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vendredi 3 septembre 2021

Après les soignants non vaccinés, Macron s'en prend maintenant aux enseignants "à plus de 80% vaccinés selon Blanquer" avec une attaque frontale projet de destruction du service public "Education nationale" En guise de modernisme il ressort le vieux projet 1987 de Thierry Breton et René Monory ! Les "Maîtres directeurs" qui pourront recruter!

Par Julie Amadis
édité par Yanick Toutain
#IpaVaEaFaF
4 septembre 2021

La déclaration du président mal élu à Marseille aujourd'hui vise à privatiser l'Education Nationale.
C'est un vieux projet qui ressort comme un diable de sa boîte.
Ceux qui suivent le parcours d'Edouard Philippe - arrosé par ATOS - connaissent évidemment le programme de son protecteur - ex PDG d'ATOS , le commissaire européen Thierry Breton.
Ce que nous ressort Macron c'est le vieux projet des "maitres-directeurs" de René Monory en février 1987 - un ministre de l'Education dont les ficelles étaient actionnées par un petit arriviste aux dents longues : son directeur de cabinet Thierry Breton - le fossoyeur en chef du Plan Informatique Pour Tous 


3 fevrier 1987
Signature d'un décret qui cause la colère des enseignants : René MONORY, Ministre de l'Education a revu le statut des maîtres directeurs . Il veux affirmer dans l'école, l'autorité d'un instituteur choisi parmi ses collègues par le recteur sur une liste d'aptitude ... Explications grâce à un encadré . Interview de René MONORY Ministre de l'Education Nationale : "dans notre société tel que nous voulons l'organiser ... il y a un animateur, un responsable ... regardez, le lycée, il y a un proviseur ..."







Après les soignants non vaccinés, Macron s'en prend maintenant aux enseignants "à plus de 80% vaccinés selon Blanquer" avec une attaque frontale projet de destruction du service public "Education nationale" En guise de modernisme il ressort le vieux projet 1987 de Thierry Breton et René Monory ! Les "Maîtres directeurs" qui pourront recruter!



« Quand les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas communiste.
Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas social-démocrate.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit,
je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne pour protester. »
Martin Niemöller, 1946
Quand les impérialistes Franceàfric ont révoqué l'instit sankariste Julie Amadis, ils n'ont rien dit, ils ont même voté la révocation, ils n'étaient pas sankariste
Quand les soignants non vaccinés ont été suspendus, ils n'ont rien dit, ils étaient vaccinés
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, il ne restait plus personne pour protester

Les syndicalistes qui ont voté mon exclusion 2 ans en 2014, puis en 2016, ma révocation pour "atteinte à la République française" me condamnant à l'exclusion sociale, m'interdisant 5,5 millions d'emplois en France, m'interdisant de faire des études (refusée en 2021 en Master 1 sciences de l'éducation à l'Université de Rouen, m'interdisant en 2020 de faire une VAE) faisaient la chasse aux révolutionnaires.
En bon petits pantins de Belkacem, Hollande, Le Drian, Hollande, les syndicalistes CGT UNSA FSU SNUIPP (tous partis de gauche confondus du NPA au PS en passant par le PCF et les Insoumis) m'ont chassée de l'Education nationale pour avoir dénoncé le complot terroriste en Afrique.
Ces collabos du macronisme, ces vaccinés dociles qui ont laissé Macron saboter le dépistage des enfants depuis le 12 mai...... sont tous maintenant dans le viseur d'Emmanuel Macron.

La déclaration du président mal élu à Marseille aujourd'hui vise à privatiser l'Education Nationale.
C'est un vieux projet qui ressort comme un diable de sa boîte.
Ceux qui suivent le parcours d'Edouard Philippe - arrosé par ATOS - connaissent évidemment le programme de son protecteur - ex PDG d'ATOS , le commissaire européen Thierry Breton.
Ce que nous ressort Macron c'est le vieux projet des "maitres-directeurs" de René Monory en février 1987 - un ministre de l'Education dont les ficelles étaient actionnées par un petit arriviste aux dents longues : son directeur de cabinet Thierry Breton - le fossoyeur en chef du Plan Informatique Pour Tous 



3 fevrier 1987 Signature d'un décret qui cause la colère des enseignants : René MONORY, Ministre de l'Education a revu le statut des maîtres directeurs . Il veux affirmer dans l'école, l'autorité d'un instituteur choisi parmi ses collègues par le recteur sur une liste d'aptitude ... Explications grâce à un encadré . Interview de René MONORY Ministre de l'Education Nationale : "dans notre société tel que nous voulons l'organiser ... il y a un animateur, un responsable ... regardez, le lycée, il y a un proviseur ..." Images d'archive INA Institut National de l'Audiovisuel




Avant de s'intéresser à l'enfumage pseudo-moderne de Macron il faut relire, le sourire aux lèvres cet article du Monde du 21 janvier 1987. Un article vieux de 34 ans !

Une partie de poker serrée se joue autour des décrets préparés par M. René Monory pour instituer la fonction de " maitre-directeur " et conférer aux directeurs d'école un pouvoir hiérarchique nouveau sur les instituteurs. Les protagonistes sont : le ministre, le SNI-PEGC, la coordination des instituteurs parisiens en grève et le premier ministre lui-même.

M. Monory qui, mardi dernier encore, affirmait à la télévision que le texte contesté par les instituteurs allait être incessamment publié, n'a toujours pas traduit ses paroles en actes. Il se trouve que, depuis lors, le SNI, avec d'autres syndicats de la FEN, a appelé les enseignants à l'action avec, en particulier, une journée de grève le 27 janvier, en incluant dans ses revendications, le retrait du projet sur les maitres-directeurs.

Pour le SNJ, qui combat ces textes depuis l'origine, le retrait est devenu un précieux objet de marchandage face à un ministre et à un gouvernement qui ne tiennent pas à attiser de nouveaux conflits sociaux. " Si le ministre fait un pas significatif, le principe de la grève dans les écoles pourrait être réexaminé ", a déclaré, lundi 19 janvier, M. Jean-Claude Barbarant, secrétaire général du SNI.

Les enjeux avaient monté, il est vrai, avec l'entrevue de vendredi entre M. Monory et les représentants de la FEN, au cours de laquelle les syndicalistes ont cru percevoir " un ton nouveau " (le Monde des 18-19 janvier). Le ministre avait alors proposé que les thèmes d'une concertation approfondie soient fixés lors d'une nouvelle rencontre, dans une quinzaine de jours.

Le SNI se déclare tout prêt à discuter de l'amélioration du fonctionnement de l'école et de la revalorisation du métier d'instituteur, mais son secrétaire général réclame un geste sur les maitres-directeurs pour engager le dialogue : " Comment engager la concertation, si on traite nos collègues comme des exécutants que l'on flanque de contremaitres et non comme ce qu'ils sont, des créatifs et des décideurs ? "

Le déclenchement d'une grève minoritaire, mais dure, contre le projet sur les maitres-directeurs dans la capitale et la mise en place d'une coordination (le Monde du 16 janvier), ont renforcé les positions du SNI, même s'il tient à garder ses distances à l'égard d'un mouvement animé par ses minoritaires de la tendance " Ecole émancipée " et surtout par ses concurrents du SGEN-CFDT.

Il faut noter ici que le mot "coordination" indique un comité de délégués révocables. 1987 c'était l'époque où Mélenchon cirait encore les chaussures de Mitterrand et de Claude Germon.
En 1987 contre Monory (et Thierry Breton) être d'extrême-gauche signifiait "appeler les institutrices et instituteurs à désigner leurs délégués révocables."
Et refuser de le faire était caractérisé de stalinisme ou de sabotage social-démocrate.


