pourront plus faire 24 vœux,
comme c’était le cas auparavant, mais dix.
LE
FIGARO
Macron va jusqu'au bout du rôle excluant de l'école.
L'école devient de la maternelle à l'Université une gigantesque
machine à casser psychologiquement les pauvres.
"On vole aux pauvres leur respect d'eux-mêmes en
les convertissant à une foi qui ne leur promet le salut que par
l'école" (Ivan Illich, Une société sans école )
EXCLUSION DES CRÉATIFS INNOVANTS REBELLES DES
UNIVERSITÉS
Macron et Édouard Philippe ont décidé d'exclure les enfants de
pauvres de l'Université.
Ça fait des économies pour les riches !!
Mais les pauvres ne sont pas les seuls visés par cette exclusion
de l'université.
Il y a aussi les créatifs enfants de la Formoisie des Innovants pas forcément bons élèves ayant des difficultés à obéir aux normes imposées par l'école.
Les rebelles posent toujours trop de questions … et énervent les profs… Ils sont perçus par l'institution COMME des enquiquineurs … et obtiennent rarement de bonnes appréciations … dans leur dossier scolaire, dossier scolaire qui va servir à sélectionner les étudiants à l’Université…
Parmi tous ceux qui n’entrent pas dans les codes de l’Éducation
Nationale… il n'est pas rare de rencontrer des personnes
extraordinaires ayant de grandes capacités d’analyse … et… qui
ont complètement raté leurs études… qui n’ont pas le bac…
même pas le brevet…
HANDICAPES MENTAUX OU INNOVANTS VICTIMES ?
En 2006, je travaillais en UPI (Unité Pédagogique d'Intégration)
en tant qu'Assistante d’Éducation auprès de collégiens
catalogués "handicapés mentaux" ....
Pourtant, dès que la situation ne ressemblait pas à une
situation scolaire, ils étaient parfaitement intelligents,
parfaitement capables… On jouait à des jeux de société, dont
certains classiques comme les dames et les échecs et il était
flagrant de voir à quel point ceux qui avaient été catalogués
"débiles" par l'institution scolaire étaient en réalité
intelligents....
"(...) l'école ne choisit d'enseigner que ceux qui satisfont, à chaque étape, aux mesures
approuvées et définies au préalable par le contrôle social." (Ivan Illich dans "Une société sans école" p 29)"
Donc leur sélection faites par des Parasites ayant détruit notre Terre est une exclusion de pleins d' HUMAINS COMPÉTENTS ET INTELLIGENTS A QUI ON REFUSE DE TRANSMETTRE LES DÉCOUVERTES INNOVATIONS DE NOS ANCÊTRES,
LE STOCK D'INNOVATIONS ANCESTRALES.
UNIVERSITÉ NE DOIT PAS ÊTRE
UN
CENTRE DE "RECHERCHES
AU SERVICE DES PARASITES PATRONS DU
CAC 40"
L'Université, c'est un centre de recherche.
"Une université est une
institution d'enseignements supérieurs, d'études et de
recherches, constituée par la réunion de divers
établissements nommés suivant les traditions « collèges »
ou « facultés », « instituts »,
« départements », « centres », « sections »,
« unités » ou écoles spécifiques, mais aussi
bibliothèque ou atelier, médiathèque ou musée… formant un
ensemble administratif cohérent avec un statut de droit défini,
public, privé ou éventuellement mixte. Sous cette égide légale et
administrative sont ainsi rassemblées ou monopolisées la production
(recherche),
la conservation (publications
et bibliothèques)
et la transmission (études
supérieures) de différents champs choisis d'études et de
connaissance."
Wikipédia
C'est le lieu au service de la science.
Le lieu où l'on peut faire des expériences, où l'on peut se
documenter, où l'on peut confronter avec d'autres ses réflexions,
hypothèses, analyses pour se rapprocher de la vérité scientifique.
Mais plus le capitalisme dégénère et plus il est opposé à la
véritable science.
La science est dangereuse pour eux puisque la science prouve que
ce sont eux les responsables de la destruction de la Terre, de la
faim dans le monde et de l'impossibilité pour la plus grande partie
de la population mondiale de se soigner.
Les sciences naturelles, physiques, mathématiques, historiques,
sociologiques montrent cela.
