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lundi 24 novembre 2014

La situation des mulâtres à St Domingue en 1789 ressemble à celle de la formoisie de 2014 au Burkina Faso et dans toute l'Afrique



CLR James,
Grand Théoricien panafricain
historien des Antilles et
de la Révolution russe
 par Julie Amadis
#IpEaVàEaFàF
22/11/14

"Les mulâtres accumulaient des capitaux énormes et leur arrogance croissait avec leurs capitaux. Ils se portaient preneurs pour toutes les propriétés à vendre dans les différents districts, et faisaient tellement monter les prix que les Blancs qui n'étaient pas assez riches ne pouvaient les acheter ou se ruinaient à cette concurrence. Dans certains districts, les plus belles propriétés appartenaient à des demi-sang, qui d'ailleurs étaient les derniers à respecter le code du travail et les prestations en service publics." (p 69 CLR James, Les Jacobins Noirs) "Il faut savoir qu'une majorité de Burkinabè travaillant dans l'informel, la plupart des citoyens de pays arrivent difficilement à gagner plus de 20.000CFA par mois (30€) (Travailler au Burkina Faso)".

L'usage du mot "mulâtre" dans ce qui suit ne préjuge en rien de l'absurdité d'utiliser les mots "noir" et "blanc" qui ne sont plus des noms de couleur depuis 1704 et l'ouvrage Opticks de Isaac Newton.
nm Un mulâtre. Le blanc avec la noire, ou le noir avec la blanche produisent également un mulâtre dont la couleur est brune, c'est-à-dire mêlée de blanc et de noir ; ce mulâtre avec un blanc produit un second mulâtre moins brun que le premier ; et, si ce second mulâtre s'unit de même à un individu de race blanche, le troisième mulâtre n'aura plus qu'une nuance légère de brun qui disparaîtra tout à fait dans les générations suivantes. [Buffon, Quadrupèdes]

Résumé :
La situation des "mulâtres" à Saint Domingue en 1789 est identique à celle, en 2014, de la formoisie et de la proto-formoisie africaines au Burkina Faso et dans les autres pays du continent.
Après la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, le 26 août 1789, les "mulâtres" demandèrent à avoir les mêmes droits civiques que les colons "blancs". Ils ne voulaient pas d'alliance avec les esclaves. Ils n'étaient pas anti-esclavagistes.
Et, ils subissaient le racisme.
Ceux qui se nommaient "Les "Blancs" refusaient que les "mulâtres" aient les mêmes droits qu'eux car ce serait - le pensaient-ils - la porte ouverte à l'abolition de l'esclavage.
Les colons ne voulaient rien céder aux "mulâtres"'.
Les "Blancs" utilisaient avec eux les mêmes méthodes que celles utilisées avec les esclaves.
Vincent Ogé, militant de la cause mulâtre demandait la promulgation du décret du 8 mars 1790, décret qui prévoyait l'égalité des droits entre mulâtres et colons.

PAS QUESTION D'APPELER LES ESCLAVES A SE RÉVOLTER


Mais il n'était pas question pour lui d'appeler les esclaves à se révolter.
"Au lieu de les menacer du soulèvement des esclaves, il ne fit que les assurer par avance, en bon libéral qu'il était, qu'il ne fallait pas rien craindre de ce côté ; il faisait appel aux intérêts communs des blancs et des mulâtres, considérés comme propriétaires d'esclaves ! (p99 CLR James, les Jacobins noirs)
Les mulâtres ne menaçaient pas du tout les intérêts des esclavagistes blancs. Ils avaient les mêmes intérêts financiers qu'eux. Les mulâtres étaient nombreux à être propriétaires d'esclaves.

Seulement le racisme était plus fort que tout. Vincent Ogé paya de sa vie ce racisme. Les "blancs" finiront par devoir se rendre à l'évidence et accepter le décret qui prévoit l'égalité des droits entre "Blancs" et "Mulâtres".

Quand les esclaves vont entrer en scène et se révolter, le rapport de force sera différent. Les révolutionnaires français vont promulguer la loi du 4 février 1794 qui met fin à l'esclavage. Les colons blancs ne verront pas d'autres issues que de s'allier avec l'Angleterre pour chercher à mettre fin à l'esclavage.

De la même façon, tant que les plus pauvres en Afrique (c'est à dire la grande majorité de la population) ne se seront pas organisés en CDR et n'auront pas fait entendre leur voix, les esclavagistes franceàfricains continueront de se moquer des révolutionnaires formois et innovois en magouillant pour garder au pouvoir de nouvelles marionnettes colonialistes. C'est ce qui se passe actuellement au Burkina Faso !

LES AFRICAINS FORMOIS ONT EN HORREUR LES IMPÉRIALISTES FRANÇAIS ET LEURS VALETS DICTATEURS QUI LES GOUVERNENT


Les Africains subissent tous l'impérialisme français. Ils souhaitent dans leur grande majorité le départ des troupes françaises et des dictateurs. Ils savent bien que leurs dictateurs sont soutenus par la France.

Ils veulent un changement.

Mais les plus privilégiés d'entre eux, ceux qui sont diplômés - qui ont, pour une partie, fait des études supérieurs en Afrique et pour certains en France - ceux qui reçoivent des droits d'auteur comme les rappeurs du Balai Citoyen ou ceux qui sont à la tête d'entreprises, craignent les pauvres.
Ils voudraient ne plus être humiliés, ne plus vivre le racisme tout en conservant des revenus bien supérieurs à la moyenne.
Les révolutions qui débutent au Togo, au Tchad, au Gabon et au Burkina sont d'abord faites sous le leadership de ces intellectuels diplômés. On voit à travers les réseaux sociaux à quel point leur critique de la France et des dictateurs sont virulentes.

En résumé, ils veulent la fin de la Franceàfric et des dictateurs.

CES MÊMES AFRICAINS FORMOIS NE S'ALLIENT PAS
POUR AUTANT AVEC LES PAUVRES


Ils veulent la fin des dictatures mais ne vont pas chercher les pauvres. La raison est simple. Ils ne souhaitent pas partager avec le peuple.

 Les leaders des partis d'opposition dans ces pays n'appellent pas la population à s'organiser, à créer des CDR.

"EN APPELANT L’ARMÉE AU POUVOIR" (Samsk Le jah)

DANS LA NUIT DU 30 AU 31 OCTOBRE SMOCKEY, SAMSK LE JAH
ET LE BALAI CITOYEN APPELLENT L'ARMÉE
PARCE QU ILS CRAIGNENT LES PAUVRES


Avant même que Compaoré ait été destitué, les partis d'opposition comme le Balai Citoyen se sont retrouvés perdus.

Ils étaient pris entre deux feux. Être du côté de la bourgeoisie esclavagiste et magouiller avec eux en nommant les émissaires du régime de Compaoré comme Isaac Zida  ou choisir d'organiser le peuple afin qu'il désigne de véritable représentant en reprenant le combat de Thomas Sankara et en appelant la population à s'organiser en CDR.

"NOUS SOMMES DONC ALLÉS DEMANDER A L’ARMÉE
DE PRENDRE SES RESPONSABILITÉS"



Sams’K Le Jah, un des leaders du Balai Citoyen proclame lors d'une interview à AWAR BONYOLO
(association Burkinabè) :
" Nous avons fait au moins une dizaine de fois au cours de la nuit du 30 au 31 octobre, le tour de l’état-major, en chantant l’hymne national et en appelant l’Armée au pouvoir. Nous sommes donc allés demander à l’Armée de prendre ses responsabilités." (source)

Sams’K Le Jah, nous explique que, à peine la révolution démarre, qu'ils veulent déjà l'arrêter en appelant "l'armée au pouvoir".

C'est le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida qui prend les rennes du pouvoir dès le 1er novembre 2014, lui qui était le N°2 de la garde rapprochée de Blaise Compaoré.