La télévision française avait même réussi à dénicher une enseignante dont la position de collabo apparaitra ultra minoritaire au vu de la grève qui sera suivie quasi unanimement dans les écoles en février 1987


UN "LABORATOIRE EDUCATIF" RETROUVE DANS LES ARCHIVES MOISIES DU COMMISSAIRE EUROPEEN THIERRY BRETON EX PDG D'ATOS ET FOSSOYEUR DE L'INFORMATIQUE PEDAGOGIQUE EN FRANCE

Macron a utilisé le terme "laboratoire éducatif " parlant d'une expérimentation sur 50 écoles à Marseille.
On sait bien que dans la bouche de Macron, il ne s'agit aucunement d'expérimentation scientifique pédagogique comme il voudrait le faire croire mais d'une première étape pour mettre fin au service publique d'éducation.
Il veut à terme mettre en place un système privatisé où les propriétaires d'écoles donneront l'orientation pédagogique que devront appliquer les enseignants qu'ils auront recruter.
Macron n'a fait pour l'instant qu'évoquer qu'un des volets de son projet de libéralisation de l'éducation, le statut hiérarchique de la direction d'école. Les directeurs devenant des sortes de "chefs d'entreprises" qui choisissent qui ils embauchent.

Il veut faire de Marseille "un laboratoire" éducatif. Emmanuel Macron a annoncé, jeudi 2 septembre, que certaines écoles de la cité phocéenne allaient expérimenter un projet d'"école du futur" accordant plus de liberté aux directeurs, "dès la rentrée 2022-2023". "Il faut que ces directeurs d'école puissent choisir l'équipe pédagogique", a-t-il notamment esquissé, chiffrant à 50 le nombre d'établissements populaires qui seront progressivement inclus dans le dispositif. Voici ce que l'on sait, à ce stade, de cette initiative. France Info
Les syndicats dans cette perspective de fonctionnement, perdraient une grande partie de leur pouvoir.
Ce ne sont plus les gredins mélenchonistes, PCF ou NPA qui seraient chargés de me virer !
Ce ne sont plus les syndicalistes qui seraient chargés de la chasse aux révolutionnaires
Ils tellement attachés à leur petit pouvoir !!!
Un pouvoir qu'ils gagnent parce que ce sont les prétendus garants du respect de l'application du barème du mouvement. En fonction de votre ancienneté dans le métier, de votre note d'inspection, vous êtes positionné dans un barème. Plus vous avez de points et plus vous pouvez voir vos premières vœux d'écoles vous être accordés, moins vous avez de points (les débutants) et moins vous avez le choix de l'endroit où vous allez devoir travailler.
Naturellement, quand il faut nommer un enseignant révolutionnaire sur l'école d'un agresseur d'enfant (qui sera recruté comme faux témoin), la commission paritaire saura faire ce qu'il faut


Naturellement, quand il faut nommer un enseignant révolutionnaire sur le secteur d'un inspecteur parrain des enseignants qui frappent leurs élèves les syndicalistes de la la commission paritaire sauront faire ce qu'il faut
Et les mêmes - transformés en "juges" de conseil de discipline sauront bien voter pour chasser les gens honnêtes hors de l'Education Nationale

TOMBER DE CHARYBE SYNDICALISTE EN SCYLLA CAPITALISTE 

En tant que victime du monstre Charybe syndicaliste je ne vais évidemment par défendre le monstre Scylla capitaliste.
Macron ne vaut pas plus cher que Guislaine David la secrétaire du syndicat SNUIPP et ses complices UNSA et CGT
Le système que Macron veut mettre en place aggraverait encore plus le système actuel
Les vaillants syndicalistes directeurs d'écoles collabos vaccination se transformeraient rapidement en syndicalistes directeurs d'école collabos recrutement.
Ils pourraient dès le départ empêcher le recrutement de futurs enseignants lanceurs d'alerte !!!

Les enseignants dans ce fonctionnement capitaliste subiraient la pression d'une autorité hiérarchique directe chaque jour alors qu'actuellement l'inspecteur ne vient dans leur classe qu'une fois tous les trois, quatre ans. Si les directeurs d'école peuvent choisir leurs enseignants, ils pourront aussi les virer quand ils en auront envie. On imagine très bien que les enseignants, comme moi, licenciés pour des raisons politiques seront nombreux.

On peut voir qu'en 1987, les réformistes mous n'avaient pas encore endormi les institutrices et les instituteurs.
En 1987 la vaccination n'aurait pas franchi les grilles des écoles ni des collèges
En 1987 le dépistage dans les écoles aurait éradiqué le COVID
En voici la preuve en vidéo 


Le SNUIPP qui n'avait toujours pas appelé à la grève pour dénoncer la dictature Macron de vaccination obligatoire ni le pass sanitaire se réveille d'un seul coup parce que Macron s'en est pris aux statuts des enseignants.
Quand c'était les soignants qui perdaient leur travail parce qu'ils refusaient la vaccination, ça ne les dérangeait pas, quand c'était les pompiers non plus.... quand c'est les agents territoriaux dans les écoles à qui les mairies font des chantages à la vaccination comme j'en ai des témoignages au Havre, on ne les entend pas plus, quand Blanquer parle de "campagne de vaccinations des enfants dans les écoles" en refusant la seule solution permettant de mettre fin au covid les tests, les militants SNUIPP acceptent...
Mais là, enfin, comme il s'agit de leur statut, le syndicat majoritaire des professeurs des écoles se réveillent et appelle à a grève pour le 23 septembre !


Ne rêvons pas trop, il est peu probable que ces réformistes participent au processus révolutionnaire en cours et se fassent désigner délégués pédagogie par la population !

Pour ma part, j'appelle chaque groupe de 100 Français à donner accréditation à 5 étudiants et 3 professeurs. Ainsi qu'à 17 fonctionnaires désignés comme leurs délégués révocables


COMPLEMENT : COMMENT LA REVOLUTION AUGMENTERA LA LIBERTE PEDAGOGIQUE TOUT EN FAVORISANT L'INNOVATION DANS LE RESPECT DES ENFANTS : TOUS MEMBRES DE LA STRATE DES INNOVANTS


Système bureaucratique

(Dans un État Bourgeois ou un État formois)


Système capitaliste faisant sa contre-révolution ultra-libérale VS le Rooseveltisme

Système humanocrate

Classe sociale

Formoisie seule ou alliée avec la bourgeoisie industrielle


Bourgeoisie parasitaire (bancaire, impérialiste, esclavagiste)

Strate des Innovants égalistes solidaires du formariat

Strate sociale

Majoritairement
Strate des Répétants


Strate des Parasites
recrutant des Innovants corrompus

Majoritairement innovante

Investissement

Par l’État formois ou l’État Bourgeois

Propriétaires de l’école ou par des Fondations bourgeoises

Investissement altruiste : des citoyens d’un autre canton verseront tout ou partie de leurs 300 euros mensuels d’investissement altruiste
A condition qu’ils n’aient aucun lien personnel ou familial avec l’école où ils investiront


Gestion

Conseil d’école (parents+enseignants)

ou bien
Directeur d’école qui obéit à l’inspecteur qui obéit aux directives gouvernementales

Directeur d’école qui obéit aux propriétaires (avec un conseil d’administration)

Commission pédagogie communale de délégués révocables en conformité des commissions pédagogie de canton, arrondissement, district, région, province, nationale)
Il faut noter que les enfants sont eux-mêmes délégateurs à partir de 7 ans et que les commissions pédagogie verront aussi les enfants délégués d’enfants voter en fonction des choix de leurs délégateurs.
Il faut noter aussi que le gouvernement révolutionnaire imposera nationalement l’entraide obligatoire entre tous les élèves et donc l’abolition de toutes les méthodes de discriminations : bons points, notes, classements, diplômes etc.…


Recrutement des enseignants

Concours public sur le modèle chinois Confucius

Directeur d’école choisi par le conseil d’administration comme un PDG
Celui-ci recrute ses employés enseignants

La population qui choisit ses enseignants en leur donnant accréditation comme délégués révocables
Chaque professeur doit avoir la confiance de 4 ou de 24 citoyens et être leur délégué


Qui choisi la pratique pédagogique des enseignants ?