Pour empêcher cela, il est possible de favoriser une fausse
science.... et d'orienter les sujets de recherche et de manipuler les
étudiants thésards....
Mais ça ne suffit pas.... il y a toujours des brebis galeuses....
et des étudiants qui font des recherches gênantes pour le pouvoir
en place...
Alors autant supprimer tout court la recherche fondamentale.
Les réformes de ces dernières années comme la loi LRU en 2007
vont dans ce sens.
Mais Macron va encore plus loin que ses prédécesseurs. En tant
que représentant des banquiers et patrons du CAC 40, son objectif
est bel et bien de transformer les universitaires en "valets
des capitalistes patrons du CAC 40".
Leurs "recherches" seront orientées de façon à ce
qu'elles répondent aux intérêts des destructeurs de planète et
non pas aux 98% d'humains vivant sur la Terre.
Pascal Maillard, Professeur agrégé en littérature de
l'Université de Strasbourg définit l'Université de Macron :
"L’université Macron est fortement orientée
par une stratégie de professionnalisation et de soumission au
marché de l’emploi et au secteur privé. Mettre encore
davantage la recherche au service des entreprises du CAC 40, tel est
l’objectif de Macron." Médiapart
Lire l'intégralité de l'article de Pascal Maillard :
L’UNIVERSITÉ DE DEMAIN : UN
LIEU DE TRANSMISSION DU STOCK D'INNOVATIONS
ET DE DÉCOUVERTES
Ivan Illich dans
Une société sans école
démontre que le premier rôle de l'école dans les sociétés, ce
n'est pas de transmettre des connaissances mais de former des moutons
de Panurge prêts à accepter l'humiliation, l'injustice sans
broncher, ayant appris à obéir à l'ordre d'un supérieur
hiérarchique avant de réfléchir et d'analyser....
L'école
aggrave les inégalités et détruit le goût d'apprendre.
"Et qu'avons-nous appris, si ce n'est que de
contraindre les enfants à gravir l'escalier sans fin de l'éducation,
qui loin de conduire à l'égalité recherchée ne fait que favoriser
celui qui part en avance sur les autres ou qui se trouve en meilleur
santé ou bénéficie d'une meilleure préparation. Pire encore,
l'enseignement obligatoire semble miner la volonté personnelle
d'apprendre" p 189 Une société sans école, Ivan Illich
On voit bien que dès le CP les enfants sont conditionnés à
obéir bêtement à des ordres, qu'on ne respecte rien de leurs
besoins élémentaires comme celui de "bouger le corps" et
de parler, afin de les habituer à obéir....
Ensuite, on apprend à l'enfant à accepter l'exclusion de ses
camarades ; et que "pour réussir", il faut écraser les
autres. Les classements, les notes apprennent cela.
On désapprend la gentillesse et l'altruisme, valeurs humaines
primordiales.
Si l'école ne délivrait pas de diplôme et ne sélectionnait
pas, elle deviendrait un véritable lieu de transmission du savoir.
Ivan Illich l'avait bien compris.
"Une école égalitaire ne saurait exister dans
une société dans laquelle le droit de produire est conféré par
les écoles" p 219
La solution pour transmettre aux humains le stock des Innovations ancestrales et favoriser de nouvelles Découvertes ne viendra nie de l'université formoise proposée par le SNES, l'UNEF ou l'UNL... ni du modèle Macron ...
Les Universités et les écoles doivent devenir des lieux
d'échanges et de transmission de savoirs dans l'enthousiasme, des
lieux de recherche où les gens viennent librement et avec qui ils
veulent pour apprendre et découvrir.
CONCLUSION
Le plan étudiant d’Édouard Philippe est le plan des
capitalistes Parasites du CAC 40.
Un plan pour détruire complètement la recherche scientifique et
pour exclure de l'Université les pauvres et les rebelles.
Ce que souhaite Macron c'est une minorité de malades
consuméristes devenant créateurs de startups et une autre minorité
de miliciens idéologiques du capitalisme dégénéré endoctrinés
par Sciences Po.
Et une masse de techniciens qualifiés devenant les salariés des
premiers et votant pour les seconds.
Il faut une révolution pédagogique "j'apprends, quand je
veux, ce que je veux, avec qui je veux".
Une révolution pédagogique permettant de redémarrer la
véritable recherche scientifique et transmettre avec efficacité et
enthousiasme le stock d'innovations de nos ancêtres.