SAM'S LE JAH VEUT "CALMER LES FOULES"

Le Balai Citoyen craignait en réalité d'être débordé par les pauvres.
Sams’K Le Jah dit plus loin :
 "Il fallait des leaders de mouvements citoyens pour calmer la foule afin qu’ils puissent livrer le message. C’est ce qui explique le fait nous étions avec eux, d’abord devant l’état-major, et ensuite à la place de la Révolution."(source)
Pourquoi "calmer la foule" ? La foule doit s'organiser, pouvoir s'exprimer. Les débordements de colère qui
Le Grand Thomas Sankara
pourraient amener à la violence doivent être canaliser par les CDR et par un service d'ordre composé de délégués librement choisis par la population.

Les révolutionnaires du tout début de la révolution française de 1789 avaient mis en place les cahiers de doléances.
Ces responsables politiques font une révolution au pays de Thomas Sankara, celui qui a inventé les CDR, ces comités de défense de la révolution permettant au peuple de s'organiser de s'exprimer et ils n'appellent le peuple ni à faire des CDR ni à exprimer ses revendications !


L'organisation qui s'est mise en première ligne lors des manifestations qui ont mis fin à la dictature de Blaise Compaoré - le Balai Citoyen - a trahi le peuple et s'allie avec la bourgeoisie esclavagiste en mettant , le lieutenant colonel Isaac Zida, numéro 2 de la garde rapprochée de Blaise Compaoré - au pouvoir le 1er novembre 2014.

D'autres au sein de ce groupe et au sein de cette même classe formoise ne veulent pas pactiser avec les émissaires de Compaoré et les assassins de Sankara. Ils se posent la question d'une alliance avec les pauvres. C'est en tout cas, ce qui transparait dans les débats sur les réseaux sociaux.

LA FORMOISIE DOIT FAIRE UN CHOIX :
ALLIANCE AVEC LES PAUVRES OU
AVEC LA BOURGEOISIE ESCLAVAGISTE


Cette formoisie africaine est prise en tenaille. Elle doit faire un choix.

Ce choix ne peut être que radical. On ne peut pas être à moitié avec les pauvres ou à moitié avec la bourgeoisie esclavagiste. La situation est telle que les faux semblants ne fonctionnent pas.

UNE FORMOISIE ESCLAVAGISTE EN HAITI EN 1789
TRAHISSANT COMME SERGE "SMOCKEY" BAMBARA

Pendant la Révolution Française de 1789, les êtres humains libres "de couleur", étaient dans la même situation que les manifestants formois Africains de 2014.

La discrimination et les humiliations étaient quotidiennes de la part des colons esclavagistes. Les descendants d'esclaves affranchis avaient en horreur ces "Blancs" et ne rêvaient que d'un monde sans eux.

C.L.R James nous décrit ce racisme de la part des colons :
"Tels étaient les gens pour qui les préjugés raciaux comptaient plus que de posséder des esclaves, même en petit nombre. La distinction entre un Blanc et un homme de couleur était à leurs yeux essentielle ; elle constituait le fondement de leur existence. Ils étaient capable de tout mettre à feu et à sang pour la préserver" (p 64, CLR James, Les Jacobins Noirs)

Mais ils étaient pour beaucoup propriétaires d'esclaves eux aussi. Ils avaient donc des intérêts financiers qui convergeaient avec ceux des colons.
"Ils (les mulâtres) accumulaient des capitaux énormes et leur arrogance croissait avec leurs capitaux. Ils se portaient preneurs pour toutes les propriétés à vendre dans les différents districts, et faisaient tellement monter les prix que les Blancs qui n'étaient pas assez riches ne pouvaient les acheter ou se ruinaient à cette concurrence.Dans certains districts, les plus belles propriétés appartenaient à des demi-sang, qui d'ailleurs étaient les derniers à respecter le code du travail et les prestations en service publics." (p 69 CLR James, Les Jacobins Noirs)

Ils ne voulaient pas que les esclaves se révoltent et encore moins que l'esclavage soit aboli.

Le 26 aout 1789, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen est votée.

Il y est inscrit à l'article 1 :

Art. 1er. Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune. (légifrance)

TOUS LES HOMMES NAISSENT ET DEMEURENT LIBRES ET ÉGAUX EN DROITS


L'application de cette déclaration revient à abolir l'esclavage et rendre aux mulâtres leurs droits civiques.
Les mulâtres étaient des libres affranchis. Ils descendaient tous d'esclaves. 
Les mulâtres de St Domingue avait bien compris que cette déclaration leur permettraient de gagner les mêmes droits que les "blancs" de l'île.

"Comment l'assemblée qui venait de proclamer les droits de l'homme , aurait t elle pu refuser d'écarter de ces hommes l'injustice qu'on leur faisait ?" CLR James, Les Jacobins Noirs, p 94

"Un quart à un tiers des esclaves de l'île appartenaient à des mulâtres"

Eux qui subissaient une humiliation quotidienne de la part des colons et une liste importante de discriminations rêvaient d'une société sans racisme. Ils souhaitaient que les gens ayant une peau plus foncée ait les mêmes droits que ceux qui avaient la peau claire. Mais ils étaient pour beaucoup propriétaires d'esclaves. Un quart à un tiers des esclaves de l'île appartenaient à des mulâtres. (source : hérodote.net)

Le dilemme se situe dans cette phrase pour les mulâtres " Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits." Ils sont des hommes comme les colons blancs. Par conséquent, les mêmes droits que les colons devraient être appliqués.

Les esclaves des mulâtres sont aussi des êtres humains. Ils ont donc aussi le droit aux mêmes droits qu'eux et ne peuvent rester esclave. Les mulâtres propriétaires d'esclaves doivent donc, de fait, relâcher leurs esclaves, les laisser libre.
Qu'en est-il donc de leur richesse accumulée sur le dos des esclaves ? Devraient ils donc la rendre aux esclaves ? 
 La question se pose et la réponse logique est oui.

MEME CONTRADICTION EN 1789 ET EN 2014


Ils sont donc, comme les leaders africains de 2014, pris dans cette contradiction dont se serviront les "Blancs".

Mais il n'y a pas 36 solutions pour eux. S'ils s'allient avec les esclaves, ils pourront mettre fin au racisme, aux humiliations. Mais ce sera la fin pour eux du commerce de l'esclavage.

S'ils s'allient aux "blancs", ils pourront peut être rester propriétaires d'esclaves mais continueront à subir les humiliations.

Les mulâtres vont tenter d'avoir le beurre et l'argent du beurre. Ils veulent vaincre les discriminations et gardant leurs esclaves.


Les colons de 2014 comme ceux de 1789 avaient bien compris les enjeux qui se cachaient derrière les revendications des privilégiés de couleur

Ils savent que s'ils réagissent positivement à ce débat c'est la porte ouverte aux revendications des plus pauvres.

CLR James montre très bien la relation existant entre le racisme et la spoliation économique.
Juste après avoir décrit le racisme des colons à l'égard des gens de couleurs, il écrit :
"Dans les deux cas, la raison est identique - justifier le pillage par n'importe quelle discrimination qui puisse servir ceux qui détiennent le pouvoir." p 73 CLR James, Les Jacobins Noirs

En 1789 les colons et les députés de l'assemblée refusaient que les mulâtres aient les mêmes droits car c'était entrer dans un débat qui permettrait aux esclaves de demander leur libération.

Cyril Lionel Robert James,
l'auteur du livre "Les Jacobins Noirs"
"Pour la bourgeoisie maritime de Nantes et de Bordeaux, l'abolition de l'esclavage signifiait la ruine. Il en était de même pour les propriétaires des esclaves sur l'île. Et aux yeux des « petits blancs », le maintien de l'esclavage et des distinctions raciales était essentiel. A maintes reprises, dans l'histoire de la colonie, ils ont montré qu'ils ne reculaient devant aucune atrocité pour les préserver." CLR James, Les Jacobins Noirs

Les colons ne voulaient rien leur céder.