- Le ministre de l’Éducation Nationale qui donne les grandes lignes d’orientation scolaire.
Une liberté plus ou moins grande est laissée aux enseignants dans leur pratique quotidienne


Le ou les propriétaires de l’école

L’enseignant lui même qui a été choisi pour ses pratiques pédagogiques.
Mais l’enseignant est aussi l’assistant fonctionnel d’un enseignant chercheur. (DIC délégué intermédiaire conseiller choisi par 125 citoyens)
Un directeur pédagogie sera lui-même un enseignant chercheur encadrant 4 autres chercheurs, 20 professeurs et 100 étudiant
Il aura 25 fois plus de délégateurs qu’un professeur délégué de base
Chacun ayant 4 assistants fonctionnels pédagogie d’une autre alliance que la sienne.
Il y aura donc un équilibre dans les choix pédagogiques entre les choix de l’enseignant et celui de ses supérieurs en humanocratie


Quel type de pédagogie induit chaque système ?

Le confucianisme du recrutement induit une pédagogie conforme à ce qu’on subit les enseignants dans leur parcours scolaire.
C’est donc une pédagogie majoritairement stupide favorisant la répétition et détruisant les capacités innovantes des enfants.
Ce fut une des principales raisons de l’effondrement de l’URSS.

Ce sont les plus gros capitalistes qui décident de l’orientation pédagogique. Donc l’école favorise forcément la reproduction de leur classe sociale.
Il y aura donc un arbitrage entre les différents secteurs bourgeois. Les capitalistes innovois de la Silicon Valley ou d’Hollywood pousseront vers une pédagogie plus innovante. Les capitalistes du pétrole ou de la prédation impérialiste inciteront à des pédagogie plus bigotes, plus hiérarchisées et plus répétantes.
On peut alors avoir des pédagogies innovantes dans certaines écoles tout comme des pédagogies répétantes qui abîment les capacités innovantes des individus.


Les pédagogies utilisées seront certainement bien plus innovantes dans ce système que dans les autres car d’une part elles seront l’émanation d’un processus révolutionnaire (tout processus révolutionnaire s’accompagne d’une montée du nombre d’Innovants et d’innovations) et d’autres parts les personnes sélectionnées pour enseigner seront les plus éthiques et courageuses puisque révocables à tout moment. Un enseignant qui frappe ses élèves – comme au Havre par exemple - ne pourrait pas garder son poste bien longtemps.
Ses délégateurs seraient pénalement co-responsables de ses agressions

lundi 18 janvier 2016

Pourquoi empêcher l'enfant d'apprendre à lire comme il a appris à parler ?

Célestin Freinet et ses élèves
par Julie Amadis
#IPEAVAEAFAF
Le Savoir en Echanges
Le 18/12/15




  L'ENFANT APPREND A PARLER SANS "LEÇONS DE LANGAGE"


Comment l'enfant apprend-il à parler ?


L'enfant apprend le langage en vivant avec d'autres êtres humains qui lui parlent et qui se parlent entre eux.
Il observe, expérimente en bougeant les lèvres et en émettant des sons, puis il devine peu à peu le sens des mots selon le contexte.
Il n'y a pas de "leçon" pour apprendre à parler.
Il n'existe pas non plus de personne titulaire d'un diplôme pour apprendre à parler aux enfants.
Et pourtant, tous les jeunes enfants, quel que soit le milieu dans lequel ils vivent, savent s'exprimer oralement.


Pour apprendre à parler, l'enfant commence à emmagasiner tout un tas d'informations.
C'est la somme des connaissances, observations, découvertes intégrées  inconsciemment qui amène l'enfant à parler.
Maria Montessori insiste sur le caractère construit des nouvelles capacités des enfants alors que rien auparavant n'était apparu.

"Ces processus ne conduisent pas à une expression immédiate, ils sont emmagasinés dans l'attente du moment où le langage naîtra"
Les enfants à qui on parle normalement sans gagatiser sautent parfois des étapes et ne progressent pas selon un schéma qui va du plus simple au plus complexe.
Ainsi un ami me racontait "la première fois que son fils a parlé" :
"Onel a pati bateau"
Ce qui voulait dire "Lionel est parti voir les bateaux". Le petit garçon de 15 mois était plutôt en retard sur son âge. Il ne prononçait quasiment aucun mot intelligible.
Tout à coup, il énonça un phrase quasiment complète.  
Pour apprendre à parler, son fils n'était pas passé par les sons, les syllabes, les mots. Il avait tout de suite prononcé une phrase entière, dans l'ordre grammatical correct avec le sujet, le verbe et le complément.

Le bébé a accumulé en amont, expériences et observations ... pour que d'un seul coup, il soit capable de savoir aligner des sons, des syllabes, des mots, dans le bon ordre pour que ça ait un sens.

APPRENDRE A PARLER, APPRENDRE A LIRE : MÊME PROCESSUS


Maria Montessori

  CÉLESTIN FREINET ET LA MÉTHODE NATURELLE


Célestin Freinet comme Maria Montessori considéraient que la meilleure façon d'enseigner était de donner les outils aux enfants pour qu'ils acquièrent par eux-même le savoir.
Ces deux pédagogues ont confiance dans les capacités extraordinaires de l'enfant.
Célestin Freinet a d'ailleurs choisi de nommer sa méthode "la méthode naturelle". Il décrit sa façon d'enseigner à lire et à écrire aux enfants :
«Notre méthode naturelle d’écriture-lecture est essentiellement une méthode de vie»
Freinet s'offusque contre les méthodes de lecture et d'écriture qui consistent à ordonner à l'enfant de conscientiser la linguistique alors qu'il ne la pratique pas encore.
Celestin Freinet
« Les processus scolaires partent avec ostentation de l’intellect, de la théorie, de la science abstraite, vers la pratique plus ou moins ajustée au comportement. Démarche profondément anormale, naturelle et complexe, vers la différenciation, la comparaison, l'exploration et la loi. Ce rétablissement sera une des grandes victoires de notre pédagogie populaire »
Les enfants qui apprennent à lire avec la pédagogie Freinet ne lisent pas les mots - syllabe après syllabe - mais, d'un seul coup, ils se mettent à lire un mot entier puis une phrase.

Contrairement à ce que pensent beaucoup d'adultes, les enfants ne vont pas du plus simple au plus complexe pour apprendre.
Pour apprendre à parler comme pour apprendre à lire, il n'y a pas de gradation dans la difficulté au sens où les adultes l'entendent.
Célestin Freinet fait cette constatation concernant la lecture.
Les enseignants qui utilisent cette méthode (si l'on peut dire) font la même observation chez leurs élèves.
Un enseignant remplaçant dans une classe "Freinet" de CP explique que dès la rentrée les enfants avaient commencé - en 1980 - à apprendre à lire avec une phrase votée par eux :

"Le père de Vincent Hébert a acheté une maison"

Nombreuses sont les difficultés dans cette phrase. Et pourtant... La motivation à apprendre est telle quand on part d'une phrase choisie par les élèves - qui correspond à un moment de vie - que les difficultés sont vite surpassées par les enfants.
J'ai fait le même constat dans la première classe dans laquelle j'ai enseigné. C'était un CP. J'étais suppléante dans une école privée et donc j'étais forcée de travailler sur la méthode de la titulaire qui était une méthode syllabique. Face au blocage d'un certain nombre d'élèves qui n'entraient pas dans la lecture, et sur les conseils d'une institutrice Freinet à la retraite, Josette Hazard, j'ai transformé la première séquence de la journée - mise en place par la titulaire en outil de lecture.
Le "Quoi de neuf ?" du matin consistait pour les enfants en un petit exposé à partir d'un objet, d'un événement etc.....
Après chaque prestation de "Quoi de neuf ?", les propositions orales de phrases résumant ce qu'avait dit l'élève au tableau étaient inscrites. Parmi celles-ci, les enfants choisissaient leur préférée. Ils la recopiaient sur une feuille. Ensuite, ils découpaient les mots et les remettaient dans l'ordre pour faire une phrase....
Après ces premières séquences, les gamins les plus en difficulté en lecture avaient accès à l'un des deux ordinateurs de la classe, sur lequel ils recopiaient la phrase choisie. Ils l'imprimaient ensuite et pouvaient l'afficher où bon leur semblait.
Les parents me racontaient qu'ils affichaient les phrases dans la chambre et s'amusaient à relire les phrases du "quoi de neuf". C'est de cette manière que des enfants hostiles à la lecture y ont pris goût et ont rapidement rattrapé leur retard.