Si les députés de l'Assemblée avaient fini par céder sous la pression, entre autres des amis des noirs, en proclamant le 28 mars 1790  le droit de vote à « toutes personnes libres âgées de 25 ans accomplies, propriétaires d'immeubles. », les colons ne l'entendaient pas de cette façon et refusaient l'application de cette loi.

Comme il n'était absolument pas question pour les mulâtres d'appeler les esclaves à se soulever, les colons ont profité de cette demie lâcheté. Ils ont cru le rapport de force en leur faveur, la masse des esclaves étant absente. Et les colons ont réprimés très durement les révoltes de mulâtres, allant jusqu'à utiliser les pires tortures.

"Les blancs torturèrent Ogé et ses compagnons tout au long d'un procès qui dura 2 mois. Ils les condamnèrent à être présentés par le bourreau devant la grande porte de la cathédrale, en chemise, les cheveux coupés, la corde au cou, à genoux, cierges à la main ; à confesser leurs crimes et demander leur pardon, puis à être exposés au pilori, à se voir les bras, les jambes et les coudes rompus sur un échafaud, pour être enfin liés sur des roues, face au ciel, et abandonnés ainsi tant qu'il plairait à Dieu de le maintenir en vie. On devait ensuite les décapiter et confisquer leurs biens. Les discriminations raciales persistaient même dans la mort." ( p 99 CLR James, Les Jacobins Noirs)

Ogé agit de la même façon que l’opposition du Togo, du Tchad et du Burkina qui arborent l'image de Sankara sans vouloir utiliser ses idées en faveur des pauvres.
Sankara était un formois qui avait choisi le camp des pauvres et l'a assumé jusqu'au bout. Il avait réfléchi à un système qui permettrait aux pauvres d'être représenté et de s'organiser qu'il nomma les Comités de Défense de la Révolution
Ces fameux CDR les partis d'opposition formoise refuse de les mettre en place, ils n'appellent pas les quartiers pauvres à s'organiser. Ils comptent faire la révolution seule pour avoir ensuite les rennes du pouvoir et garder leurs privilèges.

Vincent Ogé, leader du mouvement des mulâtres en 1789, revendique l'application du décret du 27 mars 1790 qui veut que les mulâtres aient les mêmes droits civiques que les Blancs.

Vincent Ogé précise au gouverneur et à l'Assemblée provinciale qu'il se fout complétement du sort des esclaves, histoire de les rassurer et croyant naïvement que en jouant dans la même cour qu'eux, ils le respecteraient.
Vincent Ogé déclare : « Je ne comprends pas dans mes réclamations le sort des nègres qui vivent dans l'esclavage »

C.L.R James fait l'analyse suivante :
"Au lieu de les menacer du soulèvement des esclaves, il ne fit que les assurer par avance, en bon libéral qu'il était, qu'il ne fallait rien craindre de ce côté ; il faisait appel aux intérêts communs des Blancs et des mulâtres, considérés comme propriétaires d'esclaves." p 99 CLR James, Les Jacobins Noirs

LES MULÂTRES VONT FINIR PAR S'ALLIER AVEC LES ESCLAVES EN 1791 : CE SOULÈVEMENT ABOUTIRA A
L'ABOLITION DE L ESCLAVAGE LE 4 FÉVRIER 1794

Les mulâtres verront l'application du décret appliqué à partir du moment où ils vont s'allier avec les esclaves.
Les esclaves sont beaucoup plus nombreux qu'eux. St Domingue compte 500000 esclaves et seulement 40000 affranchis. (source : hérodote.net)

Le 22 aout 1791, les esclaves de St Domingue se soulèvent.
"Des centaines de sucreries et de caférières (plantations de café) sont détruites. Les Blancs eux-mêmes sont massacrés par centaines. C'est le début d'une longue et meurtrière guerre qui mènera à l'indépendance de la prospère colonie.
Les insurgés noirs ne tardent pas à recevoir le soutien des affranchis, irrités que les représentants de l'Assemblée nationale aient fait exécuter plusieurs d'entre eux, dont le célèbre Vincent Ogé." (source : hérodote.net)
Les mulâtres vont très vite rejoindre le combat des esclaves. Les mulâtres ont fini par choisir le bon camp,
Toussaint Louverture
celui des plus opprimés et des plus pauvres. A partir de ce moment, la "révolution" prend une autre tournure.
Le chef de la révolte des esclaves sera un mulâtre propriétaire d'esclaves, Toussaint Louverture.
"Les premiers combats révèlent les talents militaires d'un cocher de 48 ans nommé François Toussaint. Fils d'un Africain du Bénin, il a reçu une éducation sommaire. Affranchi quinze ans plus tôt, en 1776, il a pu acquérir une propriété de 13 hectares et vingt esclaves !" (source : hérodote.net)

BIENTÔT LA FIN DE DES SALAIRES A 30 EUROS PAR MOIS EN AFRIQUE


Cyril Lionel Robert James écrit à propos de la suite logique des événements qui a mené au soulèvement des esclaves :
"Cependant, de même que le conflit d’intérêts entre la bourgeoisie et la monarchie, en France, avait ouvert un espace pour l’entrée en action des masses parisiennes, le conflit entre les blancs et les mulâtres de Saint-Domingue déclencha la révolution des esclaves, qui éclata dans la nuit du 22 au 23 août 1791"
De même le conflit entre la Formoisie africaine et les impérialistes français va déclencher la révolution des nouveaux esclaves du 21 ème siècle. De ceux qui ne peuvent ni se nourrir ni se soigner avec la maigre pitance qu'ose leur remettre les colonialistes français en échange de leur dure travail.

La bourgeoisie esclavagiste des Bolloré, Bouygue and co fera comme "Le Club de l’Hôtel Massiac" pendant la révolution française, elle ne cédera rien à la formoisie Africaine tant qu'elle ne s'alliera pas avec les pauvres.

Les Africains formois et innovois vont-ils s'allier avec les Africains payés autour de 30 euros par mois (revenu au Burkina le plus fréquent source) pour mettre fin à la malnutrition, au travail des enfants, au manque de soin ... ?
Ou vont-ils tout faire pour saboter la révolution potentielle des plus pauvres ?



















mercredi 19 novembre 2014

La Maison de la Justice et du Droit ou la "justice pour les pauvres" en France

La Maison de la Justice et du Droit ou la "justice pour les pauvres" en France

 
par Julie Amadis
#IpEaVàEaFaF
Le 19/11/2014
"J'ai attendu pendant trois heures et quart pour une consultation de dix minutes"


Beaucoup de Français n'ont pas les moyens de payer 100 euros une consultation d'avocat.
Ils n'ont pas d'autre solution que d'aller à la Maison de la justice et du droit afin de pouvoir rencontrer un avocat.
 Celui qui est assez pauvre pour ne pas pouvoir se payer un avocat est - par définition pour ceux qui sont au pouvoir - un assisté.
Un assisté a - dans la tête de ces gens bien-pensants qui se donnent bonne conscience en mettant en place "la justice de la maison et du droit"- du temps à perdre.
L'assisté n'a pas d'horaire et est libre le vendredi toute la matinée.

LE PAUVRE DOIT ÊTRE DISPONIBLE TOUTE LA MATINÉE DU VENDREDI

 Le pauvre doit être entièrement disponible le vendredi matin. Il ne doit pas travailler.
En effet, le seul jour de permanence gratuit avec un avocat, c'est le vendredi !
Apparemment ceux qui sont au pouvoir ne sont pas au courant que beaucoup de gens qui n'ont pas les fonds nécessaires pour payer la consultation d'un avocat travaillent.
Ils ont souvent un emploi partiel ou accumulent les intérims....  mais ils travaillent.

PERDRE UNE MATINÉE DE SALAIRE POUR SE RENDRE
A LA MAISON DE LA JUSTICE ET DU DROIT

Dans la salle d'attente  ce vendredi 7 novembre, la grande majorité des gens qui attendaient ont un emploi.
J'ai posé la question à l'une d'entre elle :
- Mais comment avez-vous fait, alors, pour pouvoir venir ?
 - J'ai pris la matinée de congé pour pouvoir venir. Et elle ajoute : "moi j'ai de la chance, ce n'est pas mon salaire qui va en prendre un coup. Je peux récupérer ma matinée".
Les salariés peuvent, en plus, perdre de l'argent pour se rendre dans cet établissement que l'on nomme "la maison de la justice et du droit".
Ceux qui ont les moyens de payer un avocat, peuvent, eux, choisir leur rendez vous en fonction de leurs disponibilités !

SEULS LES 10 PREMIERS ARRIVES SONT REÇUS PAR L'AVOCAT

 Comme ce sont les 10 premiers qui sont reçus et que le 11ème arrivé se sera déplacé pour rien,  les gens viennent très en avance pour avoir la chance d'être acceptés dans l'établissement.
La personne arrivée la première était là depuis 7H30 soit une heure avant l'ouverture !
Quand je suis arrivée à 8H25 (j'étais la dixième !), il y avait tous ces gens, qui attendaient, dans le froid, debout, devant une porte.

LE PUBLIC DOIT ÊTRE LA A 8H30 MAIS L AVOCAT POUR LUI C EST 9H !

Mais tenez vous bien, l'irrespect du pauvre ne s’arrête pas là.
Les portes ouvrent à 8H30 mais l'avocat arrive lui à 9H !
L'avocat de ce vendredi 7 novembre n'était pas en retard, cela fait partie de l'organisation de cette institution.
 Dès que les portes ouvrent, nous nous mettons en file indienne par ordre d'arrivée.
Personne n'essaie de tricher. On entend même :
"Ah monsieur, je pense que vous êtes arrivé avant moi, passez devant"
Chacun notre tour, nous nous présentons à l'accueil. On nous remet un petit papier avec un numéro. J'étais la dixième arrivée, j'avais le numéro 10.

J'AI ATTENDU PENDANT 3 HEURES ET QUART
DANS UNE SALLE D ATTENTE
POUR UNE CONSULTATION DE 10 MINUTES

Comme on attend entre 30 minutes (la première personne arrivée) et trois heures et quart (pour la dixième personne), on a le temps de se parler dans la salle d'attente.
La plupart des gens étaient là parce qu’ils avaient une ou deux questions d'ordre juridique à poser.
Il y avait des affaires de tutelle, d'assurance...
L'histoire de cette dame d'une soixantaine d'année m'a particulièrement marquée parce qu'elle est symptomatique de ce qu'est la justice pour les gens d'en bas.

UNE DAME VICTIME DE SOFINCO MENÉE
EN BATEAU PAR LA JUSTICE FRANÇAISE

 C'était la quatrième fois qu'elle venait ici.
Cette dame a entamé une procédure contre Sofinco, organisme de crédit. Elle est victime de cette société pour un contrat à son nom sans qu'elle en ait donné son accord. C'était pour un crédit à la consommation.
Les conséquences ont été énormes dans la vie de cette personne.
Elle a subit les menaces d'huissier.
"Ils ont même réussi à faire pleurer ma petite fille" raconte cette dame.
C'est la petite qui avait décroché le combiné et était tombé sur les menaces d'un huissier au Havre. Cette dame a vécu les saisies, l'inscription au fichier des impayés ...
 Cette dame est coriace. Elle a décidé de ne rien lâcher. Faute de moyens suffisants, elle se bat seule dans ce labyrinthe qu'est la justice française. Et elle se fait mener en bateau.
 Elle a monté tout le dossier seule. Elle m'a expliquée avoir vérifié plusieurs fois le dossier, elle a tout numéroté. Elle a rédigé ses conclusions elle même.

LA JUGE INTERDIT A CETTE DAME HARCELÉE DEPUIS DES ANNÉES
DE DEMANDER PLUS DE 4000 EUROS DE DOMMAGE ET INTÉRÊT

Mais voilà, Sofinco n'était pas présent à l'audience. Et au lieu de tout faire pour aider cette victime qui fait face à une grosse société en face d'elle, la juge du Tribunal d'Instance lui demande de.... réécrire ses conclusions.... en l'accusant de trop demander :
"La juge elle m'a dit de revoir le dossier. Elle m'a dit que je demandais beaucoup trop de dommages et intérêts, que l'on ne pouvait pas demander plus de 4000 euros. Mais je lui ai dit que c'était de toutes les façons elle qui décidait. Elle m'a aussi dit que ce n'était pas au Tribunal d'Instance de juger cela mais au Tribunal de Grande Instance. Pourtant je m'étais bien renseignée et on m'avait dit le Tribunal d'Instance.  Alors je viens ici pour qu'on m'explique ce que je dois faire. "

31000 euros pot de fer VS 4000 euros pot de terre

Pour une société qui gagne des millions et qui harcèle une personne qui est interdite de prêt et fichée c'est au maximum 4000 euros de dommages et intérêts que la justice autorise !
Pour une institutrice qui n'a pas écrit un article anti-françafrique c'est 31000 euros !
Il y a belle et bien 2 justices, la justices des riches et des pauvres. La justice des puissants et des misérables.
Cette personne a passé beaucoup, beaucoup de temps pour se défendre seule. Parce qu'elle n'a pas les moyens de se faire aider d'un avocat.
Mais la juge la prend de haut et elle n'est pas prête d'avoir gain de cause... Elle a dépensé beaucoup d'énergie pour un résultat qui sera peut être nul. Sofinco connait les ficelles et sait bien que la justice est faite pour eux.
Cette dame pauvre est doublement victime. Victime de cette société et victime de la justice française.

10 MINUTES POUR APPRENDRE QU'AUCUN AVOCAT
AU HAVRE NE PEUT ME DÉFENDRE

Ouf Il est 11H45. Mon tour est arrivé !
Ils sont deux dans le bureau : un avocat et sa stagiaire.
L'entretien va durer à peine 10 minutes. Je voulais savoir comment faire pour entamer une procédure contre l’Éducation Nationale. On m'a rétorqué que ce n'est pas ici que l'on pouvait répondre à ce genre de question.
Alors j'ai demandé quel avocat au Havre pourrait m'aider.
La réponse a été très claire. Aucun avocat ne peut me défendre à part un.
Et l'on me donne le nom du premier avocat que j'étais allé voir au printemps 2012.....
J'étais poursuivie pour diffamation dans un article que je n'avais même pas lu.
Il avait refusé de m'accompagner à la convocation policière en m'expliquant que je n"avais pas le droit de réclamer le statut de "témoin assisté".
De façon peu aimable.
La cour de Cassation lui avait donné tort le mois suivant et la plainte (lancée 11 mois après l'article que je n'avais pas écrit ) avait été classée sans suite par le procureur..... qui "oublia" de m'en informer..... comme il "oublia" aussi de répondre à mon courrier demandant le contenu de cette plainte)
Ce vendredi matin, je me suis contentée de dire que cet avocat havrais, je l'avais déjà vu... mais que....
Il m'a coupé la parole en disant que si "ça passe pas avec lui...."
"Pour une telle affaire, il faut un avocat médiatique"  ajouta-t-il.