Les enfants apprennent à lire comme ils apprennent à parler, par l'observation, l'expérimentation. Ce déclic provient de l'ensemble de leurs expérimentations, tâtonnements, comparaisons... conscientes et inconscientes.
Comme le bébé décrit par Maria Montessori, l'enfant lecteur débutant, a emmagasiné un grand nombre de mots, de graphies dans des contextes multiples (les noms des magasins, des produits alimentaires, les titres de livres,,les panneaux d' informations routières...) et .... un jour... cet enfant se met à lire...

Forcer l'enfant à apprendre selon la propre logique d'un adulte borné, qui imagine, qu'il faut à tout prix pour réussir, que l'enfant passe des sons simples aux sons complexes, puis des syllabes simples aux plus complexes, sans jamais donner de sens à l'activité de lire, a des conséquences désastreuses pour les enfants.

APPRENDRE A PARLER PAR LE SYLLABIQUE ?


Célestin Freinet dénonce le forçage de l'adulte à faire entrer l'enfant dans sa logique de progression de l'apprentissage.
"Si des professeurs devaient apprendre à parler à des enfants, ils le feraient selon les principes que nous connaissons, qu'ils supposent logiques, en partant des sons simples et du b a ba traditionnel, par un escalier méthodique inéluctable. Or, dans la pratique, nous constatons, par la méthode naturelle, que les enfants progressent selon les principes différents à base de vie, et qu'ils ne craignent pas de s'attaquer aux vocables les plus difficiles s'ils s'intègrent dans la construction active de leur comportement effectif. Ils ne partent pas nécessairement de l'élément simple, mais abordent au contraire d'emblée le complexe vivant du mot et de la phrase." p 234 Œuvres pédagogiques Tome 2, 1994
La progression organisée par le professeur pour permettre à l'enfant d'acquérir une notion, une capacité, une nouvelle connaissance ne prend pas en considération le processus psychique interne à l'enfant, ses propres expérimentations...
Les programmes scolaires indiquent les compétences à acquérir par cycle. Tous les inspecteurs exigent des enseignants la rédaction de programmations et progressions pour chaque discipline. On enseigne aux élèves telle ou telle nouvelle notion à telle date selon une progression définie à l'avance puis l'enseignant passe à autre chose.
L'enfant est considéré comme un vase que l'on remplit en le gavant de connaissances décontextualisées.
Les réactions des enfants, leurs propres découvertes et expérimentations n'ont pas de place ou très peu dans ce fonctionnement pédagogique institutionnel.
Pourtant, il n'y a pas de gradation dans l'apprentissage au sens où la plupart des adultes l'entendent. L'évolution dans les acquisitions enfantines est propre au cheminement expérimental de l'enfant.

RALENTIR SON ÉVOLUTION DE FAÇON IRRÉMÉDIABLE


Les enfants sont probablement retardés dans leurs activités intellectuelles inconscientes quand une autorité scolaire les force à dévier leur propre processus pour apprendre à lire. On déconstruit probablement tout ce que leur psychisme a élaboré en les forçant à apprendre à lire avec des syllabes. Celestin Freinet dénonce ces pratiques enseignantes utilisées dans la quasi totalité des écoles.
"Si au moment où l'enfant est en plein tâtonnement expérimental pour acquérir la maîtrise du langage, on arrêtait systématiquement et d'une façon autoritaire son effort complexe pour lui enseigner la prononciation et la lecture de mots extérieurs à sa personnalité et à sa pensée, il se produirait comme un désarroi et un déséquilibre qui ralentiraient certainement son évolution, peut être même d'une façon irrémédiable"
Maria Montessori fait un constat similaire à celui de Ceslestin Freinet :
"En réalité l'enfant porte en soit dès l'origine la clef de son énigmatique existence individuelle. Il dispose d'un plan de structuration inné de son âme et de lignes directrices programmées pour son développement. Tout cela est d'abord extrêmement frêle et sensible et l'intervention intempestive de l'adulte, avec sa volonté et ses idées exagérées de la perfection de son autorité propre, peut anéantir ce plan ou en compromettre sa réalisation." (Maria Montessori, propos repris par Jean Houssaye, dans Quinze pédagogues, p 402) 

LES ENFANTS APPRENNENT DE MANIÈRE INCONSCIENTE
"L'ESPRIT ABSORBANT" de Maria Montessori

Pour Maria Montessori, si les enfants apprennent si rapidement et par bloc, c'est que cet apprentissage n'est pas conscient.

L'enfant accumule tout un tas de données, observations, connaissances, liens logiques entre les savoirs sans s'en rendre compte.
"Incontestablement, ces processus complexes ne suivent pas les processus de
fonctionnement qui seront établis chez l'adulte : l'enfant n'apprend pas à parler comme nous apprenons une langue étrangère, grâce à l'effort conscient et volontaire des facultés mentales."
 Elle compare le processus d'apprentissage de l'enfant à l'embryon qui se transforme en bébé sans que l'on puisse apercevoir vraiment ce qui a contribué à cette évolution.
"Pourtant, il crée une construction stable, exacte, étonnante, analogue à la construction embryonnaire des organes dans l'organisme en gestation. Il existe donc chez le tout petit un état mental inconscient, créatif, que nous avons appelé "l'esprit absorbant""
Ce qui se passe dans le cerveau de l'enfant avant qu'il ne fasse une phrase n'est pas visible.  Nous ne percevons que le résultat d'un processus inconscient.
Ce mécanisme psychique dont l'enfant n'a pas conscience est efficace. Le bébé met peu de temps pour apprendre à parler au vue de la complexité de la langue.
"Ce ne sont là que des suppositions, mais il n'en demeure pas moins que des développements internes dirigés par des énergies créatives interviennent et que ces développements peuvent arriver à maturité avant de se manifester à l'extérieur. Et dès qu'ils se manifestent, ils se révèlent être des caractères construits pour faire partie de l'individualité." (Maria Montessori)

Si, pour apprendre une langue étrangère, tous les spécialistes s'accordent à dire qu'il est préférable de baigner dans la langue en vivant dans le pays plutôt que de prendre des cours tous les jours à l'université, c'est que l'apprentissage inconscient est plus efficace que l'apprentissage conscient.
"De ce fait, il doit pouvoir exister dans l'inconscient un mode de fonctionnement psychique différent de celui de l'esprit conscient". (Maria Montessori la formation de 'l'homme, éditions Desclée de Brouwer, 2005)

 VIVRE C'EST APPRENDRE :
LES ENFANTS N'ATTENDENT PAS QUE L'ON LEUR ENSEIGNE
 LES CHOSES POUR LES APPRENDRE

Il faut faire confiance dans les capacités naturelles d'apprentissage des enfants et ne surtout pas intervenir dans le processus psychique qui les amène à acquérir de nouvelles connaissances et capacités. L'enseignant accompagne l'enfant dans le processus d'apprentissage. Il ne doit pas intervenir de manière autoritaire en le déviant de son propre mécanisme.
.
Apprendre, c'est vivre. C'est un processus naturel. Et les enfants n'attendent pas que l'on leur enseigne quelque chose pour apprendre.
John Holt décrit le fonctionnement des enfants :
"Quand ils ne sont pas en train de manger ou de dormir (et encore !), ils créent du savoir. Ils observent, pensent, spéculent, théorisent, testent et expérimentent - en permanence - et ils sont bien meilleurs que nous, adultes, à ces tâches" (Les apprentissages autonomes)
Cette thèse est une des principales du postmarxisme : les enfants sont spontanément des Innovants, des Découvreurs, des Inventeurs, des Créateurs artistiques.
L'enfant apprend chaque heure chaque minute chaque seconde de sa vie. Il n'a bien sûr pas conscience, la plupart du temps, qu'il est en train d'apprendre des choses.
Comme cet apprentissage est efficace, bien que nous ne connaissons pas tout le cheminement de ce processus, il est important de laisser l'enfant découvrir le monde sans pour autant intervenir de façon autoritaire.
John Holt considère que forcer les enfants à avoir conscience de ce qu'ils apprennent est une erreur :
"L'une des grandes erreurs que nous connaissons avec les enfants est de les rendre conscients de leurs apprentissages" (les apprentissages autonomes, p 25)
Pourtant "rendre conscient les enfants de leurs apprentissages" est le nouveau dogme pédagogique du 21° siècle en France. 