LA MAISON DE LA JUSTICE ET DU DROIT :
UN SIMULACRE DE JUSTICE ET DE DROIT

Voilà ce que l'on trouve sur le site institutionnel vie publique comme définition de la maison de la justice et du droit :
"Les maisons de justice et du droit (MJD) ont été créées par une loi de 1998 afin d’assurer dans les quartiers des grandes agglomérations une présence judiciaire de proximité, de concourir à la prévention de la délinquance et à l’aide aux victimes, de garantir aux citoyens un accès au droit, et de favoriser les modes alternatifs de règlement des litiges du quotidien." (Vie publique)

DÉCOURAGER LES PAUVRES D'ENTAMER UNE PROCÉDURE :

LE VÉRITABLE RÔLE DE CETTE STRUCTURE

L'objectif affiché est donc d'aider les plus pauvres à accéder à la justice.
Mais dans les faits, on voit bien que tout est fait pour décourager les pauvres d'entamer une procédure.
Donc, cette institution a comme unique fonction de donner l'illusion qu'il y a une justice en France.
Donner bonne conscience aux plus riches. Ils peuvent se mentir ensuite et se dire "les pauvres peuvent aussi se défendre. La justice est faite pour tous."
Quand on a eu affaire avec la justice, que l'on a vu a quel point elle existe pour protéger la Franceàfric et les agresseurs d'enfants dans les écoles. Quand on entend des témoignages comme celui de cette dame victime de Sofinco on rigole en lisant sur la devanture du bâtiment : " Maison de la justice et du droit".
 La justice est censé régner dans ce lieu. Mais même dans ce lieu, elle n existe pas.
Aucun respect du pauvre, de ses disponibilités, de son temps, de ses activités et de son travail à l'extérieur.
L'avocat représente la société alors on lui permet d'arriver une demie heure après le peuple. Il se comporte comme un seigneur avec ses paysans, comme le patron avec ses ouvriers ...
R Boure et P Mignard décrivent fidèlement ce qu'est la justice dans un État comme le notre :
"L'Etat est essentiellement un pouvoir armé et il n'existe qu'un appareil répressif d’État constitué de différentes branches : gouvernement, parlement, armée, police, justice, administration ... Cet appareil correspond à la société politique définie par Gramsci." p 38 La crise de l'institution judiciaire, R Boure/ P Mignard
Si un avocat parisien ami des pauvres, ennemi de l'esclavage à 50 euros en Afrique et pensant que les violences exercées contre les enfants sont passibles des sanctions prévues dans l'article 222-13... si cet avocat a le courage de s'en prendre à deux lobbies très puissants, celui contre les enfants et celui contre les Africains, qu'il n'hésite pas à mon contacter. Il est temps que les gens qui me harcèlent depuis 2008 aient des comptes à rendre avec la justice. Même celle-là.

lundi 17 novembre 2014

Burkina Faso, Tchad, Gabon, Togo ! Les Africains font leur révolution. C'est bientôt la fin de la Franceàfric !

Par Julie Amadis
#IpEaVàEaFàF
17/11/2014


C'est le début de la fin des dictateurs en Afrique ! Ces dictateurs ont régné pendant des années et des années en laissant leur peuple dans la misère !
Les Blaise Compaoré, les Ali Bongo, les Idriss Déby, les Faure Gnassingbé ... durent parce qu'ils sont soutenus par la France !
Des dictateurs qui sont en fait les pantins des Bolloré, Bouygues and co qui installent leurs entreprises dans ces pays et paient les gens autours de 50 euros par mois !

Antoine Glaser résume sa pensée au Huffington Post :
"Pour certains en France, notamment chez les militaires, des chefs d’État comme Compaoré, Sassou N'guesso (Congo) et Idriss Deby (Tchad) sont toujours considérés comme des piliers de la stabilité régionale", déplore-t-il. (Huffington Post)

LA RÉVOLUTION BURKINABÈ OUVRE LA VOIE DES RÉVOLUTIONS EN AFRIQUE


La révolution Burkinabè a montré la voie. Les Burkinabè ont réussi par des manifestations pacifiques de masse à destituer Blaise Compaoré ! Le plus important des dictateurs franceàfric !
"Dès son arrivée au pouvoir, François Hollande a mandaté Laurent Fabius pour se rendre à Ouagadougou en juillet 2012, en pleine crise malienne, pour faire du Burkina de Compaoré le médiateur privilégié de la France.
Fabius avait alors insisté sur le fait que :« La France et le Burkina Faso sont amis de longue date. Les relations entre nos gouvernants sont excellentes. »" (BellaCio)

Les Africains de tous ces pays sous tutelle française se sentent pousser des ailes... Ils ont repris espoir ! La misère n'est plus vécue comme un destin à subir mais comme la conséquence du pillage de leur propre richesse. Et les Africains ont décidé d'y mettre fin.

LE PAYS DE THOMAS SANKARA


Cette révolution a lieu dans le pays de Thomas Sankara !
Ses idées vont forcément être étudiées par tous ceux qui veulent un changement radical en Afrique. Comme le disait si bien Thomas Sankara qui sentait son assassinat arriver "" 
On peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer ses idées". 
La France et Blaise Compaoré ont tué Sankara.
 Mais ses idées sont restées à jamais gravées dans les mémoires des Africains. Et la révolution 2014 est portée par lui.
"Être en mesure de faire descendre dans la rue le quart de la population d'une capitale de deux millions d'habitants, comme les opposants burkinabè sont parvenus à le faire le 28 octobre - après plusieurs répétitions générales ces derniers mois - est une gageure assez peu imaginable à Brazzaville, à Kinshasa ou à Bujumbura et totalement fictive à Kigali. Qu'y a-t-il d'ailleurs de commun entre l'histoire et les peuples du Burkina Faso et du Rwanda pour penser que les aspirations des uns coïncident obligatoirement avec celles des autres ?
Le pays des hommes intègres a montrer le modèle. "
Le peuple burkinabè est le premier à prendre le flambeau de la révolution.
 L'étincelle est lancée.
Rien ne pourra plus l'arrêter.

PARTOUT ON MANIFESTE DANS LES PAYS
SOUS LE JOUG DE LA FRANCEAFRIC

Idriss Déby et François Hollande
Blaise Compaoré, Idriss Déby, Ali Bongo, Faure Gnassingbé sont des amis de la France.


Blaise Compaoré a été destitué par son peuple le 31 octobre dernier. Les trois autres subissent de grandes révoltes dans leur pays qui vont peut être devenir des révolutions.



 
Faure  Gnassingbé et François Hollande
Francois Hollande et Ali Bongo en juillet 2012. Ali Bongo avait affirmé ce jour là que la « Françafrique » était « une question qui n’existe pas », tout en soulignant « la formidable amitié » franco-gabonaise. (source)



Blaise Compaoré et François Hollande : deux amis qui s'entendent bien

Au Burkina le quart de la population était descendu dans la rue le 28 octobre (source Jeune Afrique).