LES TENANTS DE LA PÉDAGOGIE TRADITIONNELLE IMPOSENT
A L'ENFANT DE CONSCIENTISER QU'IL APPREND

Les pédagogies dites "traditionnelles" insiste sur le travail de conscience que doit réaliser l'apprenant pour acquérir de nouvelles notions. Elles insistent très souvent sur la métacognition.
La "métacognition" c'est-à-dire - la "Connaissance personnelle d'un individu sur ses capacités et ses fonctionnements cognitifs."- est le maître mot de l'enseignement transmis aux enseignants en formation. Nombreux sont les sujets de concours de Professeur des Ecoles qui tournent autours de cette thématique, les conseillers pédagogiques et PEMF (formateur pour enseignant débutant) insistent pour que les élèves puissent avoir une "conscience" du processus d'"apprentissage".
Pourtant, les enfants apprennent à parler sans qu'on le leur enseigne et sans avoir conscience de comment ils ont fait pour "réussir" à parler.
Les pédagogies nouvelles comme celles de Montessori, de Freinet, de Decroly, de Frohel ... mettent en avant la dynamique naturelle d'apprentissage de l'enfant qui est bien souvent inconsciente.
Diane Huot et Richard Schmidt exposent cette dichotomie pédagogique concernant l'apprentissage d'une langue étrangère :
"De cet ensemble de propositions se dégagent deux grandes orientations, à savoir un enseignement de type scolaire et un enseignement de type naturel. L’enseignement scolaire favorise un mode d’appropriation dans la classe par des réflexions, des explications et des raisonnements à propos de la L2. L’enseignement de type naturel favorise une approche en classe simulant le plus possible les conditions d’appropriation en milieu naturel. La première orientation, dite aussi traditionnelle, s’appuie sur l’étude réflexive de la langue. Il s’agit alors d’un enseignement, décontextualisé, axé davantage sur la forme des éléments de la L2. La seconde orientation s’appuie sur la communication et l’interaction, comme c’est le cas dans l’approche communicative où l’enseignement, mis en contexte et motivant, est principalement axé sur le sens du message. " Conscience et activité métalinguistique. Quelques points de rencontre, 1996
Célestin Freinet répond à ceux qui s'opposent à sa "méthode de lecture" :
"On nous objecte souvent que ce qui est vrai pour le langage ne l'est pas forcément pour les autres disciplines. Mais pourquoi un processus qui réussit à 100% pour une des acquisitions les plus délicates ne serait-il pas valable pour les autres conquêtes ?" (Oeuvres pédagogiques 2. Celestin Freinet p 422)

7% DE BEBES INCAPABLES DE MARCHER ?

Si nous apprenions aux enfants à marcher comme nous leur apprenons à lire, 7 % des bébés ne sauraient jamais marcher et 11 % marcheraient avec de graves dysfonctionnements. Seule une minorité serait capable de courir.
Ces pourcentages factices pourraient être réels !
En effet, en France, 7 % des adultes de 18 à 65 ans ayant été scolarisés en France sont illettrés soit 2,5 millions de personnes, 11% éprouvent des difficultés graves ou fortes dans les domaines fondamentaux de l'écrit. (INSEE, 2011).
Si on observait et on respectait vraiment les enfants, on ferait confiance en leurs capacités exceptionnelles à apprendre. Ainsi, on trouverait les moyens efficaces de les accompagner dans leur cheminement intellectuel pour apprendre.
 Au lieu de cela, en dictateurs autoritaires, arrogants et condescendants, nous leur imposons nos procédés d'apprentissage d'adultes" Répétants.

De cette manière, non seulement nous cassons la confiance qu'ils ont de leurs propres capacités à apprendre mais de surcroit nous les freinons dans leur cheminement vers la compréhension du monde.
La formidable force de vie que possèdent les enfants les amène à  apprendre malgré ces interventions autoritaires d'adultes.
Cependant, les plus fragiles, qui ont vécu des expériences traumatisantes perdent confiance en leurs propres capacités et s'éloignent volontairement de l'apprentissage pour se "protéger".
Il est urgent de faire une révolution pédagogique.


lundi 30 mars 2015

L'éducation en France : Acquérir de nouvelles connaissances ou apprendre à obéir ?

Les enfants à l'arrêt du bus lisaient
les minutes d'attente
correspondants à chaque bus
Par Julie Amadis
#IpEaVaEaFaF
le 28/03/2015

"Le 2, c'est 3 minutes" disait la petite fille de 6 ans
"Mais bon sang, vous allez vous taire !" dit la mère






Je regardais deux enfants jouer à un arrêt de bus la semaine dernière au Havre. Leur jeu consistait à lire les minutes d'attente des bus sur le panneau d'affichage.
"Le 2, c'est 3 minutes" disait la petite fille de 6 ans

Son petit frère répétait en regardant lui aussi le panneau.
"3 minutes".
Et cela continuait à chaque fois qu'un autre bus s'affichait sur le panneau.
Ils avaient l'air fort heureux de ce petit jeu.
La petite fille - qui était sans doute élève de Cours Préparatoire - était en train de faire la liaison entre la notion de" minutes" et le laps de temps correspondant pour attendre le bus...

Cette notion est travaillée en classe de CE2 (programmes 2012 Eduscol). Et, deux ans avant que l'école ne le lui apprenne, cette petite fille appréhendait d'elle-même la notion  de "minute".

1° LES ENFANTS AIMENT APPRENDRE

Le petit frère, en répétant ce que disait sa grande sœur, faisait la liaison entre l'écriture affichée et le vocabulaire correspondant "minute".

Les enfants aiment apprendre. Ils cherchent toujours à comprendre de nouvelles choses, même seuls, sans adulte pour le leur expliquer...

"BON SANG, VOUS ALLEZ VOUS TAIRE"

 Mais, tout à coup, la mère interrompit leur jeu !
"Mais bon sang, vous allez vous taire !"
Les adultes, pour beaucoup, ne comprennent pas, qu'un enfant puisse apprendre sans cadre institutionnel.L'enthousiasme de l'enfant qui apprend gêne les adultes trop abîmés par la société. Ceux-ci ne peuvent plus comprendre cet état d'esprit qu'ont les enfants et que devraient avoir tous les êtres humains !

APPRENDRE ENTRE ENFANTS SANS CADRE,
SANS ADULTE, C'EST "NE PAS ÊTRE SAGE"...

Malgré les réprimandes de leur mère, la fille et le garçon n'interrompent pas leur "jeu".
Les enfants, trop heureux d'apprendre, continuent de plus belle, à lire les minutes...

Alors, la mère, usant de violence, empoigne la petite par le manteau.
"Mais tu ne peux pas être sage, deux secondes"

"JE VAIS ARRÊTER DE ME DÉMENER COMME ÇA POUR VOUS"

Et juste avant que toute la famille ne monte dans le bus, la mère dit à ses enfant.

"Comme vous n'êtes jamais sages, je vais arrêter de me démener comme ça pour vous"
Apprendre entre enfants, sans cadre, sans adulte c'est "ne pas être sage" pour cette mère de famille.

 APPRENDRE C'EST UNE CONTRAINTE, UN DEVOIR
DONC CELA NE DOIT PAS ÊTRE AMUSANT

Si je vous rapporte cette anecdote, c'est qu'elle est symptomatique de l'état d'esprit en France concernant l'apprentissage.
Apprendre, pour les gens, c'est l'école, les devoirs, les cours de danse, de musique etc... On ne peut apprendre que dans des structures institutionnelles... Et sous la contrainte...

LES PARENTS SONT INQUIETS SI LEUR ENFANT
N'A PAS DE DEVOIR DU SOIR


Les parents, en règle générale donne beaucoup d'importance aux devoirs du soir. Mais ils ignorent que ces devoirs du soir sont totalement interdits à l'école primaire depuis..59 ans ! Ils sont proscrits depuis 1956 !
La circulaire du 29 décembre 1956 a édicté « la suppression des devoirs à la maison ou en étude », avec les attendus suivants: « Six heures de classe bien employées constituent un maximum au-delà duquel un supplément de travail ne peut qu’apporter une fatigue préjudiciable à la santé physique et à l’équilibre nerveux des enfants. Enfin,le travail écrit, fait hors de la classe, hors de la présence du maître et dans des conditions matérielles et psychologiques souvent mauvaises, ne présente qu’un intérêt éducatif limité. En conséquence, aucun devoir écrit ne sera demandé aux élèves hors de la classe. Cette prescription a un caractère impératif »." (FCPE)
A la réunion de parents d'élèves de ma classe, en début d'année, (avant que l'administration ne m'exclut 2 ans pour avoir dénoncé des violences à enfants) quand je leur disais qu'il était préférable qu'ils passent du temps avec leurs enfants à jouer à des jeux de société, à lire des histoires, certains parents réagissaient mal :
"Oui, mais bon, mes autres enfants ils ont des devoirs, alors ses frères et sœurs ne vont pas comprendre qu'elle n'ait pas de travail"
D'autres semblaient inquiets... Peut être, pensaient-ils que j'étais une enseignante fumiste parce que leur enfant n'aurait pas deux pages de Bled à remplir chaque soir...
Il est vrai que cette même parent - comme les autres - finira, à la fin de l'année par comprendre que son enfant puisse apprendre autant en jouant à un jeu de société qu'en faisait un exercice de mathématique ! Elle était même
"très contente que sa fille ait pu progresser avec vous"



Quand on leur explique les règles officielles et que leurs enfants progressent avec des méthodes ludiques, tous les parents modifient leur point de vue initial. Nous ne pouvons donc pas en vouloir à ses parents de réagir ainsi.
S'ils donnent autant d'importance aux devoirs et à la contrainte dans l'apprentissage d'une manière générale, c'est que c'est le message qui est véhiculé par les médias, les institutions....
La principale fédération de parents d'élèves FCPE ne mènent sans doute pas suffisamment campagne contre ces devoirs - ni d'ailleurs contre les violences commises par les enseignants violents
 La position de la FCPE, maintes fois réaffirmée, et notamment dans son projet éducatif, est que « c’est en classe que doivent se faire les apprentissages et non à travers des devoirs qui relèvent souvent d’une délégation donnée aux familles, ce qui renvoie l’échec d’un élève à sa responsabilité individuelle et familiale, renforçant ainsi les inégalités culturelles et sociales. La FCPE s’oppose clairement aux devoirs à la maison et refuse la sous-traitance pédagogique aux familles. (FCPE)

2° APPRENDRE, SYNONYME DE CONTRAINTES


La mère des deux enfants de l'arrêt de bus ne dirait jamais à ses enfants "vous n'êtes pas sages" pendant qu'ils veulent faire leurs devoirs.
Et si, ces mêmes enfants, qui apprennent à comprendre les minutes dans la joie et l'amusement  à l’arrêt de bus, refusaient de "faire leurs devoirs", ils seraient durement sanctionnés ! Parce que attention les devoirs c'est une affaire sérieuse.

On ne peut pas apprendre en jouant. C'est le message véhiculé en France. Apprendre c'est quelque chose d' ennuyeux, de contraignant, de fatiguant.

Alors que les études scientifiques montrent que le jeu est efficace pour apprendre, on continue de transmettre des connaissances en usant et abusant de choses désagréables, de notes, de diplômes, de devoirs, de pages d'exercices ennuyeux, de cours à apprendre par cœur.

Les deux enfants de l’arrêt de bus apprenaient naturellement par le jeu.
"Selon une étude menée en 2009 pour le ministère de l'Éducation anglais2, la méthode clé qu'utilisent les jeunes enfants pour apprendre est le jeu"

Celui-ci contient en lui-même de nombreux facteurs qui permettent l'apprentissage :
  • Être en relation avec d'autres personnes, enfants et adultes, permet à l'enfant d'approfondir une sécurité émotionnelle et des aptitudes sociales et ainsi de se sentir supporté dans l'exploration d'idées et motivé pour continuer son apprentissage.
  • Être actif, pour apprendre et comprendre ses expériences, le jeune enfant est en mouvement constant. Une inactivité prolongée peut être le signe de trouble chez l'enfant.
  • Explorer de nouvelles choses et expériences, la curiosité profonde de l'enfant l'amène à utiliser tous ses sens pour explorer des activités de ses propres mains et ainsi lui permet de rassembler les informations dans son esprit pour structurer sa pensée et donner du sens au monde.
  • Se parler à soi-même, l'enfant structure sa pensée par un dialogue intérieur (ou extérieur) qui règle et clarifie la pensée, il le fait en jouant des rôles et répétant ses compétences.
  • Communiquer avec ceux qui réagissent à leurs idées et à ce qu'ils font, même avant qu'ils aient des mots pour parler, les enfants ont le désir de partager leurs idées par des sons, des gestes et le langage du corps. Parler aide les enfants à comprendre ce dont ils font l'expérience. Il est important pour eux qu'ils puissent exprimer leurs propres idées et de pouvoir discuter avec d'autres pour entendre de nouvelles idées, étendre leur pensée et utiliser le langage pour apprendre.
  • Représenter et reproduire leurs idées et expériences, Les enfants approfondissent leur compréhension à mesure qu'ils recréent leur expérience ou communiquent de manière différente leur pensée, dans des jeux de rôle ou des petits mondes où ils peuvent jouer avec des images, du mouvement, des modèles (marionnettes, poupées..) et des paroles.
  • Faire face à des défis physiques et mentaux, faire des essais, échouer, rencontrer des difficultés, persévérer, résoudre un problème, chercher par lui-même et faire une découverte est le moyen pour l'enfant de développer une véritable compréhension. Ces défis réalisés par le jeu préparent l'enfant aux situations de défis de la vie quotidienne.
  • S'informer sur comment faire quelque chose, les enfants apprennent de nouvelles compétences en observant les autres les mettre en pratique, ses pairs et les adultes qui lui montrent comment faire une chose lui sont précieux.
  • Pratiquer, répéter et mettre en application leurs compétences, les compétences que l'enfant souhaite maîtriser, les répète et les met en pratique tant qu'il trouve ces compétences agréables.
  • S'amuser, il n'y a pas de place pour l'ennui et les activités répétitives, le rire, le plaisir et la joie, parfois fantaisiste et sans signification aux yeux de l'adulte, est la meilleure condition pour favoriser l'apprentissage. Avec l'état d'esprit de jeu, l'enfant peut entreprendre toutes sortes d'activités qui ne sont parfois pas considérées comme du jeu." wikipédia

POURQUOI EN FRANCE CONTINUE-T-ON À ENSEIGNER
AUX ENFANTS DE MANIÈRE ENNUYEUSE ET SANS JOIE  ?


Alors pourquoi continue t-on en France à enseigner de manière ennuyeuse, sans joie et en niant complètement la méthode d'apprentissage naturelle utilisée par les enfants, le jeu ?

LES DIPLÔMÉS (LA FORMOISIE) FAVORISENT
L'APPRENTISSAGE ENNUYEUX


Bien travailler à l'école permet d'avoir de bonnes notes.
Avoir de bonnes notes permet de passer des diplômes et de les réussir.
Obtenir des diplômes permet d'avoir du travail et d'être mieux payé que ceux qui n'en n'ont pas.

Tout s'explique ou presque par ces quelques phrases.