TCHAD CONTRE IDRISS DEBY



Au Tchad, des manifestants protestent contre la vie chère.
Pendant 2 jours, les jeunes ont manifesté dans les rues de N'Djaména.
On remarque que les premières manifestations qui ont mis fin au pouvoir de Blaise Compaoré était aussi pour protester contre cherté de la vie. Ce sont les syndicats de fonctionnaires qui ont appelé dans un premier temps à cette manifestation avec pour mots d'ordre la baisse du prix du carburant et l'augmentation de leur pension.
Comme toute les classes privilégiés et comme dans toutes les révolutions, les fonctionnaires sont retournés chez eux à peine Idriss Déby leur a donné ce qu'ils voulaient. Mais comme en 1789 en France où la révolte des nobles avait entrainé la révolte de la petite bourgeoisie et des paysans et avait conduit à une révolution, ce qui devait n'être qu'une petite révolte de la classe formoise devient un début de révolution.
Le peuple est retourné dans la rue avec des mots d'ordre plus révolutionnaires, mettant en cause le fonctionnement même du régime. Il critique le fait que ce ne soit pas la population qui profite de l'énorme richesse du pétrole !
"Ce mot d'ordre de boycott du pétrole laisse entrevoir clairement que c'est du système Déby dans son ensemble que le peuple Tchadien ne veut plus." (source camer.be)

GABON CONTRE ALI BONGO

Au Gabon, le 11 novembre les manifestants ont envahi l'Assemblée Nationale. le syndicat des Travailleurs Gabonais Vaillants (TGV) a donné un ultimatum au gouvernement. Si les revendications ne sont pas satisfaites, ils reprendront les manifestations. Les fonctionnaires du pays ont fait grève le même jour. Voici leurs revendications :
"Les syndiqués qui se plaignent de ce que la PIP tarde à être payée, réclament la régularisation des situations administratives, la valorisation du Smig et du point d’indice, la valorisation de la pension retraite, le redéploiement des agents publics sans emplois, la révision des conventions collectives et du Code du travail et la réduction du coût de la vie." (source : Gabon Review)

Les Gabonais devant l'Assemblée Nationale le 11 novembre 2014

Le 13 novembre, les manifestations reprennent en direction cette fois du Palais de Justice. Les manifestants contestent l'authenticité de l'acte de naissance du Président Ali Bongo. Les policiers ont bloqué les manifestants.Nous voyons sur la photo ci - contre des policiers bloquer l'accès au tribunal.


TOGO CONTRE FAURE GNASSINGBE

Au Togo, un appel à manifester est lancé pour le 21 novembre ! Les organisations de l'opposition  réclame "les réformes constitutionnelles avant la présidentielle 2015" (source : Koaci.com)
"Une partie de l’opposition togolaise sera dans les rues le 21 novembre prochain pour réclamer la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles préconisées par l’Accord politique global (APG) ainsi que les recommandations de la Commission vérité justice et réconciliation (CVJR)." (source : Togoactualité)
Au Togo la mobilisation dure depuis le printemps 2012. Cela fait deux ans et demi que la population tente d'en finir avec la dictature.

LA FIN DE LA FRANCEàFRIC

C'est la fin des pantins dictateurs de la Franceàfric. Même les journalistes qui ne sont pas révolutionnaires en sont bien convaincus.

écrit le 14 novembre 2014
"Le test burkinabè a été vécu par eux comme un avertissement sans frais, et par leurs opposants comme une source d'inspiration. Partout, y compris dans des pays où les limitations de mandats ne sont pas en jeu, mais où des élections présidentielles auront lieu bientôt (Togo, Gabon, Djibouti, Ouganda...), ces derniers tentent déjà de surfer sur la vague venue de Ouaga, quitte à jouer avec le feu."

DES MANIFESTATIONS PACIFIQUES FACE A DES FORCES GOUVERNEMENTALES QUI BLESSENT ET TUENT


Au Burkina comme ailleurs, les manifestants sont pacifistes. Ils n'utilisent en aucune façon la violence. Pourtant la violence ils la subissent depuis des années ! Absence totale de liberté d'expression, assassinat des opposants politiques, travail des enfants !


Au Burkina, 55 % des enfants ne sont pas scolarisés, 59,1 % de la population vit dans un bidonville, 26 % de la population est sous alimentée ! (source statistiques Burkina Faso) Au Tchad, 64 % des enfants ne vont pas à l'école, 3 % de la population possède l’électricité. (source statistique Tchad).
Le Gabon est nettement moins pauvre que les deux précédent pays. Mais quand même. 40 % de la population n'a pas accès à l’électricité ! Et 38,7 % de la population vit dans un bidonville ! (source statistique Gabon)

Malgré cette violence subie par les colonialistes français et ses pantins dictateurs, les Africains manifestent sans violence ! Ils réclament dignement leur dû !

Mais la réaction est violente !!! Ces gouvernements franceàfric ne savent pas utiliser autre chose que la violence !

Au Burkina, lors des manifestations du 28 au 31 octobre, le pouvoir en place envoie des bombes lacrymogènes sur les manifestants.

Au total il y aura une 30ène de morts et une 100ène de blessées. (source wikipédia)


Au Gabon, jeudi 13 novembre alors que la population se dirige vers le Palais de Justice de Libreville; les forces de l'ordre ont envoyé des gazes lacrymogènes en direction des manifestants.
Photos prises lors de la manifestation du 13 novembre à Libreville
Source : Gabonreview


Un journaliste de Eburninews décrit précisément la scène :

"Le face-à-face a duré près d’une heure, avant que la police ne lance les premiers gaz lacrymogènes et ne tire en l’air. On a compris qu’ils ne laisseraient pas rentrer la foule dans le palais de justice, pour éviter ce qu’il s’est passé au Burkina Faso [les manifestants avaient pénétré et incendié l’Assemblée nationale et des domiciles de proches de Blaise Compaoré le 31 octobre, NDLR]. Les leaders de l’opposition ont demandé à la foule de rebrousser chemin lorsque les policiers ont commencé à tirer en l’air. Dans les échauffourées, Jean Ping, l’un des leaders de l’opposition, a évité de peu une bombe lacrymogène [aucun blessé n’a pour l’heure été enregistré, NDLR]."(source Eburnienews)



Au Tchad, les manifestations du 11 novembre ont fait selon le journal camer.be un mort et des dizaines de blessés (source camer.be).
  Mais selon une source militante de la blogosphère, il n'y aurait pas 1 mort mais 2.
"Selon nos sources, les manifestations de ce mardi 11 novembre 2014, ont causé la mort de deux personnes à Sarh et deux autres à Oualia à Ndjaména." (source)
Au pays des hommes intègres, au pays de Thomas Sankara, la révolution est de retour. Et elle embrasera cette fois toute l'Afrique.

« L’esprit de liberté, de dignité, de compter sur ses propres forces, d’indépendance et de lutte anti-impérialiste doit souffler du Nord au Sud, du Sud au Nord et franchir allègrement les frontières. D’autant plus que les peuples africains pâtissent des mêmes misères, nourrissent les mêmes sentiments, rêvent des mêmes lendemains meilleurs. » Thomas Sankara (source)

Voir aussi :

Rassemblement à Ouagadougou : les Burkinabè ne veulent pas que leur révolution leur soit confisquée



Hollande & la Franceàfric dorment près d'un Vésuve en imaginant encore pouvoir soutenir les dictateurs africains !



samedi 15 novembre 2014

Hollande & la Franceàfric dorment près d'un Vésuve en imaginant encore pouvoir soutenir les dictateurs africains !

Cet article a été censuré par l'Obs
après avoir été vu par 21 personnes en quelques minutes
 Le prétexte est
 Bonjour Julie Amadis Après lecture et analyse attentive de votre article du 15.11.14 17h54 par notre équipe de modération, celui-ci a dû être retiré de la publication en raison de sa non-conformité vis-à-vis de la charte d’utilisation du NouvelObservateur. Nous tenons à vous assurer que nous faisons tout notre possible pour accepter le plus grand nombre de messages et que tous nos modérateurs sont tenus à une stricte obligation d’impartialité. La neutralité de leur analyse est d’ailleurs régulièrement vérifiée par un superviseur. Toutes les opinions sont acceptées dans la limite des règles définies dans la charte éditoriale et sous réserve de les exprimer de manière courtoise, argumentée, et sans agressivité. Le motif de retrait de votre participation est : Propos potentiellement diffamatoires Des éléments de votre article ont été considérés comme étant potentiellement diffamatoires : -Soit parce que les affirmations formulées dans votre article envers des personnes/entreprises/organisations/associations n’ont pas été attestées de façon formelle par la justice ou les médias (exemple : condamnation par un tribunal, article de journal local ou national) -Soit parce que cette affirmation n’est pas rapidement vérifiable, avec les outils de recherche dont nous disposons, auprès des grands médias, des sites Internet d’information et des encyclopédies. Les pages personnelles, les blogs ou les commentaires sur des forums ne peuvent pas être considérées comme des sources fiables. Cordialement, L’équipe de modération Ps : pour rappel, le texte de votre article était: ---
Malgré cette scandaleuse censure, 187 lecteurs ( samedi et dimanche ) sont venus néanmoins lire les articles précédents. Ce sont 673 pages qui ont été lues par ces 187 lecteurs. Soit 3,6 pages en moyenne par lecteur.
Avec un intérêt tel pour mon blog
#IpEaVàEaFàF, on peut comprendre que le président de la République et les censeurs à son service à l'Obs puissent commencer à s'affoler.
Ils savent en effet que ce sont des dizaines de milliers de Français qui seraient intéressés par son contenu si la censure ne venait pas empêcher la vérité d'arriver sous les projecteurs. Que ce soit la vérité sur les enfants agressés dans les écoles par mes collègues, la vérité sur ma ministre qui tape ses propres enfants, ou la vérité sur l'Afrique et le soutien de Hollande aux dictatures criminelles.
LIRE AUSSI

mercredi 5 novembre 2014

Assassinat politique : ils ont tué Rémi Fraisse parce qu'il militait pour sauver notre belle planète

Cet article avait été publié sur mon blog du Nouvel Observateur le 05.11.14 à 18h31. Il a été censuré ! Pour le motif suivant : " Le motif de retrait de votre participation est : "Autre motif non précisé"

COPIE DU NOUVEL ARTICLE CENSURE SAMEDI PAR L'OBS

Hollande & la Franceàfric dorment près d'un Vésuve en imaginant encore pouvoir soutenir les dictateurs africains !

Par Julie Amadis Le Vésuve de la #GRA Grande Révolution Africaine près à mettre en feu la slavoisie par Julie Amadis #IpEaVàEaFàF 15/11/14   CLR James écrit à propos de la révolution des esclaves à St Domingue qui a mis fin au...
Le 17/11/2014 à 09h30
révolution burkinabè du 30 octobre 2014,franceàfric,clr james,blaise compaoré,”les jacobins noirs”

Le Vésuve de la #GRA
Grande Révolution Africaine
près à mettre en feu la slavoisie
par Julie Amadis
#IpEaVàEaFàF
15/11/14

CLR James écrit à propos de la révolution des esclaves à St Domingue qui a mis fin au système esclavagiste :
"Mirabeau avait dit, il est vrai, que les colons dormaient au bord d'un Vésuve mais on répétait la même chose depuis des siècles, et les esclaves n'avaient jamais bougé." (p 82 83 CLR James, Les Jacobins Noirs, 1938)

LES ESCLAVAGISTES FRANÇAIS NE SE RENDENT PAS COMPTE
QU ILS SONT A LA VEILLE D'UNE
ÉNORME RÉVOLUTION AFRICAINE



Les grands patrons français comme Bolloré et Bouygues et leurs valets comme Hollande, Sarkozy ... sont comme les colons de St Domingue au XVIIIème siècle.
Ils sont à la veille d'une énorme Révolution qui va embraser toute l'Afrique mais ils croient encore que tout va rester comme avant.

HOLLANDE EXFILTRE LE DICTATEUR COMPAORE


Hollande ne semble pas avoir compris que le rapport de force avait changé de camp !
Il continue à se compromettre au côté de Blaise Compaoré au point de l'exfiltrer vers la Côte d'Ivoire.
"Contacté par le HuffPost, le ministère des Affaires étrangères n'a pas commenté ces informations. Mardi en fin d'après-midi, François Hollande est finalement revenu sur le sujet, semblant accréditer la version de Jeune Afrique: la France "a veillé à évacuer" Blaise Compaoré avec les "moyens utiles", a-t-il affirmé.

La France ne veut pas que le peuple Burkinabè fasse le procès de son dictateur. Elle sait qu'un véritable jugement du peuple l'amènerait à être juger à son tour par les Africains. Et le verdict pourrait être même plus important pour la France que pour le dictateur qui n'est que la marionnettes des esclavagistes patrons français.

"Pour permettre la transition" au Burkina, la France a "fait en sorte que le président Compaoré puisse être évacué vers la Côte d'Ivoire" et "nous avons veillé à ce qu'il soit évacué en mettant à disposition tous les moyens qui pouvaient être utiles", a-t-il dit."
Ce qu'appellent transition ceux qui paient 50 euros par mois et moins encore pour les travailleurs Burkinabè, c'est la continuité de la politique Franceàfric de Compaoré. Cette phrase veut dire que pour permettre de continuer à voler les Africains, il faut empêcher le peuple de juger son dictateur !

57% D'ENFANTS AU TRAVAIL SOUS COMPAORE


 


Cette attitude parait étrange, presque débile pour un Président qui est si bas dans les sondages dans son propre pays... Pourquoi se décrédibiliser de la sorte?
Le fait que le Président Français agisse ainsi malgré le risque de se ridiculiser encore plus, témoigne des relations très fortes que Hollande a avec le dictateur dont 72 % de la population du Faso. Une population martyr analphabète dont 57 % des enfants travaillent (source).

Blaise Compaoré a rendu de nombreux services à la France dans ses magouilles. Ses horreurs pourrait on dire quand on sait que les magouilles ont pour fin de payer les africains un salaire qui ne leur permette ni d'accéder aux soins médicaux ni à une nutrition convenable et que près de 3 millions de bébés meurent chaque année à cause de cela.
"Blaise (Compaoré) faisait partie des chefs d'Etat proches de la France, il a joué un rôle très important dans les médiations de conflits en Afrique de l'Ouest (notamment dans la crise ivoirienne) et a rendu beaucoup de services notamment pour des libérations d'otages", rappelle l'expert indépendant ouest-africain Gilles Yabi. (Huffington Post)
Les intérêts de la France sont importants au Burkina.
Quelque 3.500 Français résident au Burkina Faso - la plus importante communauté étrangère dans ce pays -, une quarantaine de filiales d'entreprises françaises y sont présentes dans la plupart des secteurs de l'économie, et Paris est son principal bailleur de fonds. (Huffington Post)

LA PLAQUE TOURNANTE REGIONALE DE TOUTE LA FRANCEàFRIC

Mais le Burkina est bien plus qu'un pays avec des intérêts économiques français à sauvegarder. C'est la plaque tournante de toute la Franceàfric. Et pour favoriser les intérêts des grosses entreprises françaises et de leur patron, il faut bien faire régner la terreur en Afrique !
Fabrication de terroristes, guerres, assassinats des opposants pour engendrer des milliards. Voilà ce qu'est la Franceàfric.
"En outre, le Burkina est une pièce importante dans le dispositif Barkhane de lutte antiterroriste au Sahel. La France dispose d'une centaine d'hommes des forces spéciales, dotés d'hélicoptères, sur le sol burkinabè. Actuellement, "il n'y a plus que quelques militaires" au Burkina Faso, la majeure partie des troupes qui y sont déployées étant engagée dans de "grosses opérations" au Mali contre des jihadistes, selon une source diplomatique française." (Huffington Post)

BLAISE COMPAORE, ASSASSIN DE JUSTIN ZONGO,
DE NORBERT ZONGO ET DE THOMAS SANKARA ETAIT
.... POUR HOLLANDE, un "HOMME DE PAIX"

Justin Zongo, tué le 21 février 2011
Alors, Compaoré était mis sur un piédestal médiatique par Hollande et les médias français.
Le Président Français disait de lui que c'était "un homme de paix" !

Mais Hollande et sa clique n'ont apparemment toujours pas compris que le Vésuve était en train d'exploser.