POUR JUSTIFIER LES DIFFÉRENCES DE REVENUS,
IL FAUT DÉVELOPPER L’IDÉOLOGIE DU MÉRITE ET DE L'EFFORT


Il y a une sélection sociale qui engendre les inégalités. Donc, pour justifier que certains aient des revenus supérieurs à d'autres, il est important de développer l'idéologie du mérite, de l'effort ....
Parce que pour que les dominés acceptent leur sort, il faut bien un prétexte les amenant à se mentir et à ne pas se révolter.... Alors ils se disent :
"C'est de ma faute, j'ai fait le con à l'école"

Les diplômés aux revenus supérieurs au PIB moyen mondial sont une classe sociale la formoisie. Ils veulent que leurs enfants "réussissent" comme eux. C'est la reproduction de classe formoise.
Alors, eux qui connaissent les trucages, les normes scolaires etc... ne veulent pas que les classes dominées qui ne connaissent pas les trucages "réussissent"...
Un texte de 1993 démasquait cette classe sociale et ses méthodes.
"d) UNE NOUVELLE CLASSE EXPLOITEUSE : LA FORMOISIE
Passant outre cette erreur de Marx, j'avais donc produit, en 1993, le concept de « plus-value formation », la partie additionnelle à la production que la formation de certains travailleurs allait ajouter à leur production habituelle.
Il en découla la mise en lumière d'une lutte pour l'appropriation de cette production supplémentaire.
Une lutte opposant les travailleurs formés, les capitalistes et les travailleurs non formés. Cela induisit la création du concept de « bourgeoisie de la formation » ou « formoisie » qui devint le néologisme « Formoisie ». (Yanick Toutain revactu)"

C'est cette classe sociale, la formoisie, qui est à l'origine de l'idéologie de l'apprentissage dans la contrainte et qui est opposée à l'apprentissage par le jeu...

Comme les diplômés font parties des dominants au sens donné au mot par Henri Laborit, ils ont les médias et les "spécialistes pédagogiques" avec eux....

Danièle Sallenave, interviewée par Marianne sur sa vision de l'apprentissage, déclare :
"Apprendre est un combat que chaque enfant mène parfois contre lui-même : il faut valoriser ce combat, et lui faire sentir que chaque victoire est une source de joie." (Marianne, article Crise de repère et échec du système)
Cette vision de l'apprentissage est formoise. Comme l'apprentissage est un combat, celui qui est vainqueur de ce combat aurait donc des raisons de recevoir un salaire plus gros que son voisin...

Or, les postmarxistes savent que apprendre c'est tous les jours, c'est chaque minute de la vie. L'enfant apprend sans cesse, il observe, imite, répète, invente. Il ne combat pas.

Comme la bourgeoisie décrite par Max Weber dans "Ethique protestante et esprit du capitalisme", la formoisie a une vision anxiogène de la vie mais surtout de l'apprentissage...
Et cela, pour préserver ses avantages de classe.

Cela a pour conséquence que les parents des milieux défavorisés ne sachant pas trop comment faire pour que ses enfants "réussissent" écoutent ces gens là. A ses yeux, ils sont bien informés, alors qu'en fait, ils transmettent un apprentissage favorable aux classes dominantes.

3° LA LUTTE DE STRATE : LA STRATE DES RÉPÉTANTS
A LE LEADERSHIP EN FRANCE.
ILS SONT ATTACHÉS A L’ÉDUCATION TRADITIONNELLE

A la lutte de classe s'ajoute une lutte de strate entre les Répétants et les Innovants.
Et à l'école du 21° siècle en France ce sont les Répétants qui ont gagné.
"Depuis le Paléolithique, la strate* des Innovants est spoliée par la strate des travailleurs répétants et la strate des parasites. Les premiers ont fait
1° les découvertes (scientifiques : physique, arithmétique (les nombres), biologie animale, géographie, la connaissance du caractère nécessairement quantique de la science (Puthagoras-Pythoagore), la connaissance de la révolution terrestre (Philolaos), la connaissance des atomOs et du vide,(Democritos, Epicuros, Titus Lucretius), la connaissance des lois de la gravitation (Galileo Galilei), les lois philosophiques (Engels) les lois gnoséologiques (Lénine) , la connaissance des lois
principales de la lumière (Newton, etc..).),
2° les inventions (principalement technologiques, le langage, les lettres, les chiffres, les systèmes de numération, les techniques de chasse et de pêche, l'agriculture, les techniques de poterie etc etc, les gammes principales (basées sur la multiplication par 2 puissance (X/12)), (Puthagoras)
Le moteur Google, les tableurs, les logiciels de rédaction, Facebook etc appartiennent à ce groupe.
3° Les créations artistiques : depuis les fresques de Lascaux jusqu'aux chansons et aux harmonies vocales de Crosby Stills Nash and Young)"
(
samedi 29 janvier 2011 Une brève histoire de l'Humanité. Lutte des strates, innovants, révolution de civilisation, droits d'auteurs ancestraux, investissement démocratique et salaire unique mondial Yanick Toutain revactu)
La strate des Répétants produit en répétant le monde tel qu'il existe sans rien apporter pour le modifier.
La strate des Parasites vit sur le dos des deux précédentes strates sans rien produire.

4° LES ENFANTS, MEMBRES DE LA STRATE DES INNOVANTS

Il y a une lutte entre ces trois strates.
Et l'humanité a principalement évolué grâce à la strate des Innovants. Si aucune invention et découverte n'avait été faite, nous serions toujours à l'âge de pierre.
Les enfants appartiennent tous à la strate des Innovants et ils sont usés par les adultes répétants et parasites qui les transforment en Répétant ou Parasite.
"Cela vient donc se surajouter à une autre découverte assez récente : le fait que tous les enfants sont membres de la strate des Innovants, eux-aussi. Le fait que c'est la pression conjointe des Parasites, des Répétants (et des Innovants corrompus : les fascistes HADOPI par exemple) qui les force à quitter la strate des Innovants pour glisser vers celle des Répétants." (Revactu)

Ce que l'on observe au niveau des débats sur l'apprentissage, c'est une lutte entre la strate des Répétants et des Innovants.
Victimes des Répétants, dans les écoles, les enfants répètent inlassablement les mêmes exercices d'entraînement jusqu'à ce que "la notion soit acquise".
Pire : on fait redoubler les enfants en prétendant qu'en refaisant la même année on va mieux réussir ( le redoublement est remis en cause actuellement par les institutions sous la pression des études statistiques mais les partisans du redoublement sont souvent majoritaires dans les écoles).

DÉTRUIRE LES ENFANTS, DÉTRUIRE LES INNOVANTS

Comme le souligne Henri Laborit, on apprend avant tout la servitude aux enfants.
"Mieux vaut alors fournir à l'enfant une "bonne" éducation, capable avant tout de lui permettre de trouver un "débouché" professionnel honorable. On lui apprend à "servir" autrement dit on lui apprend la servitude à l'égard des structures hiérarchiques de dominance" p 72 Éloge de la fuite
Les pédagogies dites traditionnelles apprennent avant tout à obéir et à servir la classe dominante. Roger Establet, en s'appuyant sur les résultats du rapport PISA, montre que la France est championne des inégalités sociales.

"D’abord, la France possède le record des inégalités sociales. C’est dans notre
Roger Establet,
auteur de L'élitisme républicain
pays que l’écart de points entre les élèves dont le statut économique social et culturel des parents est élevé et ceux dont le statut économique social et culturel est faible reste le plus élevé. En culture scientifique, il est de 122 en France alors qu’il n’est que de 63 en Finlande, 68 au Canada et 87 en Espagne. En compréhension de l’écrit et en mathématiques, nous sommes avant derniers, ce qui n’est pas plus glorieux. Cela montre qu’il y a des pays qui parviennent à limiter les inégalités, mais que ce n’est pas le cas de la France. On voit aussi que les systèmes qui atténuent les inégalités possèdent une efficacité globale plus forte. Les pays de l’OCDE qui limitent les effets de l’héritage social et culturel sont caractérisés par un meilleur niveau scolaire. Les systèmes scolaires les moins inégalitaires socialement sont aussi les plus efficaces. "
(Interview de Roger Establet par le magazine l'Etudiant, Roger Establet développe cette théorie dans son livre, L'élitisme Républicain)
En France la pédagogie est répétante pour être adapté aux enfants des diplômés.