"Selon lui (le spécialiste de l'Afrique Antoine Glaser, Paris n'a pas vu venir la crise ni pris la mesure des désirs de changement de la société civile et de la jeunesse africaine." (Huffington Post)

mercredi 12 novembre 2014

Riad Sattouf mangeait des bananes tous les jours en Libye, moi je mange tous les jours des pommes de terre en France

Par Julie Amadis

Le 10/11/14

voir aussi :

La Banque Alimentaire : Voyage au cœur de la vie des pauvres

 

RIAD SATTOUF MANGEAIT DES BANANES TOUS LES JOURS EN LIBYE MOI JE MANGE TOUS LES JOURS DES POMMES DE TERRE EN FRANCE


Le petit Riad Sattouf se goinfre de bananes dans le Libye de son enfance. "La banane c'est le fruit du peuple" répète Kadhafi. C'est le fruit produit abondamment dans le pays. Et dans la période de pénurie, on peut toujours se nourrir ...  de bananes.
Alors quand la famille de Riad vient chercher sa ration de nourriture, elle a le droit à des kilos de
bananes et à ....  presque rien d'autre.
Mais la mère de Riad est rassurée et heureuse de voir que son petit mange ! Alors que eux adulte sont écœuré de manger toujours la même chose. Et ils finissent par choisir de se priver de nourriture.
C'est dans cette BD "l'arabe du futur" que l'on trouve cette épisode autobiographique de la vie du célèbre écrivain de bandes dessinées Riad Sattouf.
Certes, certains contradicteurs Libyens disent que les bananes.... ils ne les avaient même pas vues
À la page 24, j'apprends grâce à une jolie illustration les quelques exemples de menus offerts par l'État. Les boîtes de corned-beef et les bananes. Je n'en ai jamais mangé et il n'y a qu'une seule chose dont je me souviens : c'est les boîtes de thon et la farine. Je suis sûre que beaucoup de Libyens seraient prêts à témoigner et jurer sur le Saint Coran que leurs enfants n'avaient jamais vu la couleur d'une moindre banane. Les chiquitas étaient réservées aux proches du régime, livrées en avion spécial du Costa Rica. (Les inexactitudes de l’Arabe du futur Tahani Khalil GHEMATI )


Lui c'est le thon et la farine dont il a une indigestion...

Ce n'est pas les bananes en France que l'on a en abondance mais les pommes de terre !

Le Français moyen en 2014 ne vit pas comme le Libyen des années 80. Il peut trouver tous les produits qu'il désire dans son supermarché préféré !
Mais le Pauvre, lui, doit se contenter de ce que l'on lui donne. Et les associations, comme la banque alimentaire, récupèrent les surplus de production agricole.
Le surplus agricole, en France, c'est la pomme de terre !

.Comme Riad Sattouf qui mange des bananes en abondance, j'ai mangé des pommes de terre en abondance. Pendant trois jours à tous les repas je me goinfrais d'un plat de pommes de terre !


Les bénévoles de la Banque Alimentaire m'ont dit :

"Les pommes de terre, vous en prenez autant que vous voulez. On en a tellement que on va pas savoir quoi en faire".

Comme je n'avais reçu qu'un peu de pâtes et pas de féculents (pas de riz, pas de semoule ...) !!!
Pour 15 jours, même pour 5 jours (car ça dure en moyenne 5 jours le colis), ça ne faisait vraiment pas assez pour me nourrir en quantité suffisante.
Alors je me suis servie et j'ai pris un gros sac de patates !

Ces pommes de terre devaient provenir des surplus agricole. Depuis 1987, à la demande de Coluche, les surplus de la PAC (Politique Agricole Commune) doivent être reversés aux associations d'aide aux plus pauvres.
"Les banques alimentaires contribuent ainsi utilement à la résorption des excédents de production agricole en en faisant bénéficier les plus démunis (principales denrées visées : lait, fruits, légumes, céréales)." wikipédia la banque alimentaire

BANQUE ALIMENTAIRE : 70% DU COÛT EST PAYE PAR..... LES PAUVRES
LES BÉNÉFICIAIRES DE LA BANQUE ALIMENTAIRE NE COUTENT RIEN A L’ÉTAT

Alors que 70 % des frais de fonctionnement de la structure sont financés par nous les bénéficiaires ! Nous donnons 2,90 euros par colis tous les 15 jours. Et cet argent sert à l'association pour couvrir les charges de fonctionnement.
"Les bénéficiaires paient une participation symbolique de 2,90 € par colis (donc tous les 15 jours) afin de préserver leur dignité. Mais pas seulement car ces petites sommes représentent tout de même au final 404 000 euros et donc 70 % du financement des frais de fonctionnement de la structure (camion, essence, frigos...)." ( Delio Descarrega, Président de la Banque Alimentaire, Le Havre)
Les produits alimentaires que l'on nous donne ne sont pas achetés !
Ce sont des produits qui devaient finir à la poubelle !


Et nous rendons service à la grande distribution car ça leur coûterait plus cher de garder ces surplus que de nous les donner. Voici ce que nous précise le wikipédia "Banque alimentaire" :
"Les surplus coûtaient en effet plus cher à stocker qu’à distribuer gratuitement aux pauvres !"

NOUS MANGEONS LES RESTES 

Nous ne mangeons que les restes de ceux qui ont les moyens de se nourrir.
La grande majorité des produits frais sont à consommer le jour où il nous sont distribués ou le lendemain. Pour les surgelés, la date limite de consommation est presque toujours dépassée de 1 mois ou 2. Pour les conserves et les produits secs (pâtes) la moitié des produits ne sont pas périssables rapidement.



Je n'aurai jamais osé manger de tel produit avant ! Mais quand on a pas le choix, on les mange. Et ces produits ne sont pas mauvais pour autant ...



Mais on apprend aussi à manger des produits périmés et à manger tout ce que l'on vous donne. Car on ne peut se permettre de gacher la nourriture.

Nous sommes un peu les Renards de la société. Nous mangeons les restes.

UN COLIS EST DISTRIBUE TOUS LES 15 JOURS MAIS AU BOUT DE 5 JOURS TOUT EST MANGE !



La Banque Alimentaire, c'est le mardi. Et on y vient une fois tous les 15 jours.

Au bout de 4, 5 jours, il ne reste plus rien ! Il faut refaire des courses.
On va au supermarché. On regarde le prix des produits au kilo et on prend les moins chères !
Au début, ça prend du temps. Ensuite, les produits qu'il faut prendre sont connus et ça va vite de se servir dans les rayons !

On fait aussi le décompte de la nourriture dépensée à chaque repas.
On se dit "faut que je tienne jusqu'à mardi prochain". Et puis, on attend avec impatience la prochaine distribution ! On en rêve même ! Et le dernier lundi, il reste de l'eau au café, des pates au beurre ...

Voilà l'univers du pauvre en France.
Quand on a des projets et que l'on a la chance de pouvoir avoir une activité intellectuelle, on oublie la faim. Mais on compte toujours les jours qu'il reste avant la prochaine distribution de nourriture.

Quand vous devenez très pauvre, votre fonctionnement biologique et psychologique change. Vous n'obéissez plus à votre estomac et à vos envies culinaires. Vous apprenez à votre estomac à obéir au diktat du rationnement !

Avec moins de 3 euros par jour, heureusement que des associations comme les Restos du cœur et la Banque Alimentaire sont là pour limiter les dégâts de votre santé !

La Banque alimentaire récupère la nourriture invendable et nous mangeons ce que les autres ne veulent pas !

Mes grands parents, quand j'étais petite fille, et que je critiquais le repas que je ne trouvais pas bon,  me répétait toujours :
"ne te plaint pas, tu n'as pas connu la guerre"

Peut être que manger pendant la guerre, ça ressemble un peu à manger quand on est pauvre.