Ces enfants, les enfants de la haute formoisie sont aussi des victimes. Cette pédagogie archaïque leur désapprend à créer et innover.
Il n'y a qu'à comparer les dessins d'enfants de maternelle et de CM2... On voit le résultat de nombreuses années de déni de la créativité !
Ce n'est donc pas seulement une lutte contre la pédagogie amusante, ce n'est pas seulement un combat mené contre les deux petits enfants de l'arrêt de bus par une mère conforme à l'idéologie formoise, mais c'est aussi une destruction des Humains en tant qu'Innovants dont sont victimes les enfants.
En conséquence, tant que les Innovants n'auront pas le leadership, on continuera à abîmer les enfants, à casser leur capacité d'Innovants en leur apprenant à obéir.

mardi 16 septembre 2014

#IpEaVàEaFàF SOS Bonheur de Van Hamme-Griffo : Le chômage comme menace pour les travailleurs

08/09/2014

SOS Bonheur de Van Hamme-Griffo : Le chômage comme menace pour les travailleurs

par Julie Amadis
8/9/14
"Comme en 1930 en Allemagne, tous les employés qui refusent d'être des moutons, de fermer leur gueule, qui ont une éthique, les trop curieux comme c'est le cas de François dans la bande dessinée seront mis à l'écart."J'écrivais ceci il y a 5 ans.
Cela ressemble à un mode d'emploi de la stratégie du rectorat et de l'inspection académique de Rouen contre moi depuis.

Ce que je vis en ce moment, en septembre 2014, me fait souvent penser à une BD que j'adore : SOS Bonheur écrite par Jean Van Hamme et Griffo.
J'avais écrit deux articles en 2009 que Yanick Toutain avait publiés sur son blog de l'époque Monsyte sur Blogspot.
Le lecteur de mes articles récents trouvera facilement les comparaisons entre ce que vivent les personnes de Van Hamme et mon propre sort. Un sort qui est celui de millions de pauvres en France actuellement : les sans dents, les sans travail, les sans domiciles, les sans papiers, les sans droits.
LIRE AUSSI MES DERNIERS ARTICLES

Quand on ne peut plus se nourrir, on va au CCAS (Centre Communal d'Action Sociale)

Instit anti-violence exclue allant mendier: Après le CCAS, la CAF (Caisse d'Allocations Familiales)


Cet article était paru sur le blog Monsyte de Yanick Toutain

dimanche 4 janvier 2009

SOS Bonheur de Van Hamme : Le chômage comme menace pour les travailleurs

par Julie Amadis
3 janvier 2009
SOS Bonheur est une suite de 7 BD d' «anticipation» écrites par Jean Van Hamme (l'auteur de XIII et de Largo Winch) et dessinée par Griffo, alias de Werner Goelen.
Parue en 1988-89 en trois tomes, elle a été rééditée en un seul volume aux éditions Dupuis-Aire Libre
La plupart de ceux qui ont un emploi sont constamment placés sous la menace du licenciement. Ce harcèlement est une technique pour imposer la docilité.
Dans cet épisode le personnage principal François Mortier, a été embauché - après 8 mois de chômage - dans une entreprise, "la CAG", Compagnie d'Analyses Générales .
On lui demande de faire un travail informatique bête et méchant : noter les différences qu'il pourrait y avoir entre plusieurs listes de chiffres.
Sa hiérarchie refuse de lui dire ce que représentent ces chiffres à comparer.
 François va chercher à en savoir plus sur l'activité de cette entreprise. La première réponse qui lui sera donnée sera la menace du chômage.
Notre société use et abuse de cette menace. Plusieurs avaient d'ailleurs analysé le fait que Mai 68 avait été le déclencheur de cette nouvelle stratégie bourgeoise : le chômage et la misère.
La logique est simple, le discours cynique :
"On leur donne le plein emploi, de bons salaires et ils tentent de faire une révolution ! Alors, nous allons les écraser dans la misère et ceci servira de modèle pour les autres".
Comme en 1930 en Allemagne, tous les employés qui refusent d'être des moutons, de fermer leur gueule, qui ont une éthique, les trop curieux comme c'est le cas de François dans la bande dessinée seront mis à l'écart.
Bref, tous ceux qui sont rebelles ou seraient en passe de le devenir seront exclus du travail progressivement par divers biais : licenciement, non renouvellement de contrat ou crainte des employeur qui préfèrent les répétants.
Ça ne marche pas si mal.
Beaucoup de travailleurs sont de parfaits moutons. Ils perdent peu à peu leur humanité.
La solidarité n'est pas souvent de mise dans le monde du travail.
Si elle existait vraiment, les employeurs ne pourraient se comporter de la sorte.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette absence de solidarité : L'éducation, les écarts de revenus et le colonialisme.
L'EGOISME ET L'EDUCATION
 On apprend aux enfants à l'école, dès le plus jeune âge, l'individualisme,.
Cela fait 2 ans et demi que je travaille dans des écoles et collèges et pour la première fois récemment, alors que je demandais à une «bonne élève» de 6 ans et demi d'aider ses camarades en difficultés, elle m'a répondu "c'est ce que je faisais en grande section" (de maternelle).
L'institutrice de cette classe à qui j'ai souhaité parler juste après, m'a confirmé qu'elle concevait la classe "comme une équipe sportive".
C'est la première fois en 3 ans et demi que je voyais une enseignante demander aux enfants de s'entraider (ce que j'ai toujours pratiqué).
L'EGOISME ET LES ECARTS DE REVENUS
- Les différences de revenus entre les salariés amène les employés à haut salaire à considérer leurs collègues comme inférieurs. J'ai pu voir dans les établissements scolaires où j'ai travaillé à quel point les professeurs se foutent comme de l'an quarante du fait que les assistants d'éducation, pédagogique ou AVS-EVS n'aient pas leur contrat renouvelé en fin d'année.
Pourtant, dès qu'un des leurs a le moindre petit problème avec l'administration -avec un élève ou des parents d'élèves - je dis bien "petit problème", il ne s'agit pas d'une menace de licenciement comme c'est notre quotidien à nous les précaires -, la caste des enseignants sort les grands moyens : pétitions, grève...
Nous sommes payés de 3 fois à 5 fois moins qu'eux. Donc nous avons 3 à 5 fois moins de valeur qu'eux. Le licenciement d'un professeur (même s'ils tapent ses élèves) est scandaleux pour ses collègues alors que celui d'un assistant pédagogique est considéré comme normal.
L'EGOISME ET LE COLONIALISME
 Les miettes du colonialisme que récupèrent les Français les amènent à refuser de connaître les massacres de l'armée française. Nous sommes dans la même situation que les Allemands en 1942. La majorité d'entre eux fermaient les yeux sur les camps de la mort. Ils se concentraient sur leur petit quotidien. C'est ce que font la majorité d'entre nous. Et cette mauvaise foi ronge l'intérieur, elle empêche la sensibilité à la souffrance des autres.
VIDEO SI L'AFRIQUE EST LE VIETNAM DE LA FRANCE


 Alors, même quand il s'agit de quelqu'un de proche, un copain, un collègue qui subit, qui est harcelé au travail, qui est menacé de licenciement... On se tait, on le laisse comme on laisse les Africains mourir...

LA PLUS GRANDE VICTOIRE DU CAPITALISME: RENDRE EGOISTES

La plus grande victoire du capitalisme est peut être celle là. Avoir réussi à rendre égoïstes les travailleurs du Nord, à les rendre insensible à la souffrance des autres.
C'est d'abord pour cela qu'il devient urgent de faire une opération d'altruisme généralisée. Pour cela, nous n'avons pas d'autre solution que de donner le même salaire à tout le monde, de rendre les Africains enfin libres en forçant les troupes françaises à partir, et d'imposer l'entraide entre les élèves dans les classes.